Que penser des « pères de l’Eglise », particulièrement, de ceux qui sont venus à être appelés les « pères apostoliques » (ceux qui ont suivi les apôtres) ? Etaient-ils des modèles ? Suivaient-ils les apôtres dans leur enseignement ? Ont-ils erré de cet enseignement et établi des traditions humaines contraires aux Ecritures ? Et si oui, à quel degré ont-ils erré? Jusqu’à croire et enseigné un faux évangile?
Dans cet article, nous regarderons les grandes lignes de ce qui ressort de l’ère qui a suivi les apôtres, à la lumière de ce qu’en dit la Parole de Dieu.
• Lisez pour vous-même les écrits des « pères apostoliques » [document pdf, annoté]. Pour ce qui est des écrits des « pères de l’Eglise » qui sont venus après les « pères apostoliques », vous pouvez les trouver ici [site catholique].
L’approche réinterprétative catholique

Sans surprise, nous lisons sur Wikipedia:
L’Église catholique, ou sainte Église catholique, apostolique et romaine, est l’institution rassemblant l’ensemble des catholiques, c’est-à-dire tous les chrétiens en communion avec le pape et les évêques. Elle est aussi une institution et un clergé organisés de façon hiérarchique.
Il s’agit de la plus grande Église chrétienne, avec plus d’un milliard de baptisés. Elle est aussi l’une des plus anciennes institutions religieuses au monde. […]
L’Église catholique considère que, de par la succession apostolique, elle est la continuatrice des apôtres (Église apostolique). Dans cette optique, tout évêque est le successeur des apôtres : il a la charge d’une Église locale (son diocèse) sur lequel il doit veiller.
Est-ce une réclamation qui est juste historiquement et bibliquement, celle de succéder aux apôtres ?
L’approche réinterprétative protestante

Dans son livre, Studies in Early Church History (Etudes dans l’histoire de l’église ancienne), Henry T. Sell donne cette introduction:
La période de l’histoire traitée dans ces études s’étend du temps de Christ jusqu’au règne de Constantin, le premier empereur chrétien de Rome. Cet ère a été appelé, « l’âge héroique de l’Eglise ». C’est durant ces trois cent ans que le christianisme a fait face à l’hostilité amère des religions et des systèmes de philosophie Romains et Grecques, et était sous l’interdit des puissances civiles. C’était à ce moment-là qu’elle a formulé ses doctrines, mis de l’avant ses principes, écrit son Nouveau Testament et enduré ses persécutions enflammées. Dans l’enthousiasme et la fraîcheur de leur foi, ses convertis ont osé tout; aucune oeuvre était trop difficile, aucune épreuve trop lourde, et aucune torture trop douleureuse, quand c’était pour le nom de Jésus-Christ, le Seigneur et Sauveur. [Sell, p. 7]
Une telle introduction est malheureusement typique de comment est perçu ce temps dans l’histoire de l’Eglise. Les persécutions, les nombreux martyrs, la vaste expansion et l’implantation du christianisme nourrissent l’impression d’un temps dynamique et exemplaire de l’histoire de l’Eglise.
L’approche qui semble favorisée dans les milieux protestants est de faire une différence entre les églises qui ont suivi les apôtres jusqu’au temps de la soi-disante conversion de Constantin d’avec l’Église Catholique qui est ressorti du temps qui a suivi, de christianisation de masse dans l’empire romain.
Alfred Kuen, dans son livre Témoins de la foi aux premiers siècles, dit:
L’Église primitive était formée de croyants qui avaient saisi personnellement par la foi le salut en Jésus-Christ. L’Église des siècles suivants sera constituée de gens qui ont accepté le christianisme comme leur religion et en ont assimilé correctement les éléments intellectuels. Généralement, leurs enfants feront partie aussi de l’Eglise – qui ne sera plus formée de volontaires, mais de l’ensemble de la population d’une région, surtout à partir du « grand tournant » du IVe siècle lorsque le christianisme deviendra religion officielle de l’Empire, puis religion obligatoire. … [p. 250]

Malgré qu’il relate des erreurs doctrinales graves dans leur sotériologie, il conclut inclusivement avec admiration ce qu’il pense sur le christianisme des premiers siècles en disant dans son épilogue:
Dans les plus grandes turbulences, le christianisme a prouvé qu’il pouvait non seulement leur survivre mais remporter la victoire – uniquement par des armes spirituelles. Derrière les persécuteurs impériaux, les chrétiens voyaient le Prince des ténèbres, « mais eux, ils l’ont vaincu grâce au sang de l’Agneau et grâce au témoignage qu’ils ont rendu pour lui, car ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à redouter de mourir » (Ap 12.11), ayant fait « preuve d’endurance et de foi » (13.10). L’histoire du christianisme jusqu’en 313 suscite en nous la gratitude et inspire notre courage. [p. 251]
Allant dans le même sens, J.M. Nicole dit dans son livre, Précis d’histoire de l’Eglise:

Cette époque [100-313] se présente comme une époque de lutte. L’Eglise est attaquée au dehors par la persécution et par la polémique. Par ses martyrs et ses apologistes, elle remporte une victoire complète. Au dedans, elle est attaquée par les hérésies. Elle en triomphe ; la vérité chrétienne sort intacte des diverses controverses. L’Eglise a moins bien su discerner les dangers du cléricalisme et du formalisme. Il y a eu des protestations contre ces tendances ; mais ces protestations sont restées vaines. On ne peut cependant rendre les chrétiens des IIe et IIIe siècles responsables de tous les excès ultérieurs du cléricalisme, excès qu’eux-mêmes auraient été les premiers à déplorer. Surtout il ne faut pas oublier qu’il y a peu de périodes où Satan se soit autant acharné contre l’Eglise de Dieu. Et nous avons une grande dette de reconnaissance envers tous ceux, martyrs, apologistes, docteurs, évêques, qui nous ont, à travers cette époque tourmentée, transmis l’héritage apostolique. Le Seigneur a merveilleusement manifesté sa présence au milieu des siens, en sorte que l’histoire de cette période peut et doit être un puissant stimulant pour notre fidélité et notre foi. [p. 41].
Cette manière de voir ces chrétiens des premiers siècles est-elle bien factuelle et représentative de ce qui s’est passé une fois que la génération des apôtres a passé ?
Plutôt l’évidence est que c’est une ré-interprétation historique qui nous permet de rester admiratif de cette période d’histoire ecclésiastique, pendant laquelle tant de personnes ont préféré mourir plutôt que de renier leur foi.
Comment J.M. Nicole peut-il donner son résumé de la page 41 après avoir écrit ceci à la page 38, dans une section intitulée Sacrements ?
Le baptême est considéré de plus en plus comme coïncidant avec la régénération. On s’y prépare par deux ou trois ans d’instruction appelée catéchuménat. La cérémonie est précédée d’un jeûne, d’une confession de foi ressemblant au symbole des apôtres, et de l’exorcisme ; elle s’accomplit par triple immersion ; et elle est suivie de l’imposition des mains ou confirmation. Les malades pouvaient se faire baptiser par aspersion. Certains différaient leur baptême jusqu’à leur lit de mort, pour être sûrs de ne pas pécher après l’avoir reçu. Le baptême des enfants est attesté par Tertullien, qui le combat, par Origène et Cyprien qui le recommandent. La sainte-Cène est en général appelée eucharistie, à cause de l’importance des paroles d’action de grâce. On commence à y voir le renouvellement du sacrifice de Jésus-Christ. [p. 38]
L’approche biblique et historique
Le chrétien moderne ne doit pas être séduit par une présentation erronée du christianisme dans les premiers siècles. Il sera important d’examiner la littérature du courant principale du christianisme de ceux qui sont appelés les « pères apostoliques » (la génération qui a suivi les apôtres) et les autres « Pères de l’Eglise » qui ont suivi, pour voir ce qui était compris et cru sur le salut, sujet qui est au coeur de ce qui nous définit comme chrétien.
Nous trouverons malheureusement que l’Église catholique n’est pas la « sainte Église catholique, apostolique et romaine », mais plutôt la « sainte Église catholique, apostate et romaine ». Elle est la première Eglise ou collection d’églises qui ensemble, s’est écartée des apôtres (l’apostasie). Elle a commencé à apostasier très tôt: ça a commencé dès la génération qui a suivi celle des apôtres, la génération dite des « pères apostoliques ».
Dans les écrits des « pères apostoliques » et des « pères de l’église », nous trouverons l’évidence de tangentes doctrinales et de déviations sotériologiques [quant au doctrine du salut] faire leur apparition.
La première chose qui a changé de la doctrine des apôtres par rapport au salut est concernant la persévérance. Ce n’était plus comme selon les termes de 1 Corinthiens 15:1-3:
«… l’Évangile… par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé… »
Mais plutôt:
«… l’Évangile… par lequel vous serez sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé… »
Autrement dit, la persévérance devient une condition de salut futur, et non plus une caractéristique révélatrice de vraie foi (Voir aussi Jean 8:30-33; Col. 1:21-24; Héb. 3:6, 14).

À la place d’exposer l’oeuvre salvatrice parfaite et sécure de Jésus-Christ, obtenue par grâce, par la foi en Jésus-Christ, le portrait d’un salut conditionel et insécure, par les oeuvres et les sacrements, va se dessiner et se préciser. Dans ce contexte, c’est facile à voir que le baptême commencera à être vu comme un rite d’introduction sur la bonne route qui mène au ciel (un rite qui régénère, mais pas au sens final pour assurer l’entrée au ciel…), ce qui nous lave de nos péchés antérieurs. D’autres choses se créeront pour aider, à commencer avec la pénitence. Car si on pèche après le baptême, il faut quelque chose qui nous permette de se remettre sur la bonne route; c’est ainsi que l’aspect de la pénitence a été commencé. Ensuite, l’aspect de mémorial de la sainte-cène va se perdre, et celle-ci sera transformée en eucharistie, rite qui pourvoit la grâce pour continuer sur la bonnne route, dans la ‘présentialisation’* du sacrifice de Christ, dont le besoin dans la vie du pélerin est d’autant criant que rien est assuré encore, selon cette manière de penser. De file en aiguille, les traditions se sont développées ainsi et ont changé le sens des enseignements des apôtres dans le Nouveau Testament.
* (pour inventer un terme, dans l’effort de résumer la manière catholique d’essayer d’expliquer l’eucharistie)
Ainsi le baptême devenu rite sacramentaire régénératif d’introduction à l’Eglise (qui est le chemin qui mène au ciel), suivi et accompagné par les bonnes oeuvres, la persévérance, et le sacrement de l’eucharistie, etc., le tout assisté au besoin par la pénitence, étaient mis en place pour essayer de réussir à finir sa course et bien rentrer au ciel. Plus tard, l’idée du purgatoire sera rajouté à ceux qui n’ont pas tout-à-fait bien fini leur course, pour qu’ils puissent payer pour leurs manquements.
Voyons maintenant en détails.
LE SALUT PAR LES OEUVRES – PERSÉVÉRANCE ET MÉRITE.
Peu après les apôtres, le salut a commencé à être perçu différement: non comme une chose garantit par Christ, mais comme dépendant de la vie du croyant.
Par exemple, dans le DIDACHÈ, qui est cru d’avoir été écrit très tôt, dit: « car tout le temps de votre foi ne vous servira de rien, si au dernier moment vous n’êtes devenus parfaits. » (Didachè, para. 16).
Alors, le croyant baptisé est sous l’obligation de se garder irréprochable et sans infraction, gardant en vue la récompense du juste [Didache, 5]. En devenant chrétien, un homme ne fait que mettre les pieds sur le bon chemin qu’il doit suivre jusqu’au bout pour pouvoir être sauvé. Le salut est ainsi replacé loin devant dans le futur et avait tendance d’être vu en terme de récompense pour vivre de façon sainte. Parce que le croyant n’est pas déjà justifié par la grâce de Dieu, il doit se justifier lui-même. [Torrance, The Doctrine of Grace in the Apostolic Fathers, 40-41. La citation qu’il fait de la Didaché, 5, n’est pas le plus clair, il faut avouer, mais son résumé semble quand même tenir quand on voit l’ensemble].

Dans son épitre aux Philippiens, le « père Apostolique » Polycarpe disait :
… et qui, si nous lui sommes agréables dans le temps présent, nous obtiendra aussi le temps à venir, puisqu’il nous a promis de nous réveiller d’entre les morts, et que, si notre conduite est digne de lui, nous régnerons aussi avec lui, si du moins nous croyons. [Polycarpe, Lettre au Philippiens, 5]
Dans l’Homélie du 2e siècle, connue originalement mais de toute évidence à tort comme Segond épitre de Clément, l’auteur dit:
Donc, frères, c’est en faisant la volonté du Père, en conservant pure notre chair en gardant les commandements du Seigneur, que nous obtiendrons la vie éternelle. Car le Seigneur dit dans l’Évangile : « Si vous n’avez pas gardé ce qui est modique, qui vous donnera ce qui est grand ? Car, je vous le dis : Quiconque est fidèle dans les moindres choses sera aussi fidèle dans les grandes. » C’est-à-dire : Gardez votre chair chaste, et votre sceau immaculé, afin que nous recevions la vie éternelle. [p. 8]
Aidons-nous les uns les autres, de manière à entraîner les faibles eux-mêmes au bien, pour être tous sauvés, pour nous convertir et nous reprendre les uns les autres. [p. 17].
Dans le Pasteur d’Hermas, un autre texte du temps des pères apostoliques, on voit d’une façon très évidente le besoin de mériter son entrée au ciel de par ses oeuvres et sa fidélité à Dieu. Le salut n’est pas présenté comme étant une chose possédé, mais une chose à chercher à obtenir à la fin de sa vie.
Faites donc de bonnes oeuvres, vous tous qui avez reçu ces préceptes du Seigneur, de peur que la construction de la tour ne s’achève pendant que vous tardez à les faire. C’est pour vous, en effet, qu’ont été interrompus les travaux. Si donc vous ne vous hâtez pas, la tour sera achevée et vous serez exclus. [10e parabole, 4]
De même les pauvres, en priant le Seigneur pour les riches, assurent un plein développement aux richesses de ces derniers, et à leur tour, les riches, en subvenant aux besoins des pauvres, donnent pleine satisfaction à leur âme. Tous deux participent donc à l’oeuvre juste : celui qui agit ainsi ne sera pas abandonné de Dieu, mais sera inscrit sur les livres des vivants. [2e parabole, Lightfoot, 2020]
C’est pourquoi ceux qui ne connaissent pas Dieu et font le mal sont condamnés à mort, alors que ceux qui connaissent Dieu, qui ont vu sa grandeur et (malgré cela) font encore le mal seront doublement châtiés et mourront pour l’éternité. Et c’est ainsi que sera purifiée l’église de Dieu. [9e parabole, 18].
Une théologie de mérite:
.. de même il est difficile à de telles gens d’entrer dans le royaume de Dieu (Mc 10, 23.). Il leur reste à tous la possibilité de faire pénitence, à condition de faire vite, pour revenir de ces jours-ci sur ce qu’ils n’ont pas accompli précédemment et faire quelque bien. Si donc ils se repentent et font quelque bien, ils vivront pour Dieu ; mais s’ils s’obstinent dans leurs oeuvres, ils seront livrés à ces femmes qui les feront mourir. [Pasteur d’Hermas, Similitude IX, 20]
Il est significatif que Le Pasteur d’Hermas est endossé par nombre pères de l’église: Irénée [de Lyon], 130-202; Tertullien, 155-240 (au moins avant qu’il ne devienne un montaniste); Clément et Origène « le citent comme Ecriture, ou au moins lui attribuent une autorité spéciale comme ayant un aspect d’inspiration et comme étant quasi-canonique.» [Lightfoot, p. 161] Ça connaissait aussi une popularité étendue à travers l’Eglise, comme Smith l’observe:
. . . Ça va probablement demeurer un mystère pourquoi [le Pasteur d’Hermas] a quasiment égalé des parties du Nouveau Testament en terme de popularité. C’était si populaire que le canon de Muratori (une liste des livres reconnus du Nouveau Testament, daté de la deuxième moitié du segond siècle) avait besoin de l’exclure de la liste des livres à lire à l’église, sur la base que ce n’était pas apostolique (comme nous apprécions Le voyage du pélerin [Pilgrim’s Progress] sans le mettre au même niveau que l’Ecriture).
L’Epitre de Barnabas aussi met de l’avant des commandements à suivre pour rentrer dans le royaume de Dieu.
Tu penseras nuit et jour au jour du jugement et tu rechercheras constamment la compagnie des saints, soit que tu travailles par la parole, allant porter des exhortations et cherchant par tes discours à sauver une âme, soit que tu travailles des mains pour racheter tes péchés. [11] Tu donneras sans délai et sans murmure ; et tu reconnaitras un jour qui sait récompenser dignement. « Tu observeras » les commandements que tu as reçus, « sans y rien ajouter, sans en rien retrancher ». Tu haïras le mal jusqu’à la fin. « Tu jugeras avec équité. » [12] Tu ne feras pas de schisme ; mais tu procureras la paix en réconciliant les adversaires. Tu feras l’exomologèse de tes péchés. Tu n’iras pas à la prière avec une conscience mauvaise. Tel est le chemin de la lumière.
Il est donc juste que l’homme s’instruise de toutes les volontés de Dieu qui sont écrites, et qu’il chemine d’après elles. Celui qui les accomplit sera glorifié dans le royaume de Dieu, tandis que celui qui choisit les iniquités de l’autre voie périra avec ses œuvres. C’est pour cela qu’il existe une résurrection et une compensation. [Epitre de Barnabas, 19:10]
Non seulement le salut n’est pas vu comme certain jusqu’à la fin, mais l’épitre de Barnabas suggère que ça serait « présomptueux pour des chrétiens de penser qu’ils sont déjà justifiés. » [Torrance, 104 (voir Epitre de Barnabas, IV, 10)].
Même Ignace, le « père apostolique » qui semble avoir été le plus proche de la théologie de l’apôtre Paul n’a tenu à la saine doctrine en ce qui concerne la doctrine du salut. Quoi que « la personne de Christ, Sa croix, Sa mort et résurrection, forme la charte du salut . . . .le croyant sur terre n’est pas ‘parfait’ en ce qui concerne son salut, c’est-à-dire, pas sécure » [Torrance, 67]. Ignace dit par exemple:
Mon esprit se sacrifie pour vous, non seulement maintenant, mais aussi quand j’arriverai à Dieu. Je suis encore exposé au danger, mais il est fidèle, le Père, en Jésus-Christ, pour exaucer ma prière et la vôtre ; puissiez-vous en Lui être trouvés sans reproche. Amen [Tralliens, 13; cf. Ephesiens, 3]
Ignace croyait qu’il pouvait toujours être rejeté et perdre son héritage, qu’il n’avait rien de sécure encore, jusqu’à ce qu’il aille au bout et souffre le martyre, moyen par lequel il voulait trouver Dieu.
Et priez pour moi, qui ai besoin de votre charité dans la Miséricorde de Dieu, pour être digne d’avoir part à l’héritage que je suis près d’obtenir, et pour ne pas être trouvé indigne d’être accepté.
Moi, j’écris à toutes les Églises, et je mande à tous que moi c’est de bon coeur que je vais mourir pour Dieu, si du moins vous vous nem’en empêchez pas. Je vous en supplie, n’ayez pas pour moi une bienveillance inopportune. Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes, pour être trouvé unpur pain du Christ. Flattez plutôt les bêtes, pour qu’elles soient mon tombeau, et qu’elles ne laissent rien de mon corps, pour que,dans mon dernier sommeil, je ne sois à charge à personne. C’est alors que je serai vraiment disciple de Jésus-Christ, quand le mondene verra même plus mon corps. Implorez le Christ pour moi, pour que, par l’instrument des bêtes, je sois une victime offerte à Dieu.Je ne vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul : eux, ils étaient libres, et moi jusqu’à présent un esclave. Maissi je souffre, je serai un affranchi de Jésus-Christ et je renaîtrai en lui, libre. Maintenant enchaîné, j’apprends à ne rien désirer. [Lettre aux Tralliens, 12; Lettre aux Romains, IV]
Torrance résume ce qu’avait écrit Ignace, « La justification est un processus rattaché à son idée de la foi qui se perfectionne dans l’amour, ce qui permettra ou mènera à trouver Dieu, ou l’union avec Dieu. . . . Puisque cette souffrance [dans le martyr] lui permettra d’être un vrai disciple de Jésus-Christ, Ignace regarde à ce recours ultime la manière de trouver Dieu. Mais ça contredit carrément l’Evangile. L’idée d’une imitation salvatrice rend une doctrine de grâce impossible. » [Torrance, 67; voir Trall. 5, Pol. 7, Eph. 3].
Cela se voit, par exemple, dans le commentaire d’Ignace « s’il se vante, il est perdu… » [Ignace à Polycarpe, 5].
Ce bref aperçu de ce début de départ du temps des « pères apostoliques » de la doctrine biblique peut être conclu par la remarque suivante de Cramer:
Dans sa forme primitive, le christianisme n’était pas un état d’être mais un état de devenir; une transition et, littéralement, une traduction. Il en découle que l’identité du chrétien est dans le sens qu’il a de son propre devenir: il est devenu ce qu’il n’était pas auparavant; et, sauf dans certaines communautés extrêmes de montanistes et de novatianistes, qui ne permettaient aucune pénitence après la première pénitence toute-consumante du baptême, il continuera, paradoxalement, à devenir; il continuera à rechercher la proximité avec Dieu, la similitude qu’il a acquise rituellement, mais pas finalement, dans le baptême. Cela ressort des paroles d’Ambrose à ceux qui viennent d’être baptisés: « vous avez été marqué de l’image (forma) de sa croix, de l’image de sa passion; vous avez reçu le signe (signaculum) que vous puissiez porter sa ressemblance (similitudo), que vous puissiez vous élever à son image (forma), que vous puissiez vivre le symbole (figura) de celui qui a été crucifié pour le péché et a vécu pour Dieu ». Viva figuram: le signe rituel du baptême. . ., aussi complet en soi est-il, ne peut être accompli en dehors du rituel que par la vie morale qui suit. [Cramer, Baptism and change in the Early Middle Ages, 47]
Les « pères de l’Église » ultérieurs ne semblent pas avoir renoncé aux doctrines de persévérance qu’ils ont reçues de ce temps des « pères apostoliques ». Bien qu’ils mettaient davantage l’accent sur les sacrements qui procuraient la grâce que sur la nécessité des œuvres (cela deviendra plus évident dans le développement de cet article), la croyance était encore énoncée à l’occasion.
Par exemple, Grégoire de Nazianze (IVe siècle) dit: « Là [dans le livre de vie] nous serons tous inscrits ou plutôt avons déjà été inscrits, selon les déserts de la vie de chaque homme sur cette terre ». Aussi, dit Augustin, « Nous savons tous que si un baptisé dans l’enfance ne croit pas quand il arrive à des années de discrétion, et ne se garde pas des désirs anarchiques, alors il ne profitera pas du cadeau qu’il a reçu comme un bébé » [de pecc. merit. 1.25, (Bettenson, 243)]
LE BAPTÊME

catacombe de San Callisto
Dès l’écriture du Pasteur d’Hermas, écrit de toute évidence entre 100 et 150 après Jésus-Christ, l’enseignement selon lequel le baptême était efficace pour se purifier du péché était promu (Pasteur d’Hermas, Précepte IV, 3; Similitude IX, para. 16. Voir aussi, Epitre de Barnabé, XI [1], [8], [11]).l
De la période entre l’an 100 et l’an 311, l’historien Philipp Schaff dit:
Cette ordonnance [le baptême] était considérée dans l’église ancienne comme le sacrement de la nouvelle naissance ou régénération, et comme le rite solennel de l’initiation à l’Église chrétienne, admettant tous ses bienfaits et s’engageant à toutes ses obligations. . . . Son effet consiste dans le pardon des péchés et la communication du Saint-Esprit. [Schaff, History of the Christian Church,Vol. II, 253]
Tertullien, (IIIe siècle) était très explicite à cet égard. Dans son ouvrage Sur le baptême, il commence par déclarer: « Heureux est notre sacrement d’eau, en ce qu’en effaçant les péchés de notre aveuglement précoce, nous sommes libérés et admis dans la vie éternelle! » Il dit aussi plus tard:
Ainsi aussi, dans notre cas, l’onction fonctionne charnellement (c’est-à-dire sur le corps) mais profite spirituellement; de la même manière que l’acte de baptême lui-même est charnel, en ce que nous sommes plongés dans l’eau, mais d’effet spirituel, en ce que nous sommes libérés des péchés. [Sur le baptême, 7 (The Ante-Nicene Fathers, Vol. III, 672)]
En fait, Tertullien a même défendu le prescrit qui stipulait « sans baptême, le salut n’est possible pour personne » [Sur le baptême, 12]
Cette croyance se retrouve chez de nombreux autres « pères de l’Église ». Ambrose a dit: « nos péchés personnels sont enlevés par le baptême. » [de myst. 32 (Bettenson, 178)].
Grégoire de Nyssa a dit: «La descente dans l’eau et la triple immersion comportent un autre mystère. La méthode de notre salut est devenue efficace non pas tant par l’instruction par voie d’enseignement que par l’acte de celui qui a établi une communion avec l’homme, apportant la vie à l’homme par une action efficace; de sorte qu’au moyen de la chair qu’il a assumée et déifiée, tout ce qui lui est apparenté et qui lui est lié peut être sauvé. » [or cat. 35 (Bettenson, 158)]

par Antonio Rodriguez (1636-1691
Le célèbre Augustin d’Hippone, ou Saint Augustin, ne fait pas exception en acceptant le lavage et la régénération baptismaux. Sur la base de sa doctrine d’imputation, il croyait: « cela est vrai des âmes des enfants: l’Église ne les baptise pas pour une rémission fictive des péchés, mais pour une véritable rémission ». En ce qui concerne le point de vue d’Augustin sur le baptême, Cramer a ceci à dire:
À première vue, Augustin semble avoir attribué au baptême principalement le rôle de l’exorcisme: la fonction négative d’éliminer le péché originel chez l’enfant, ou dans le cas de l’adulte converti, les péchés à la fois originaux et personnels. Le baptême, a-t-il dit, est un événement momentané. Il supprime la fièvre elle-même, mais il ne guérit pas la faiblesse qui suit la fièvre. Il arrache la flèche du mal, mais ne guérit pas la blessure. En tant que simple préparation en ce sens, il est à distinguer du processus constructif de renouveau (renouatio), le cheminement quotidien de l’âme vers son créateur, vécu dans la tension de l’espérance et de la foi. Pour Augustin, l’essentiel de la vie chrétienne est en peregrinatio, le pèlerinage de l’étranger dans la Cité terrestre vers la Cité de Dieu où il trouvera le repos. Le baptême, apparemment, n’offre que la possibilité de partir. . . . Si l’on approfondit la notion d’Augustin du baptême et du baptême des enfants, on commence à voir comment elle est liée à une conception plus large du sacrement et de ce qu’il appelle le cultus Dei, et comment, par le biais de cette idée de culte, elle participe au mouvement général de la volonté vers son origine divine. Le sacrement n’est plus un simple signe pointant vers une réalité extérieure à lui-même, mais est lui-même un acte de volonté. Et le premier acte momentané de guérison, l’arrachement de la flèche, et la longue convalescence qui le suit, sont continus plutôt que coupés l’un de l’autre. Ils sont tous deux une « réforme » — dans le sens d’une refonte à la forme originale — de l’âme pour s’identifier au Christ incarné, de sorte que maintenant le « moment » de guérison apparaît comme une brève intensité dans laquelle le grand pèlerinage de l’âme, son voyage de pénitence, est comprimé et d’où part le pèlerin. Le « culte de Dieu » et le « progrès quotidien » (quotidiani accessus) se rejoignent. Le sacramentel et l’éthique ne font plus qu’un. C’est en comprenant cela que nous allons comprendre le point-de-vue d’Augustin sur le baptême. [Cramer, 88]
De plus, le baptême était censé fournir non pas un salut complet, mais seulement le pardon des péchés antérieurs. Cela a été enseigné tôt, comme avec la lettre populaire du Berger d’Hermas. Sur cette question, un auteur résume les choses en ces mots : « . . . personne n’a nié que le baptême effaçait les péchés, et une fois qu’il était devenu une pratique établie de baptiser les enfants, les chrétiens ne pouvaient éviter le problème de ce qu’il fallait faire des péchés commis après le baptême. . . Une solution, bien sûr, était de reporter le baptême à une date aussi tardive que possible (Constantin, par exemple, qui avait péché de manière plus spectaculaire que la plupart des hommes, retarda sagement son baptême jusqu’à ce qu’il soit presque mort), mais la balance devait être pris en compte avec le danger d’une damnation certaine si l’on ne parvenait pas à se rendre au baptistère à temps. Pour faire face au problème, l’église a développé la doctrine de la pénitence. . . . » [Bell, A Cloud of Witnesses, 188; Voir aussi Kelly, 198-199; Schaff, 254.]
LA REPENTANCE ET LA PÉNITENCE

Alors que la repentance originelle est vue dans le baptême, l’Église primitive a enseigné une doctrine de seconde repentance (ou pénitence) pour faire face au péché post-baptismal. Cette doctrine reflète très vivement le fait qu’ils croyaient en une œuvre de salut inachevée tout au long de leur vie.
Concernant la pénitence, un historien, Kelly, a écrit:
Un courant de pensée puissant dans l’Église du deuxième siècle a favorisé l’idée qu’aucune rémission n’était possible pour les péchés commis délibérément après le baptême. . . Ainsi rapporte Hermas [quatrième mand. 3, 1] avec approbation l’opinion de « certains enseignants » selon laquelle la seule pénitence dont disposent les chrétiens est celle démontrée lors du baptême, et Justin avance l’idéal de vivre sans péché une fois que l’on a été baptisé. D’un autre côté, il existe de nombreuses preuves dans la littérature contemporaine qu’une attitude plus clémente a été largement adoptée dans la pratique [même Hermas a prétendu avoir reçu des révélations concernant une éventuelle seconde repentance]. . . . Nous sommes complètement dans l’ignorance des arrangements pratiques, le cas échéant, liés à cette anticipation embryonnaire de la discipline pénitentielle. Son émergence, cependant, a provoqué une réaction vigoureuse, illustrée par la répudiation par les montanistes du pouvoir des ministres de l’Église de pardonner les péchés post-baptismaux [Tertullien, de pud. 21]. [Kelly, 198-199]
Selon Schaff, Tertullien et Cyprien « ont été les premiers à suggérer que la satisfaction doit être faite pour de tels péchés par des exercices pénitentiels auto-imposés et de bonnes œuvres, telles que les prières et l’aumône » [Schaff, 254; Voir Tertullien, De Poenitientia, et Cyprien, De Opere et Eleemosynis]
Mais les racines de cette doctrine pourrait bien remonter à l’ère des « pères apostoliques », bien qu’il ne se trouverait dans aucun contexte sacramentel officiel. Comme on l’a vu auparavant, durant ce temps des « pères apostoliques », il commençait à être cru que le salut n’est jamais assuré, car c’était dépendant d’une vie de persévérance et de bonnes œuvres. Dans un tel contexte, «la difficulté surgit immédiatement sur le sentiment d’échec, car une telle religion doit conduire le croyant non seulement à se perfectionner dans la justice de la loi, mais à faire une sorte d’expiation quand il ne conforme pas sa vie à ce qui est requis. La Didache semble avoir atteint ce stade. Conformément aux Évangiles, il exhorte l’amour de Dieu et du prochain comme le plus grand devoir de chaque chrétien, et dans la vie quotidienne en particulier ce qu’il appelle <philanthropie >, mais du même souffle il peut ajouter: < De tout ce que tu as gagné par tes mains, tu donneras une rançon pour tes péchés >, ce qui signifie apparemment que la philanthropie a pour effet de faire l’expiation pour le péché » [Torrance, 41].
Cette fausse conception de la repentance se trouve également dans le Pasteur d’Hermas. Cet écrit introduit de fonds en comble l’idée que le salut initial lors du baptême, selon ce qui est vu, pourra se perdre par le péché après, à moins qu’il y ait pénitence sincère de coeur. Les circonstances deviennent compliquées pour savoir quelle pénitence est possible ou non selon le type de péché commis et/ou la fréquence à laquelle le péché a été commis. Nous ne citerons que quelques exemples.
1. « Seigneur, dis-je, j’ajouterai encore une question. — Parle, dit-il. — J’ai entendu certains docteurs dire qu’il n’y a pas d’autre pénitence que celle du jour où nous descendîmes dans l’eau et où nous reçûmes le pardon de nos péchés antérieurs. »
2. Il me dit : « Ce que tu as entendu est exact. Il en est ainsi. Celui qui a reçu le pardon de ses péchés ne devrait, en effet, plus pécher, mais demeurer en sainteté.
3. Il me dit : « Ce que tu as entendu est exact. Il en est ainsi. Celui qui a reçu le pardon de ses péchés ne devrait, en effet, plus pécher, mais demeurer en sainteté.
4. C’est donc uniquement pour ceux qui ont été appelés avant ces tout derniers jours que le Seigneur a institué une pénitence. Car le Seigneur connaît les coeurs, et sachant tout d’avance, il a connu la faiblesse des hommes et les multiples intrigues du diable, qui fera du tort aux serviteurs de Dieu et exercera contre eux sa malice.
5. Dans sa grande miséricorde, le Seigneur s’est ému pour sa créature et a institué cette pénitence et il m’a accordé de la diriger.
6. Mais je te le dis, reprit-il : si, après cet appel important et solennel, quelqu’un, séduit par le diable, commet un péché, il dispose d’une seule pénitence ; mais s’il pèche coup sur coup, même s’il se repent, la pénitence est inutile à un tel homme : il aura bien de la peine à jouir de la vie.
7. Je lui dis : « Seigneur, je reviens à la vie après ces renseignements détaillés. Car je sais que si je n’ajoute plus à mes péchés, je serai sauvé. — Tu seras sauvé, dit-il, et tous ceux qui feront ainsi. » [31:1-7]
Voici ce que sont les croyants venus de la première montagne, la noire : des apostats, des gens qui ont blasphémé contre le Seigneur et ont trahi les serviteurs de Dieu. Pour ceux-là, point de pénitence, mais la mort . . . [96:1]
[…] Pour eux la pénitence est possible, s’ils se repentent vite ; mais s’ils tardent, pour eux comme pour les précédents, ce sera la mort. . . . [96:2]
Certes, dit-il. Si le mari ne l’accueille pas, il pèche, il se charge d’un lourd péché, car il faut accueillir celui qui a péché et qui se repent, mais non beaucoup de fois. Pour les serviteurs de Dieu, il n’y a qu’une pénitence. C’est en vue du repentir que l’homme ne doit pas se remarier. Cette attitude vaut d’ailleurs aussi bien pour la femme que pour l’homme. [29:8]
L’EUCHARISTIE

Que l’Eucharistie ait été universellement reconnue comme sacrement, cela ne fait aucun doute. Bell dit: «Les Pères de l’Église étaient universellement convaincus que dans un sacrement ou un mystère … nous avons le signe extérieur et visible d’une grâce intérieure et spirituelle » [Bell, 183]
En ce qui concerne spécifiquement l’Eucharistie, il déclare: « dans un sens, le pain et le vin étaient simplement des < signes > ou des symboles de grâce invisible, mais dans un autre, ils étaient véritablement chair et sang, et étaient donc les réalités elles-mêmes. Nous pouvons dire d’emblée que cela n’a jamais été nié par les pères de l’Église et n’a jamais fait l’objet de controverses » [Bell, 190]
Cet enseignement est venu tôt dans l’Église universelle, même avec les « pères apostoliques ». Par exemple, Ignace dit que l’Eucharistie est « la médecine de l’immortalité et l’antidote afin que nous nous mourrions pas mais que nous vivions pour toujours en Jésus-Christ ». MacKinnon rapporte sur la Didache, « Il partage l’idée actuelle de chercher par l’aumône à fournir <une rançon pour les péchés >. . . . Il se réunit le jour du Seigneur pour la célébration de l’Eucharistie, à laquelle participent seuls les croyants baptisés, après la confession des péchés et la réconciliation des membres lésés, et qui est conçue comme nourriture et boisson spirituelles pour la vie éternelle, et comme « un sacrifice » (en référence aux offrandes des membres) [Did. 9,10]. » [McKinnon, 298]
Au cours des siècles suivants, le sacrement de l’Eucharistie a été élaboré. Trois aspects sont vus. La première est qu’en prenant part à la chair et au sang littéraux du Christ, « les chrétiens se transforment progressivement en Christ, et donc en Dieu » [Bell, 191]. Ainsi, « l’Eucharistie était considérée à la fois par l’Occident et l’Orient (mais surtout par ces derniers) comme le moyen le plus important de ‹ déification › ou de ‹ divinisation › humaine » [Ibid; voir par exemple les enseignements de Cyrille de Jérusalem, de Basile de Césarée, de Grégoire de Nysse, Hilaire de Poitiers, Jean Chrysostome, etc. (Bettenson, 45, 58, 88, 89, 162, 175).]
Un deuxième aspect qui a été vu dans l’Eucharistie est que les éléments étaient de la nourriture spirituelle, qui procurait la vie à ceux qui mangeaient. La notion de nourriture spirituelle est venue avec la croyance que la chair et le sang du Christ étaient vraiment mangés et bu par les participants au rituel [Voir Didache, 9, 10 (MacKinnon, 298); Hilaire de Poitiers (Bettenson, 58), Gregoire de Nysse dans or. cat. 37 (Ibid, 162-163); Gregoire de Nazianze (Ibid, 121); Jean Chrysostome (Ibid, 175), Ambrose (Ibid, 185), Augustine d’Hippon (Ibid, 247), etc.]
Un dernier aspect, mais non des moindres, est que l’Eucharistie était considérée comme sacrificielle par nature. Comme le rapporte Bell, « Les écrivains de la période patristique étaient également convaincus que l’eucharistie était un sacrifice. Ils qualifient le terme avec des mots tels que sacrifice < spirituel> ou sacrifice <sans effusion de sang >. . . . De plus, parce qu’il n’y a qu’un seul sacrifice, et parce que ce sacrifice est spirituellement identique au sacrifice du Calvaire, les effets du sacrifice du Calvaire se manifestent également dans l’eucharistie. Et comme l’un des effets les plus importants de la crucifixion était le pardon des péchés et la rédemption du monde, de même, dans l’eucharistie, ces effets sont reconstitués, représentés (au sens littéral: < re-présenté >, < présenté une fois de plus >), et réappliqué. Le sacrifice eucharistique n’ajoute pas au sacrifice du Calvaire – ce serait une suggestion blasphématoire – mais il le < réalise > continuellement: le rend continuellement réel et présent »[Bell, 191-194. Voir l’enseignement de Jean Chrysostome sur l’unité du sacrifice dans Bettenson, 174. Cependant, Chrysostome n’enlevait pas tout le mérite salvifique de l’Eucharistie quand il a souligné l’unité de l’Eucharistie avec le Calvaire. Il a dit: «Car c’est par les prêtres que s’accomplissent ces choses [l’Eucharistie], et d’autres non moins importantes, qui concernent notre rédemption et notre salut» (175).]
Cependant, même si l’Eucharistie et le Calvaire ont pu être considérés comme un seul sacrifice, on croyait toujours que l’élément sacrificiel de l’Eucharistie elle-même communiquait la grâce. Cyrille de Jérusalem est particulièrement clair dans ses pensées à ce sujet.
Ensuite, lorsque le sacrifice spirituel, l’acte d’adoration sans effusion de sang est achevé, nous implorons Dieu, sur la base de ce sacrifice de propitiation, pour la paix commune des églises. . . . Après cela, nous prions pour les saints Pères et évêques qui se sont déjà endormis; et, en bref, pour tous les défunts, croyant que ce sera le plus grand avantage pour les âmes de ceux à qui cette supplication est offerte lorsque le saint et horrible sacrifice sera présenté à Dieu. Nous offrons le Christ, sacrifié pour nos péchés, faisant propitiation devant notre Dieu compatissant pour leur compte et le nôtre. [Bettenson, 46;voir aussi l’enseignement de Basile de Césarée (Ibid, 89), Grégoire de Nazianze (Ibid, 124), Ambroise (Ibid, 186)]
De plus, les premiers « pères de l’Église » considéraient parfois l’Eucharistie symboliquement. Augustin d’Hippone est un exemple de celui qui a donné des interprétations à la fois figuratives et réalistes à l’Eucharistie. Mais même pris comme un symbole, Augustin a toujours enseigné que l’Eucharistie procurait la grâce. Il a dit,
Mais le Seigneur lui-même a dit: « C’est l’esprit qui donne la vie; la chair ne sert à rien. ». . . « Interprétez ce que j’ai dit dans un sens spirituel. Ce n’est pas le corps que vous voyez que vous allez manger, vous ne boirez pas le sang que ceux qui me crucifieront doivent verser. Je vous ai confié quelque chose de sacramentel qui, une fois compris spirituellement, vous donnera la vie. Bien qu’elle doive nécessairement être célébrée sous une forme visible, elle doit encore être comprise de manière invisible ». [Enn. In Ps. 98.9 (Bettenson, 247)].
Il a également dit,
Ainsi, lorsqu’un homme reçoit indignement le sacrement du Seigneur, le résultat n’est pas que le sacrement est mauvais parce qu’il est mauvais, ni qu’il n’a rien reçu du tout parce qu’il ne l’a pas reçu pour son salut. C’est tout autant le corps et le sang du Seigneur quand un homme « mange et boit un jugement contre lui-même » en participant indignement. [de bapt. 5.9 (Bettenson, 246)].
Par conséquent, de diverses manières, l’Eucharistie a été donnée une signification salvifique dans la vie de ceux qui y ont participé dignement. La compréhension que le salut n’était jamais définitif pendant la vie d’un chrétien se prêtait bien à l’attribution de pouvoirs vitaux au rituel et aux éléments.
L’ÉGLISE CATHOLIQUE

Il est apparent que la grande majorité des églises se sont écartés peu à peu l’enseignement des apôtres sur le salut. Cela évident de par le commencement de l’utilisaton de l’expression « église catholique » pour se référer à l’ampleur de l’ensemble des églises qui suivaient le cours de ce que les pères apostoliques révèlent comme sotériologie. L’expression « église catholique » a été commencé entre 100 et 150, comme l’explique en sa défense, Auguste Lelong, dans Les pères apostoliques, volume III, dans son introduction au document Lettre des Smyrniotes: Martyre de Polycarpe.
Remarquons d’abord que, dans l’antiquité ecclésiastique, le terme [église catholique] s’entend en deux sens différents :
1° il signifie l’église universelle, par opposition à une église particulière; c’est ainsi que J.-C. est appelé le pasteur de l’église universelle, […] ([Martyre de Polycarpe], xix, 2). Dans ce cas, l’adjectif [catholique] garde son sens naturel et ordinaire, et n’est caractistique d’aucune époque particulière. Près de cinquante ans auparavant, saint Ignace, dans son épitre aux Smyrniotes (viii, 2), l’employait déjà ainsi.
2° A partir d’une certaine date, [église catholique] prend un sens nouveau, pour ainsi dire technique, qui n’exclut d’ailleurs pas le premier : ce terme désigne alors l’église orthodoxe, en possession de la pure doctrine apostolique, par opposition aux sectes hérétiques ou schismatiques.
Dans la Lettre des Smyrniotes, [l’expression église catholique] est employé trois fois dans le premier sens : dans la suscription, et dans les chapitres III, 1 et XIX, 2; mais en ce sens, comme nous l’avons dit, [catholique] marque aucune date, et par conséquent ne peut soulever aucune difficulté.
C’est seulement au chapitre XVI, 2, que cette expression se rencontre avec sa signification technique : Polycarpe y est appelé […], évêque de l’église catholique de Smyrne, par opposition aux sectes hérétiques qui existaient certainement alors dans cette ville. Nous avons ici le plus ancien exemple connu de l’expression église catholique dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui.
Mais, comme le fait remarquer Lightfoot, il faut bien qu’une expression se rencontre quelque part pour la première fois : pourquoi ne serait-ce pas dans notre document ? Dans le fragment de Muratori et dans les oeuvres de Clément d’Alexandrie, l’emploi d’église catholique, au sens moderne du mot, ne fait pas de doute : or ces derniers écrits ne sont que de peu d’années postérieurs à la mort de Polycarpe. [Auguste Lelong, Les pères apostoliques, vol. III, Editions Auguste Picard, 1927]
Si l’expression < église catholique > montre que la majorité des églises ont suivi l’apostasie généralisée qu’on a décrit, il indique autant fortement que ce n’était pas tous, car le besoin était là, comme l’indique bien l’auteur ci-dessus, de se distinguer de ceux qui n’en faisait pas partie. Selon Auguste Lelong, ceux qui n’en faisaient pas partie étaient des sectaires, mais nous ne pouvons pas présumer cela. Plutôt nous pouvons comprendre au minimum que ce n’est pas tous qui ont suivi l’apostasie des « pères de l’églises ». Nous pouvons bien nous imaginer selon les principes de la Parole de Dieu que dans ce temps de début d’apostasie, Dieu s’est gardé un reste de ceux qui sont restés fidèles à l’Évangile de Jésus-Christ, tel que l’avait proclamé et enseigné les apôtres.
D’ailleurs, le contexte au fait que le terme < église catholique > a été commencé à être utilisé spécifiquement pour ceux qui marchaient en communion avec ce qu’on connait comme « pères de l’église », montre aussi l’apostasie. Car non seulement les « pères » de l’Église primitive ont adopté un salut sacramentel et lié aux œuvres, mais ils ont également commencé à enseigner qu’il fallait faire partie de < l’église catholique > pour recevoir le salut.
Cela se voit dans divers enseignements à l’époque paternelle. Jérôme a dit: « Quiconque mange un agneau [de la Pâque] en dehors de cette maison [l’église], est profane. Quiconque n’est pas dans l’arche de Noé périra lorsque le déluge prévaudra » [Bettenson, 188]
Augustin, pour qui l’Église était < l’Église catholique >, contrairement à certains «corps séparés» (Bettenson, 239-240), montre également qu’il ne pouvait pas concevoir le salut être accordé en dehors de <l’Église >.
Quiconque est en dehors de l’Église n’a pas le Saint-Esprit. . . . Le corps est composé de plusieurs parties, et un esprit donne vie à toutes les parties. . . De même que notre esprit (c’est-à-dire notre âme) est aux parties de notre corps, ainsi le Saint-Esprit est aux parties du corps du Christ, l’Église. . . . Si une partie du corps est coupée. . . il conserve la forme d’un doigt, d’une main, d’un bras, d’une oreille; mais il n’a pas de vie. Tel est l’état d’un homme séparé de l’Église. Vous demandez s’il a la Sainte-Cène? Il l’a. Le baptême? Il l’a. Le Credo? Il l’a. Mais ce qu’il a n’est que forme. À moins d’avoir la vie de l’Esprit, il est vain de se vanter de la forme [Bettenson, 237]

Cyprien a également enseigné la même chose. Par exemple, c’est lui qui a dit: « Il ne peut avoir Dieu pour son Père, qui n’a pas l’Église pour sa mère » [The Ante-Nicene Fathers, Vol. V, 423]
Carpentier rapporte: « Dans sa dénonciation du baptême novatianiste, Cyprien se réfère à l’identité du rite utilisé par les schismatiques avec celui des catholiques et rejette l’argument selon lequel cela rend leur baptême valide. Le fait qu’ils soient en dehors de l’église détruit tout argument qui pourrait être tiré du fait qu’ils < baptisent avec le même symbole . . . > » [Carpenter, “Creeds and Baptismal Rites . . .,” 370; voir Ep. lxix. 7]
CONCLUSION
À la lumière de ce qui précède, il devient clair que l’Église primitive dite « universelle » [Catholique] (telle qu’elle est devenue connue) a tordu la grâce de Dieu en quelque chose qui devait se mériter par la foi et les œuvres et / ou reçue par divers sacrements. Il semble que les « pères apostoliques » aient emboiter le mouvement en enseignant la nécessité de persévérer pour obtenir le salut final, tandis que, plus tard, les « pères de l’Église » ont mis l’accent sur les sacrements. Mais quel que soit le moyen de salut mis en évidence, la compréhension hérétique sous-jacente était que Dieu ne fournissait pas un salut complet et final à celui qui se tournait vers lui avec foi, il y avait une part qui revenait aux croyants d’accomplir. Il n’est donc pas surprenant que plusieurs moyens de grâce [sacrements] aient été adoptés car aucun d’eux ne fournissaient un salut complet. Bien qu’au sein de cette l’Église dite « universelle », des batailles ont été menées pour l’orthodoxie dans des questions relatives à la christologie et à d’autres doctrines, aucune au sein de l’Église principale de cette époque — contrairement à certaines en dehors de « l’Église » — n’a contesté les déviations sotériologiques.
Par conséquent, les historiens de l’Église auront besoin de discernement lorsqu’ils regardent ce qui est souvent appelée l’Église primitive. Il ne suffira tout simplement pas de brosser un tableau positif de l’Église primitive « universelle », en relatant seulement leur zèle, leur dévouement, leur courage de supporter une grande persécution jusqu’à la mort. L’observation plus juste doit être faite que leur zèle et leur dévouement commençaient assez tôt à se mêler à leur désir d’assurer leur salut et la vie éternelle.
L’apostasie de l’Église établie n’a pas pris longtemps pour se mettre en branle après les apôtres, et son faux-évangile d’un « salut » par les œuvres, la persévérance et les sacrements doit être exposé – et non ignoré – dans les études historiques de cette époque.
Mais, comme il est évident aussi par les écrits de ce temps-là, tous n’ont pas suivi dans la direction qu’ont pris la majorité des églises de ce temps-là. Même s’il est difficile de retracer les détails sur ces églises qui n’ont pas suivi la majorité dans leur faux christianisme, nous savons que Dieu s’est gardé de vrais chrétiens qui sont restés fidèles à la Parole de Dieu.
Le début d’apostasie au début du temps des « pères apostoliques » ne veut pas dire que tous étaient apostats ou faux chrétiens. Ça ne veut pas non plus dire que la majorité étaient apostats ou faux chrétiens. Mais ce que ça veut dire est que les tenants d’un faux évangile (persévérance = condition, donc l’entrée au ciel doit être acquise selon notre obéissance, fidélité, etc.) commencent à être adoptés.
Comment ce faux enseignement a-t-il pu être adopté de plus en plus au point de finir par être cru par la large majorité de ceux qui se disaient chrétiens ? Ça aurait pu se passer ainsi: dans la période de croissance de cette idée et de ce qui s’en découle (baptème vu comme ce qui lave et régénère, pénitence, etc), de plus en plus de gens font profession de foi avec cette idée du salut, et les vrais croyants n’en font pas de cas (manque de vigilance; négligence), ou il n’y en a pas assez qui en font un cas. Ceux qui en font un cas doivent se séparer si rien ne change ou accepter de tolérer la situation changeante. La deuxième génération va encore plus loin, et ainsi de suite. (Voir le livre: À la dérive quant à l’Evangile, pour un développement dans le 20e siècle de ce genre de dérive).
Il est important de tirer des leçons importantes de cette période de l’histoire:
- l’Eglise Catholique s’est déviée de l’enseignement des apôtres très tôt dans sa formation.
- Toutes les églises n’ont pas suivi l’ensemble qui est devenu l’Eglise Catholique.
- Il ne faut pas suivre en soi la majorité, mais rester avec ce que la Bible enseigne.
- Les évidences de piété (dévouement, martyre, etc) ne sont pas des critères en soi d’être fidèle à la vérité.
- Juste parce que l’Église Catholique est devenu une église de masse après l’an 313, avec les problèmes que cela engendre, il n’est pas acceptable de forcer la différenciation entre la période avant 313 et après 313. Car les traditions de l’Eglise dite Catholique avaient déjà été développées et adoptées bien avant 313 (commençant même avec les « pères apostoliques ») et ceci ne devrait pas nous laisser admirateur de cette période-là (avant 313), juste parce qu’ils ont passé par maintes périodes de persécutions, et juste parce que la période qui a suivi avait les problèmes qui venaient avec le fait d’être devenue une église de masse.
- Les vrais chrétiens doivent rester vigilants sur les différences qui peuvent commencer à être adoptées même au sein de ceux qui professent croire en Dieu.
- Il vaut la peine de lire les sources primaires, plutôt que de se fier sur des sources secondaires. Autrement dit, quand on peut lire directement ce que disent les « pères apostoliques » ou les « pères de l’église », on se fait une meilleure idée de ce qui était cru et enseigné par ceux-ci, plutôt que de lire uniquement ce que des historiens peuvent nous en dire.
- Le vrai test n’est pas ce qui a été cru, enseigné et/ou pratiqué dans l’histoire, mais plutôt ce qu’en dit la Bible.
[les écrits des « pères apostoliques », format pdf, annoté]
Articles connexes:
- Comment les « pères de l’Eglise » ont-ils dérivé de l’enseignement des apôtres (à venir)
- Constantin (à venir)
- Augustin et sa théologie, une référence? (à venir)
◆ Bibliographie d’ouvrages cités [voir]
• Bell, David N. A Cloud of Witnesses. Kalamazoo, MI: Cistercian Publications, Inc., 1989.
• Bettenson, Harry, ed. and transl. The Later Christian Fathers. Oxford: Oxford University Press, 1970.
• Boer, Harry R. A Short History of the Early Church. Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Company, 1976.
• Burns, J. Patout. « The Economy of Salvation: Two Patristic Traditions. » In the Studies in Early Christianity. Vol. 10. E. Ferguson, ed. New York: Garland Publishing, Inc., 1993.
• Carpenter, H. J. « Creeds and Baptismal Rites in the First Four Centuries. » In the Studies in Early Christianity. Vol. 11. E. Ferguson, ed. New York: Garland Publishing, Inc., 1993.
• Cramer, Peter. Baptism and change in the Early Middle Ages. Cambridge: University Press, 1993.
• Kelly, J. N. D. Early Christian Doctrines. New York: Harper and Row, Publishers, 1958.
Kuen, Alfred. Témoins de la foi aux premiers siècles. Charols, France: Excelsis, 2019
• Lightfoot, J. B. The Apostolic Fathers. Grand Rapids: Baker Book House, 1956.
• MacKinnon, James. The Gospel in the Early Church. London: Longmans, Green, and Co., 1933.
• Nicole. J.M. Précis d’histoire de l’Eglise. Nogent-sur-Marne: Editions de l’Institut Biblique, 1972.
• Roberts, Alexander and James Donaldson, eds. The Ante-Nicene Fathers. Vol. III. Vol. V. Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Company, 1951.
• Schaff, Philip. History of the Christian Church. Vol. II. Vol. III. Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Company, 1910.
• Sell, Henry T. Studies in Early Church History. New York: Fleming H. Revell Company, 1906.
Smith, M. A. From Christ to Constantine. London: Inter-Varsity Press, 1971.
• Torrance, Thomas F. The Doctrine of Grace in the Apostolic Fathers. Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Company, 1948.
• Williams, Robert R. A Guide to the Teachings of the Early Church Fathers. Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Company.

Mes salutations.
Il est affligeant de voir combien vous tordez la foi chrétienne des catholiques et des orthodoxes. C’est de mauvaise foi. Vous pêchez là vous le désirez pour construire votre propre argument. Vos conclusions sont fragiles. Vous souhaitez simplement justifier votre conception en prétendant, non sans prétention, être dans le « petit reste » de ceux qui sont dans le vrai christianisme. Étudiez l’histoire de l’établissement du Nouveau Testament dont le canon a été établi par l’Église que vous qualifiez d’apostate. Dieu aurait-il laissé son Église se tromper pendant 15 siècle? Jésus Christ n’a jamais parlé de Bible, de Sola Scriptura ni de Sola Fide. « J’aurais beau avoir une foi a déplacé les montagnes, si je n’ai pas la charité, je n’ai rien ». « Soyez parfait comme votre père est parfait! ». C’est le Christ qui nous enseigne à avoir une conduite droite. Les catholiques n’en déduisent pas qu’ils sont sauvés par les œuvres ou par la vie sacramentelle. C’est soi une méconnaissance de le dire ou bien de mauvaise foi. Que Dieu vous conduise. Geoffrey
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Bonsoir.
Vraiment désolé pour la réponse très tardive. Je n’ai pas remarqué tout de suite votre commentaire et ensuite j’étais bien occupé.
J’ai déjà bien vérifié les écrits des « pères de l’église » et les ai comparés aux Ecritures et j’ai aussi bien vérifié et comparé les enseignements de l’Église Catholique avec ce que dit la Bible. Je vous invite à voir pour vous-même. Vous pouvez consulter cet article qui facilitera la tâche : https://eglisebibliquebaptistematoury.fr/2021/04/25/la-difference-entre-leglise-catholique-et-le-christianisme-biblique-le-vrai-christianisme/
Aussi, quand vous dites « Les catholiques n’en déduisent pas qu’ils sont sauvés par les œuvres ou par la vie sacramentelle. C’est soi une méconnaissance de le dire ou bien de mauvaise foi, » allez voir l’enseignement de l’Église Catholique… Vous jouez avec les mots.
Prenez la Parole de Dieu au sérieux, et croyez-en l’enseignement. N’en tordez pas le sens, comme font tant de gens, à leur propre ruine.
Vous répondrez pour vous-même, autant que je répondrai pour moi-même.
Amicalement,
Pasteur Raymond
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Bonjour,
Comment pouvez-vous prétendre avoir « vérifier les pères de l’Eglise » alors que la littérature, que les chercheurs étudient encore, est considérable? Certains y consacrent des décennies! Comment peut-on disqualifier les générations qui sont suivi le Christ alors que l’église baptiste apparaît très tardivement? Au contraire, on trouve chez les premiers auteurs chrétiens, à côté du Nouveau Testament, une richesse formidable qui nous permet de comprendre comment le Christianisme primitif a évolué et comment il vivait la foi. Très tôt on parle d’évêque à la tête des communautés et d’Eucharistie,…
Je suis moi même étudiant universitaire en théologie catholique que j’étudie et ce que vous dîtes ne correspond pas à la réalité de notre doctrine. En revanche, cela correspond à un certain discours protestant qui cherche à médire l’Eglise catholique pour se définir comme étant plus pure.
La Parole de Dieu qui est le Verbe fait chair n’est-elle pas plus grande qu’un livre? Dieu est-il limitée par les mediatons humaines? Comment pouvez prétendre à avoir la bonne interprétation de ce qu’est la foi?
Certes, la Bible et inspirée mais les hommes ne le sont-ils pas aussi? N’est-ce pas l’Eglise Catholique qui défini le canon des Écritures?
Si le Christianisme a un livre inspirée, il n’est pas une religion du livre.
La lettre tue mais l’Esprit vivifie.
Puissiez vous nuancer votre propos sur des églises que vous ne connaissez lisiblement pas.
Bien à vous
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Cher monsieur,
La Bible, la Parole de Dieu, dit qu’il est grave de s’écarter de ce qu’elle dit.
Il n’y a pas de lumière en ceux qui ne parlent pas selon la loi et le témoignage de Dieu (voir Esaïe 8:20).
Le Seigneur Jésus condamne ceux qui par leurs traditions annulaient l’enseignement de la Parole de Dieu.
Il dit dans Matthieu 15:3-9:
3 Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ?
4 Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.
5 Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu, n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère.
6 Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition.
7 Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit:
8 Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi.
9 C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes.
Il est dit aussi dans Actes 17:11
Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Ecritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact.
Dieu n’est pas inconséquent de dire une chose dans Sa révélation écrite, puis une autre chose contradictoire dans la tradition qu’Il aurait donnée supposément à Son église. Loin de là! Il avertit plutôt ceux qui s’écartent de ce qu’Il a clairement révélé de par Ses saints prophètes; Il les avertit de ne pas se séduire à croire qu’ils suivent Dieu, mais de réaliser qu’ils errent en établissant des traditions humaines contraires à la Parole de Dieu.
Soit dit en passant, il n’y a pas eu d’« église baptiste » (une entité dénominationnelle) au sens que vous en parlez. Il n’y a eu que des églises locales, appelées parfois baptistes, et par d’autres noms en d’autres ères, qui ont cherché à suivre uniquement l’enseignement de la Parole de Dieu, comme dans les premières églises, et non des traditions ecclésiastiques, comme des regroupements d’églises ont fait à travers les siècles. À quel degré ils étaient fidèles à la Parole de Dieu, ils en rendront compte un jour pour eux-mêmes. Pour tous, la responsabilité demeure pour chaque génération : se convertir à Dieu au sens que la Bible le définit, puis se faire baptiser en témoignage d’avoir cru en Christ, puis croître et servir le Seigneur dans le contexte d’une assemblée de croyants qui cherchent ensemble à observer fidèlement tout ce que Christ a prescrit (voir Matt. 28:19-20).
De plus, si l’Église Catholique a reconnu le canon des Ecritures, ça ne veut pas dire que les livres de la Parole de Dieu n’étaient pas reconnues avant et/ou en dehors de l’Église Catholique. La Bible est un livre vivant (voir Héb. 4:12), qui s’authentifie elle-même de par Sa nature et Son origine divine. La chose triste, comme on vient de dire, est que même si l’Église Catholique a reconnu le canon des Ecritures, elle s’en est détournée de plus en plus à travers le temps, en établissant peu à peu à des traditions qui annulent les Ecritures.
Bien à vous.
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Si les enseignements de ceux qui ont écouté et se sont soumis aux apôtres eux-mêmes, et à leur saine doctrine, dans un système par ailleurs hiérarchique institué par le Christ, vous indisposent, alors remettez-vous vous-même en question. Comment pouvez penser être légitime pour définir et faire le tri dans l’enseignement des apôtres et leurs disciples ?
Donc d’après vous, le Christ a finalement abandonné son Église dès le départ, et puis deux millénaires plus tard ça y est, les 50 000 petits frères de la Réforme sont enfin réintégrés dans la vérité (laquelle choisir dans le lot n’est-ce pas).
Il est mainte fois question de persévérance, de la nécessité des oeuvres justes, et même… du sacrement. « Celui qui ne consomme pas ma chair n’a pas la vie »… que pensez-vous par exemple, de ces paroles. Sur cela, comme sur tant des passages de la Bible que vous affectionnez tant, vous êtes pris en défaut. La Bible… qui la donne au monde, sinon l’Église … colonne et appui de la vérité.
Ne cherchez pas toutes sortes de chemins détournés pour refuser l’Église, bien plus apostolique que toutes les héritières de Luther.
J’étais à titre perso protestant évangélique, je sais pertinemment que Jésus ne se refuse pas aux chrétiens sincères. Après avoir dit cela, que chacun accepte de faire marcher son intelligence, pour comprendre que la vérité ne peut pas « être le fruit d’interprétations personnelles ».
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Bonjour, Merci d’avoir pris le temps de partager votre commentaire.
Non, Christ n’a pas abandonné son Eglise. Dans toutes les générations, il y en a eu qui sont restés fidèles aux Ecritures et non pas suivi les diverses fausses doctrines qui sont apparues. Déjà du temps de l’Apôtre Paul, celui-ci a avertit les églises « qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29). De même Jude, déjà de son temps, se sentait obligé d’appeler les chrétiens à combattre pour la foi face aux fausses doctrines qui étaient introduites dans les églises. « Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. Car il s’est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus-Christ » (Jude 3-4) L’Apôtre Paul a écrit l’Epitre aux Galates pour contrer la fausse doctrine des judaïsants qui enseignaient qu’on devait en plus de croire en Christ, garder la loi. Paul montre que cet enseignement était un faux évangile. Donc, du temps des apôtres déjà il fallait combattre contre des faux enseignements qui venaient contredire le vrai Évangile. Comme le dit l’article sur les pères de l’église, la tendance devenue assez généralisée à adopter l’enseignement que le baptême d’eau faisait qu’on devienne chrétien n’était pas suivi de tous, loin de là. Dans toutes les générations, la vraie foi et le vrai évangile ont continué d’être proclamés et tenus dans des assemblées, connues de diverses appelations à travers les siècles.
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Franchement, il y a ici une contradiction tellement énorme qu’elle saute aux yeux.
L’auteur constate lui-même que dès les toutes premières générations chrétiennes — c’est-à-dire chez les Pères apostoliques (Didachè, Polycarpe, Hermas…) — on trouve exactement les croyances et pratiques que l’Église catholique professe encore aujourd’hui :
Eucharistie sacrificielle et réelle présence,
Baptême régénérateur,
Pénitence,
Persévérance finale,
Importance des œuvres en lien avec la foi.
Mais plutôt que de se demander honnêtement pourquoi cette doctrine est universelle dès l’origine, il conclut simplement que « tout le monde s’est trompé » immédiatement après les Apôtres… sauf lui, 1500 ans plus tard. C’est une position historiquement intenable et théologiquement absurde.
👉 Soit le Christ a tenu sa promesse :
et donc l’Église qu’il a fondée (apostolique, devenue catholique) a été protégée par l’Esprit Saint.👉 Soit… dès la première génération après les Apôtres, l’ensemble du christianisme s’est effondré dans « la corruption », et Jésus a échoué à garder son Église. Dans ce cas, les protestants n’ont rien restauré, ils ont juste inventé un christianisme parallèle.
L’auteur parle aussi de “dérives” comme si la doctrine catholique avait été une invention progressive. Mais il cite lui-même :
📜 Didachè : Eucharistie comme sacrifice et condition de salut.📜 Ignace d’Antioche : Eucharistie = « médecine d’immortalité ».📜 Polycarpe : salut conditionné à une conduite digne et persévérante.📜 Pasteur d’Hermas : nécessité de bonnes œuvres pour hériter de la vie.
Tout cela n’est pas une corruption tardive, mais la foi primitive.
En réalité, si une seule personne s’est éloignée de l’enseignement apostolique ici… ce n’est pas l’Église du Ier siècle, c’est Luther au XVIᵉ !
La « Sola fide » et le « mémorial symbolique » de la Cène sont inconnus de toute la chrétienté des cinq premiers siècles. Absolument personne ne croyait ça. Pas une Église, pas un Père, pas une liturgie.Et c’est bien ce que prouve l’article… malgré lui.1. Une contradiction interne fondamentale
L’auteur reconnaît noir sur blanc que :
Les Pères apostoliques et les premiers Pères de l’Église enseignaient :
L’Eucharistie comme sacrifice et présence réelle
Le baptême comme lavage et régénération
La pénitence comme moyen de retour à la grâce
Le salut comme dynamique de foi et de persévérance
L’Église comme institution structurée et hiérarchique
L’absence totale de Sola Fide dans les sources anciennes
Et pourtant, après avoir soigneusement documenté tout cela… il conclut que tout ceci est une corruption précoce.
👉 C’est ici que se trouve le cœur du problème :
L’auteur protestant adopte, sans le dire explicitement, la deuxième option, ce qui détruit sa propre crédibilité historique. Car si l’Église s’est « corrompue » dès la génération apostolique… alors comment croire que le canon biblique (fixé par cette même Église) serait fiable ? Comment faire confiance à ces mêmes Pères quand ils discernent quels livres sont inspirés ?
C’est ce que les historiens appellent une position auto-réfutante.🕊 2. La foi primitive est objectivement catholique dans ses structures Eucharistie
L’auteur lui-même cite :
⚠ Ce qu’il appelle « corruption » n’est donc pas une dérive du Moyen Âge, mais la foi commune de tous les chrétiens de l’Église primitive.Même la Didachè, texte antérieur à 100 ap. J.-C., parle de l’Eucharistie comme d’un sacrifice :
➡ Dès le Ier siècle, on trouve :
jour du Seigneur (dimanche),
confession des péchés avant la communion,
sacrifice eucharistique.
C’est littéralement la théologie catholique actuelle.’auteur dénonce comme « corruption » le fait que les Pères enseignent que la persévérance, la charité et la fidélité sont nécessaires au salut.Mais ce n’est pas une innovation : c’est exactement ce qu’enseigne le Nouveau Testament.
Les Pères ne « changent » pas l’enseignement : ils l’appliquent littéralement.
Didachè 16,2 : « Car tout le temps de votre foi ne vous servira de rien si, au dernier moment, vous n’êtes pas devenus parfaits. »
Polycarpe, Phil. 5 : « Si notre conduite est digne de lui, nous régnerons aussi avec lui. »
Pasteur d’Hermas : le salut est un chemin, pas une simple déclaration.
La logique catholique est ici la logique biblique :
La grâce est première,
La foi ouvre la porte,
La persévérance dans la charité mène à la vie éternelle.
L’auteur, en niant cette continuité, oppose les Pères aux Apôtres, ce qui n’a aucune base textuelle.🕍 4. Baptême et pénitence : une théologie cohérente, pas une invention
L’auteur protestant affirme :
Mais c’est exactement ce que disent :
Pierre : « Le baptême vous sauve maintenant »(1 Pierre 3:21)
Paul : « Il nous a sauvés par le bain de la régénération »(Tite 3:5)
Et les Pères ne font que reprendre cette foi :
Didachè 7 : baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit
Pasteur d’Hermas : pénitence possible après le baptême, mais sérieuse et unique
Tertullien (début IIIe siècle) : même vision sacramentelle
Encore une fois, rien de “corrompu” ici. Ce sont les protestants qui ont rejeté 1500 ans de continuité chrétienne.🕊 5. Une vision individualiste anachronique
L’auteur écrit :
Mais c’est exactement ce que disait déjà Jésus :
L’idée que « tout est garanti dès la conversion » est une innovation du XVIᵉ siècle, étrangère au christianisme antique.La foi primitive n’était pas un instant de salut personnel mais une entrée dans une communauté, une marche et une fidélité.6. Ironie de la thèse protestante : la “corruption universelle” n’a aucun sens
Pour maintenir sa thèse, l’auteur doit affirmer :
Que tous les disciples des Apôtres (Ignace, Polycarpe, Hermas, auteurs de la Didachè…) se sont trompés, d’un seul coup ;
Que toute l’Église primitive, dans toutes les régions, a adopté la même « erreur » sacramentelle et ecclésiale ;
Que cette « erreur » a perduré pendant 1500 ans, jusqu’à Luther ;
Et que lui, en 2025, comprend mieux l’Évangile que ceux qui ont reçu directement la foi des Apôtres.
Cette posture n’est pas seulement incohérente historiquement : elle relève de l’orgueil doctrinal.Elle suppose une Église fantôme — invisible, muette, introuvable dans les sources historiques — pendant 15 siècles.
➡ Ce n’est pas de la théologie, c’est une reconstruction idéologique.. Conclusion — Le poids de l’histoire
Ce que cet article démontre malgré lui, c’est que :
L’Église apostolique croyait à l’Eucharistie réelle et sacrificielle,
Elle prêchait la persévérance dans la foi et les œuvres de charité,
Elle administrait les sacrements comme moyens de grâce,
Elle vivait une Église hiérarchique et universelle.
Ce n’est donc pas Rome qui s’est “corrompue”,mais bien la Réforme qui a rompu avec la foi antique.
La vraie question n’est pas :
Mais bien :
« Pourquoi la Réforme a-t-elle rejeté ce que toute l’Église croyait depuis toujours ? »
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Bonjour,
La Bible parle pour elle-même quant aux différences de ces premières dérives mentionnés dans l’article d’avec ce que la Parole de Dieu enseigne. Aussi, que ces dérives arrivent assez tôt, ne signifie pas, au contraire de ce que le commentaire dit, que ça prouve que les « pères de l’Eglise » ont continué dans la doctrine du Nouveau Testament. Le fait est que des traditions comme baptiser les bébés n’ont commencé que vers les 150 après Jésus-Christ. Beaucoup d’autres traditions ont été rajoutées peu à peu à travers les siécles, traditions que l’on ne voit nullement dans le Nouveau Testament (indulgences, prière à Marie et aux saints, etc), et certaines de ces traditions, comme le célibat des prêtres, et les règles alimentaires de ne pas manger ci ou ça certains jours, sont spécifiquement condamnées et exposées pour être de fausses doctrines (1 Tim. 4:1-3). Toutes ces traditions qui ont été rajoutées au fil des siècles partent de quelques parts –ils sont la continuation des fausses doctrines aux quelles les « pères de l’Eglise » se sont tournées. De plus, ce ne sont pas du tout toutes les églises qui ont suivi ces dérives. Certes, la grande majorité sont devenues les églises dites « Catholiques ». Mais, dans toutes les générations, il y avait des églises locales qui ont suivi fidèlement le vrai Evangile, tel que la Bible l’enseigne.
Bien â vous.
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Voici la seconde partie de ma réponse : je vous engage à lire avant ce que j’ai mis plus haut.
Aucune trace historique d’une Église protestante avant le XVIᵉ siècle.
Même les réformateurs le reconnaissaient. Luther et Calvin ne prétendaient pas que leur foi avait existé en secret pendant 1500 ans, mais qu’ils corrigeaient l’Église visible.
Mais pour soutenir ton récit, tu dois inventer une “Église souterraine” invisible pendant quinze siècles — sans texte, sans liturgie, sans trace, sans nom.
C’est du mythe, pas de l’histoire.
Comme l’écrivait saint John Henry Newman (ancien pasteur anglican converti) :
« Être profondément versé dans l’histoire, c’est cesser d’être protestant. »
(An Essay on the Development of Christian Doctrine, 1845)
En parlant de St John Henry NEwman, ex protestant convertis par le BON SENS, la PRIERE et l’Etude des PERES tant que de l’ECRITURE quelques paroles :
Saint John Henry Newman (1801–1890), ancien prêtre anglican converti au catholicisme en 1845 et devenu cardinal, est une figure centrale pour comprendre l’échec de la “Via Media” — c’est-à-dire la tentative anglicane de se situer entre catholicisme et protestantisme, en gardant la “vraie tradition primitive” sans Rome.
Newman, d’abord chef de file du Mouvement d’Oxford, croyait à cette voie médiane… avant de reconnaître qu’elle était historiquement et théologiquement intenable. Ses écrits sont remplis de pages puissantes sur l’impossibilité de maintenir une Église anglicane comme “Église catholique” sans la communion avec Rome.
Je compris que pour demeurer anglican, **il fallait fermer les yeux sur l’histoire de l’Église Chrétienne. **
Car l’histoire, prise dans son ensemble, est contre le protestantisme et pour l’Église de Rome.
Newman, Essay on the Development of Christian Doctrine (1845)
Echec de la Via Media
J’avais cru que la Via Media pourrait être une voie stable, une Église fidèle aux Pères tout en restant anglaise. Mais elle n’était qu’un pont suspendu dans le vide. À mesure que j’étudiais les conciles, les Pères, la succession apostolique, je découvrais que ce pont ne menait nulle part.
St JH Newman, Apologia Pro Vita Sua (1864)
Le schisme détruit la mission
Une Église sans union avec Rome est comme un membre séparé du corps : elle peut encore garder quelques traces de vie, mais la sève s’épuise peu à peu. »
St JH Newman, Letters and Diaries, vol. XX
L’Église catholique seule est la gardienne de la foi
Il n’y avait qu’une seule Église qui puisse prétendre parler avec autorité au nom du Christ : celle qui a gardé la succession, la Tradition, la primauté de Pierre et l’universalité. L’Église catholique romaine.
St JH Newman, Essay on the Development of Christian Doctrine (1845)
La conversion comme aboutissement logique
Ce ne fut pas une émotion qui me fit rompre avec l’anglicanisme, mais une évidence historique et théologique. En étudiant les Pères, j’ai été conduit, pas à pas, vers Rome. Ce fut une soumission de l’intelligence à la vérité, non un élan du sentiment.
** St JH Newman, Apologia Pro Vita Sua (1864)**
Je commençai à voir que la Via Media était un rêve. Quand je la comparais avec** la primitive Église, je m’apercevais qu’elle n’avait jamais existé**. Elle était une création moderne, une hypothèse de théologiens *pour justifier une position schismatique.*
** St John Henry Newman, Apologia Pro Vita Sua (1864)**
L’Église d’Angleterre **n’a pas la prétention légitime d’être une Église catholique. **Elle a perdu la succession apostolique réelle en rompant avec le Siège de Pierre, qui seul est le centre de l’unité visible. Séparée de cette source, elle est devenue un corps national, non plus l’Église universelle.
** St JH Newman, Lectures on the Present Position of Catholics in England (1851)**
L’Église anglicane est suspendue entre deux puissances : elle n’est ni libre comme les sectes protestantes, ni soumise au vrai centre d’unité qu’est Rome. Elle dépend de l’État, ce qui détruit sa prétention à la catholicité.
St Newman, Difficulties of Anglicans (1875)
Bien sur on pourrait se BATTRE VERSET PAR VERSET et nous retomberions toujours sur le même point : NOS interpretations COLLENT avec TOUTES les interpretations des premiers chretiens, de l’Eglise et de son histoire et NON PAS LA VOTRE.
Mais cela ne sert à rien car la Bible elle meme ne dit PAS de suivre la Bible mais l »EGLISE !
😮 Choix 4 : Et si Dieu avait créé une autorité infaillible pour déterminer les bonnes Ecritures Saintes ?
Hey pas bête ! Si j’étais Dieu c’est probablement ce que je ferais : il doit bien y avoir quelqu’un quelque part apte à faire cela… Trouve t’on dans l’Histoire la trace d’une Eglise qui aurait déterminé très tôt le canon biblique ?
Oh oui ! On voit qu’on a une foule d’écrits entre le 1er et le IVème siècle des Pères de l’Eglise qui cite très abondamment les Ecritures : parfois en citant aussi des livres non présent dans d’autres canons. Il est temps de remettre de l’ordre !
Il est suivi par le Concile générale de Rome en 382 sous la demande du pape Damase 1er :
Il nous faut maintenant parler des divines Écritures, de ce que reçoit l’Église catholique universelle et de ce qu’elle doit éviter. On commence par l’ordre de l’Ancien Testament. Genèse, un livre ; Exode, un livre ; Lévitique, un livre ; Nombres, un livre ; Deutéronome, un livre ; Jésus Navé, un livre ; Juges, un livre ; Ruth, un livre ; Rois, quatre livres ; Paralipomènes, deux livres ; Cent cinquante Psaumes, un livre ; Salomon, trois livres : Proverbes, un livre, Ecclésiaste, un livre, Cantique des Cantiques, un livre ; encore, Sagesse, un livre ; Ecclésiastique, un livre. Puis l’ordre des prophètes, Isaïe, un livre ; Jérémie, un livre, avec Cinoth, c’est-à-dire ses Lamentations ; Ézéchiel, un livre ; Daniel, un livre ; Osée, un livre ; Amos, un livre ; Michée, un livre ; Joël, un livre ; Abdias, un livre ; Jonas, un livre ; Nahum, un livre ; Habacuc, un livre ; Sophonie, un livre ; Aggée, un livre ; Zacharie, un livre ; Malachie, un livre. Puis l’ordre des histoires. Job, un livre ; Tobie, un livre ; Esdras, deux livres ; Esther, un livre ; Judith, un livre ; Maccabées, deux livres. »
Ce canon corresponds au canon Catholique romain de 73 livres.
Le Concile ajoute une information intéressante :
1. Après toutes ces Écritures prophétiques, évangéliques et apostoliques que nous avons mentionnées plus haut et sur lesquelles l’Église catholique, par la grâce de Dieu, est fondée, nous avons estimé devoir souligner également ceci, à savoir que si c’est bien à l’Église catholique répandue par tout l’univers que revient l’unique chambre nuptiale du Christ, pour autant la sainte Église romaine n’est pas placée devant les autres Églises par des édits de synodes, mais elle a reçu la primauté de par la parole évangélique du Seigneur et Sauveur disant : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, et je te donnerai les clés du Royaume des cieux, et tout ce que tu auras lié sur terre sera lié aussi au ciel, et tout ce que tu auras délié sur terre sera délié aussi au ciel.
A cela s’est ajouté également la compagnie du très bienheureux Apôtre Paul, le vase d’élection : ce n’est pas à un autre moment, comme le disent sottement les hérétiques, mais au même moment, le même jour, par une mort glorieuse avec Pierre, qu’il a été couronné en combattant, dans la ville de Rome, sous l’empereur Néron : et de la même manière ils ont consacré au Christ l’Église romaine susdite, et par leur présence et leur triomphe vénérable ils l’ont placée avant toutes les autres villes dans le monde entier.
👉 Le premier Siège de l’apôtre Pierre est donc l’Église Romaine qui n’a ni tache, ni ride, ni rien de semblable.
Le **deuxième siège **cependant fut consacré à Alexandrie au nom du bienheureux Pierre par le disciple et évangéliste Marc son disciple et évangéliste. Lui même, dirigé par l’apôtre Pierre en Égypte, annonça la Parole de vérité et acheva (sa vie) glorieusement par le martyre.
Comme troisième est tenu en honneur le siège du bienheureux apôtre Pierre à Antioche, puisqu’il y a habité avant de venir à Rome, et que là est apparu pour la première fois le nom de “chrétiens” pour la race nouvelle.
Plus tard dans l’Histoire, quand les protestants réformés remettront en cause le canon biblique, nous que l’Eglise Catholique romaine ne change pas s a doctrine et maintient son canon au Concile de Trente en 1542:
Le saint concile de Trente, œcuménique et général,** légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, sous la présidence des trois mêmes légats du Siège apostolique, ayant toujours en vue de conserver dans l’Eglise,** par la destruction de l’erreur, la pureté même de l’Evangile qui, promis d’abord par les prophètes dans les saintes Ecritures, a été ensuite promulgué, premièrement par Notre-seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, puis par les apôtres, auxquels il a commandé de le prêcher à tous les hommes, comme la source de toutes les vérités du salut et de toute règle des mœurs ; et considérant que cette vérité et cette règle de morale sont contenues dans les livres écrits, ou, sans écrit, dans les traditions qui, reçues par les apôtres de la bouche de Jésus-Christ même, ou transmises par les apôtres comme le Saint-Esprit les leur a dictées, sont parvenues de main en main jusqu’à nous ; le saint concile, suivant l’exemple des Pères orthodoxes, reçoit tous les livres tant de l’ancien que du nouveau Testament, puisque le même Dieu est l’auteur de l’un et de l’autre ; aussi bien que les traditions, qui regardent la foi ou les mœurs, comme dictées de la bouche même de Jésus-Christ ou par l’Esprit-Saint, et conservées dans l’Eglise catholique par une succession continue, elles embrasse avec un égal sentiment de respect et de piété… Si quelqu’un ne reçoit pas, pour sacrés et canoniques, ces livres entiers avec toutes leurs parties, tels qu’on a coutume de les lire dans l’Eglise catholique, et tels qu’ils sont dans l’ancienne Vulgate latine, et méprise avec connaissance et de propos délibéré les susdites traditions, qu’il soit anathème.
II Du vrai rôle de la Bible : témoigner de l’Eglise du Christ
Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.
Evangile de st Jean 20:31
Philippe accourut, et entendit l’Ethiopien qui lisait le prophète Esaïe. Il lui dit: Comprends-tu ce que tu lis?
Il répondit : Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me guide ? Et il invita Philippe à monter et à s’asseoir avec lui.
Actes des Apôtres 8:31
1 L’impasse de l’Ecriture seule…
Le grand Cardinal St John Henry Newman, née protestant, érudit anglican, et qui se convertit au Catholicisme après de longues recherches sur le sujet, fut contraint d’admettre la chose suivante :
« Le sens commun de l’humanité ne fait que corroborer la conclusion que viennent de nous imposer les considérations d’analogie. Il sent que la vraie notion de Révélation implique un informateur et un guide présent, voire infaillible ; qu’elle ne consiste pas dans une déclaration purement abstraite de vérités jusque-là inconnues à l’Homme, ou dans un nouveau document historique, ou dans le résultat d’une fouille archéologique, mais dans un message et une leçon qui s’adressent à tel homme et à tel autre.
On le voit bien dans l’idée populaire qui a prévalu parmi nous depuis la Réforme, savoir, que la Bible elle-même est ce guide ; idée qui a réussi à renverser la suprématie de l’Église et du Pape, précisément parce qu’il s’agissait d’une autorité rivale, qui ne se bornait pas à résister à l’autre, mais tendait à la supplanter. Dans la mesure donc où nous nous apercevons qu’en fait le Livre inspiré n’est pas adapté ni destiné à remplir ce rôle, nous sommes** forcés de revenir à ce guide vivant et présent** qui, à l’époque où nous l’avons rejeté, était depuis longtemps reconnu par ses enfants comme l’interprète de l’Ecriture suivant les temps et les circonstances, comme l’arbitre de toute vraie doctrine et de toute sainte pratique.
Nous ressentons un besoin que l’Eglise seule, de tout ce qui existe sous le ciel, peut satisfaire.
On nous dit que Dieu a parlé. Mais où ? Dans un livre ? Nous l’avons interrogé, et il nous a déçus ; il nous déçoit, ce don très saint, ce livre béni, non par sa propre faute, mais parce qu’on lui fait jouer un rôle auquel il n’était pas destiné. La réponse de l’Éthiopien, lorsque Philippe lui demanda s’il comprenait ce qu’il était en train de lire, est la voix même de la nature : « Comment le pourrais-je, si personne ne me guide ? » (Act., VIII, 51.). Car par l’étude personnelle du Livre on a créé une multitude de sectes divisés et non pas un Eglise unie.
L’Eglise entreprend cette tâche ; elle fait ce que personne d’autre ne peut faire, et c’est là le secret de sa puissance…
En effet, si l’on nous demande pourquoi nous obéissons à l’Eglise en ce qui concerne la foi et ses développements, notre réponse naturelle sera : s’il y a une Révélation, il doit y avoir une autorité, et d’autre autorité que celle de l’Eglise, il n’en existe pas. Une révélation n’est pas réellement donnée, s’il n’y a pas une autorité pour décider ce qui est donné. Pour reprendre les paroles de saint Pierre à son divin Maître et Seigneur : « A qui irions-nous ? » (Jn, VI, 68.). Et nous en avons confirmation, ne l’oublions pas, dans les paroles expresses de l’Ecriture, qui appelle l’Eglise « le pilier et le fondement de la vérité » (I Tim., III, 15.), et lui fait cette promesse, comme par un contrat : «Mon esprit qui est sur toi, et mes paroles que j’ai mises dans ta bouche ne quitteront pas ta bouche, ni la bouche de ceux de ta race, ni la bouche de ceux de la race de ta race, dès maintenant et pour toujours » (Is., LIX, 21.).
Et si la revendication même d’un arbitrage infaillible dans les disputes religieuses est d’un tel intérêt, d’une telle importance à toutes les époques, combien davantage est-elle bienvenue, dans un temps comme le nôtre, où l’intelligence humaine est si affairée, la pensée si fertile et l’opinion si divisée ! Le besoin d’une suprématie spirituelle est aujourd’hui l’argument le plus fort pour prouver qu’elle nous est réellement fournie.
De même c’est aussi un argument que le prêtre et docteur en théologie François de Fennelon expliqua devant les Réformes :
« Comment voudrait-on qu’une femme de village ou qu’un artisan examinât le texte original, les éditions, les versions, les divers sens du texte sacré ? Dieu aurait manqué au besoin de presque tous les hommes s’il ne leur avait pas donné une autorité infaillible pour leur épargner cette recherche impossible, et pour les garantir de s’y tromper. […]
À force de raisonner, [les savants] sont encore plus dans le doute que les ignorants ; ils disputent sans fin entre eux, et ils s’entêtent des opinions les plus absurdes. Ils ont donc autant de besoin que le peuple le plus simple d’une autorité suprême :
qui rabaisse leur présomption,
qui corrige leurs préjugés,
qui termine leurs disputes,
qui fixe les incertitudes,
qui les accorde entre eux,
et qui les réunisse avec la multitude. »
**Prêtre François de Fennelon
Docteur en théologie 1689**
Il vient aussi au bon sens commun que la doctrine de « Sola Scriptura » devient un peu trop souvent « Sola mon interprétation Scripura ». Aussi quel grand drame si Dieu a laissé sa Révélation à la portée de la faiblesse humaine ! Prenez n’importe quel livre même un Harry Potter : vous pouvez l’interpréter comme vous le valez. Avez vous deja vu deux critique identique d’un même livre, ou d’un film, surtout si l’œuvre est très complexe ?** Alors la Bible ! 1000 ans d’Ecritures ! Imaginez donc !**
D’ailleurs cela se constate à chaque instant. Prenons n’importe quel sujet, mettons l’homosexualité. Nous avons trois « pasteurs » protestants qui nous disent, à ce sujet, des choses complètement différentes :
Mais ces soucis ne sont pas récents !
Déjà les Pères de la Réforme protestante, Luther, Calvin, Zwingli, Munster, se divisait sur un grand nombre de sujets. Un des exemples les plus connus étant sur l’Eucharistie, ou Luther et Calvin en sont presque venus aux mains :
« Mais alors, dit Luther, niez aussi la Bible, car c’est du Pape que nous la tenons. Nous sommes bien obligés d’avouer, tout protestants que nous sommes, que dans le papisme il est des vérités de salut, oui, TOUTES les vérités du salut, et que c’est de lui que nous les tenons, car c’est dans le papisme que nous trouvons la vraie Ecriture sainte, le vrai baptême, le vrai Sacrement de l’autel, les vraies clefs qui remettent les péchés, la vraie prédication, le vrai catéchisme, les vrais articles de foi. J’ajoute, en outre, que dans le papisme se trouve le VRAI CHRISTIANISME.
Martin Luther au Colloque de Marbourg, 1529, cité in Luther, Oeuvres, édition protestante d’Iéna, p. 408-409.
Merci Luther pour cet aveu !
Aujourd’hui encore les divisions vont bon train sur le sujet « la Bible seule » n’ayant pas répondu à ce sujet :
– Consubstantiation Lutherienne : Les luthériens croient que, lors de la célébration eucharistique, le corps et le sang de Jésus Christ sont objectivement présents « dans, sous et avec la forme » du pain et du vin : in pane, sub pane, cum pane (Formule de Concorde de 1577). Luther a explicitement rejeté la transsubstantiation en affirmant que le pain et le vin restaient pleinement pain et vin tout en étant pleinement chair et sang de Jésus Christ. Il a insisté sur la présence réelle (et non symbolique ou figurative) du Christ dans l’eucharistie. Sa doctrine doit toutefois être distinguée de la consubstantiation au sens strict : le corps et le sang du Christ, selon Luther et ses successeurs, ne sont pas contenus de manière locale dans le pain et le vin. Les substances ne sont pas unies de manière permanente, mais seulement dans le cadre du sacrement, d’où le terme d’« union sacramentelle ».
Présence spirituelle : Moins proche de notre conception que celle des Luthériens, les dénominations calvinistes, ce qui inclut les Églises réformées comme des Églises presbytériennes ou congrégationalistes, croient à la présence réelle mais l’expliquent sans avoir recours à la transsubstantiation, retenant la doctrine calviniste de la « présence pneumatique » : la présence du Christ dans la Cène n’est pas matérielle mais spirituelle, ce qui, pour des croyants, fait de la présence du Christ une véritable réalité. La mort sacrificielle du Christ est rendue « effective dans le croyant lorsqu’il prend part aux éléments dans la foi. »
– **Simple mémorial **: Certains protestants modernes considèrent que toute doctrine de la présence réelle relève de l’idolâtrie car elle reviendrait à vénérer du pain et du vin comme si c’était Dieu. Il n’applique la cérémonie dite « de la Sainte Cène » que comme simple mémoire des actions du Christ.
Mais avec l’ecclésiologie Réforme (ou plutôt son absence) nous constatons que c’est inévitable. Si chaque pasteur, théologien, et en définitive chaque chrétien détermine lui même ce que veut dire les Ecritures, on ne peut que régresser sur les dogmes établis à l’infini. Et ces divisions se trouvent à tout les niveaux :
Sur le sens du « salut par la foi seule » (accompagné ou sans les oeuvres, arminiens/calviniste, methodiste/baptise…)
Sur le pouvoir réel du pasteur
Sur la possibilité d’avoir des pasteurs femmes ou non
Sur la possibilité des icones, voir des arts en général
Sur le rapport hommes/femme en général
Sur le sens des sacrements, notamment du baptême.
Sur la possibilité de la perte du salut
Sur le rapport prédestination/libre arbitre
Sur une vision littérale, ou symbolique de la Bible (partiellement ou complètement)
Sur les règles d’excommunication…
Bref sans le garde fou du Magistère, la libre interprétation devient presque infinie !
Encore une fois St John Henry Newman y voyait là un vrai problème pour la cohesion de la Revelation :
De deux choses l’une : ou Dieu n’a pas donné de Révélation objective, ou il l’a pourvue des moyens d’imposer son objectivité au monde. Si le christianisme est une religion sociale, et il l’est à n’en pas douter, s’il est fondé sur certaines idées reconnues comme divines, sur un Credo (ce que nous supposons ici), si ces idées ont des aspects divers, font une impression différente sur les divers esprits, et aboutissent en conséquence à une multitude de développements vrais, faux ou douteux, comme nous l’avons montré, – quel pouvoir sera suffisant pour répondre à cette situation pleine de conflits, pour en juger, **si ce n’est une autorité suprême, apte à régir et à concilier les opinions individuelles en vertu d’un droit divin et d’une sagesse reconnue ? **
Dans une époque barbare, c’est par les sens qu’on se rend maître des volontés. Mais dans un siècle où la raison, comme l’on dit, est le critère de la vérité et du droit, il est clair comme le jour, pour quiconque est tant soit peu mêlé à la vie du monde, que si les choses sont laissées à elles-mêmes,** chaque individu aura ses vues personnelles et suivra son propre chemin ; deux ou trois seront d’accord aujourd’hui pour se séparer demain ; l’Ecriture sera interprétée en des sens opposés, et l’histoire, selon l’apologue, présentera aux uns son bouclier d’argent, aux autres son bouclier d’or ; les philosophies, les goûts, les préjugés, les passions, les partis, les caprices ne trouveront pas d’étalon de mesure commun, à moins qu’il n’existe un pouvoir suprême pour exercer sur l’esprit un contrôle et commander l’accord. »**
Si le christianisme est à la fois social et dogmatique, et s’il est destiné à tous les siècles,** il doit, humainement parlant, avoir un interprète infaillible**. Autrement, *vous assurerez l’unité de forme au détriment de l’unité de doctrine, ou l’unité de doctrine au détriment de l’unité de forme* ; vous aurez à choisir entre un agrégat d’opinions et une dispersion en partis, entre l’erreur des latitudinaires et celle des sectes. Vous pourrez être tolérant ou intolérant pour les divergences de pensée, mais vous aurez toujours des divergences.
L’Église anglicane préfère une uniformité creuse à une chaire infaillible ; et les sectes d’Angleterre, elles, préfèrent une division sans bornes. L’Allemagne et Genève ont commencé leur Réforme par la persécution, et ont fini dans le scepticisme. La doctrine de l’infaillibilité est une hypothèse moins violente que cette manière de sacrifier ou la foi ou la charité. Elle assure le but de la révélation, en ce qu’elle donne précision et force à son contenu… »
2 Le vrai rôle des Ecritures
Le rôle des Ecritures est triple :
Dieu se révèle dans les écrit inspirés : sa nature, son but, son rapport à l’Homme etc
**Le Christ s’incarne **: plénitude de la Révélation, il est le Verbe de Dieu venu racheter les péchés des Hommes par son sacrifice.
Le Christ fonde l’Eglise, soutenu par l’Esprit Saint en lui donnant un pouvoir infaillible de pardon des péchés, et de guide sur la foi.
Les deux premières prémisses ne sont pas critiqués par les protestants. Voyons voir si la Bible elle même, et les premiers chrétiens, y voyaient aussi la même chose.
L’Eglise a été spécifiquement fondée par Jésus-Christ, sur la personne de St Pierre, et des Apôtres
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai LES CLES du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Evangile selon St Matthieu 16 15-19
C’est une reprise de cette prophétie de l’Ancien Testament :
En ce jour-là, J’appellerai mon serviteur Eliakim, fils de Hilkija; Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ta ceinture, Et je remettrai ton pouvoir entre ses mains; Il sera un père (cf poppa/pape) pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda. Je mettrai sur **son épaule les CLES de la maison de David** :
Quand il ouvrira, NUL ne fermera ;
Quand il fermera, nul n’ouvrira.
Esaie 22 20-22
👉 Jésus confirme l’autorité de l’Eglise qui, en tant que dépositaire de la Vérité, a le pouvoir d’exclure des personnes de l’Eglise
S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
Evangile selon St Matthieu 18 15-18
Nous revoyons là que le pouvoir de lier et délier semble rappeler aux Apôtres, et ainsi apparaît une hiérarchie ou ces derniers vont pouvoir définir ce qui fait partis du dépôt de la foi ou non.
Plus loin l’Apôtre St Paul agis comme si ce pouvoir que Jésus donne lui avait été transmis. Ainsi dans plusieurs endroits il établis des règles dans l’Eglise, et indique la présence d’une hiérarchie dans les Eglises particulières, dont lui, représentant de l’Eglise universelle, règle le cadre :
Ne savez-vous pas que les fidèles jugeront le monde ? Et si c’est vous qui devez juger le monde, seriez-vous indignes de juger des affaires de moindre importance ?
Ne savez-vous pas que nous jugerons des anges ? À plus forte raison les affaires de cette vie ! Et quand vous avez de telles affaires, vous prenez comme juges des gens qui n’ont pas d’autorité dans l’Église !
Epitre de St Paul 1 Corinthiens 6:2-4
Très clairement il semble que la foi apostolique, issus des Apôtres, n’était pas « on est tous libres en Christ » mais que des règles hiérarchiques, dogmatiques et morales étaient imposés :
On entend dire généralement qu’il y a parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne se rencontre pas même chez les païens ; c’est au point que l’un de vous a la femme de son père ! Et vous êtes enflés d’orgueil ! Et vous n’avez pas été plutôt dans l’affliction, afin que celui qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous ! Pour moi, absent de corps, mais présent d’esprit, j’ai déjà jugé, comme si j’étais présent, celui qui a commis un tel acte. Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus, qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus. »
1 Corinthiens 5,1-5
Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques, non pas d’une manière absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec les cupides et les ravisseurs, ou avec les idolâtres; autrement, il vous faudrait sortir du monde. Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu’ai-je, en effet, à juger ceux du dehors ? N’est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger ? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous.
1 Corinthiens 5:13
« Le commandement que je t’adresse, Timothée, mon enfant, selon les prophéties faites précédemment à ton sujet, c’est que, d’après elles, tu combattes le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience. Cette conscience, quelques-uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi. De ce nombre sont Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés à Satan, afin qu’ils apprennent à ne pas blasphémer. »
1er Epitre de St Paul à Timothée 1,18-20
Rappelons nous sur ces trois éléments :
– Témoigner de la nature de Dieu et du Christ
– Nous raconter la Réconciliation qu’offre sa passion et sa Résurrection.
– Témoigner du pouvoir donné à l’Eglise, l’élection passant du peuple Hébreux à cette Eglise Sainte et Apostolique universelle.
C’est vraiment ce troisième point qui fait blocage dans le monde protestant. Dieu a choisi des êtres humains, précis, pour porter le Salut à d’autres Hommes. Cela est la volonté du Christ. Vraiment si vous reprenez tout les passages cités plus haut, on voit que c’est l’Eglise, très clairement, qui mène et dirige les chrétiens.
Je veux dire si la Bible, ou ne serait ce que le Nouveau Testament devait être le seul guide alors :
Pourquoi Jésus confie lés clés du Royaume des Cieux à un homme, et pas une Bible ?
Pourquoi Jésus n’a t’il pas passé plus de temps à écrire de lui même un livre qu’à prêcher ? Qui aurait remis en cause un écrit de sa main ?
Et si les clés offertes à St Pierre supposent, comme le disent certains, qu’il faut suivre les écrits de St Pierre et les suivre de manière absolue, pourquoi n’avons nous que 2 Epitres de sa part sur 27 livres du Nouveau Testament ? On a bien plus d’écrits de St Paul que de Saint Pierre, ou de Saint Jean !
Il me semble que la doctrine du « sola scriptura » ne soit pas même soutenu par la Bible elle même. Pour moi on est plutôt sur sur « Sola Ekklesia ». (Seule l’Eglise).
👉 **Jésus nous confirme que le rôle, la mission et le pouvoir de l’Eglise se poursuit bien après sa Passion et sa Résurrection **
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : «** Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus**. »
Nous constatons que les Apôtres, et eux seuls, non les 72 disciples réguliers de Jésus (qui ont pourtant reçu le pouvoir des miracles pendant sa prédication) ou les centaines de suivants, témoins de ces miracles, ont reçu le pouvoir de pardonner les péchés, ou au contraire de refuser ce pardon. Ainsi ce n’est pas seulement la foi en Jésus Christ qui sauve, mais bien le fait de recevoir ce pardon de la part d’un des ministres du Christ lui même. Là encore le Christ, même après sa Résurrection, témoigne d’une hiérarchie instituée et centralisée.
👉 D’ailleurs il confirme à St Pierre que lui aura la charge de ses brebis, et que à travers lui l’Eglise sera infailliblement dans la Vérité du Christ
Il lui dit une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois: Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois: M’aimes-tu? Et il lui répondit: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.
Evangile de St Jean 21:17
Le Seigneur dit: Simon, Simon, Satan t’a réclamés, pour te cribler comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères.
Evangile selon St Luc 22:32
👉 **Jésus indique que Son Eglise convertira toutes les nations du monde, d’un bout à l’autre de la Terre et rappelle qu’il la soutiendrait perpetuellement de manière surnaturelle. **
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
18 Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
On voit la quatre choses intéressantes :
Le Christ a « tout pouvoir au Ciel et sur la terre » et, comme on l’a vu plus haut, il a déjà transmis ce pouvoir à ses disciples.
Ce pouvoir « sera avec eux tout les jours jusqu’à la fin du monde » ce qui indique soit que les Apôtres seront immortels, soit que ce pouvoir sera transmis à travers Son Eglise.
Le baptême sera fait au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. La vraie Eglise devra donc avoir une formule de baptême trinitaire.
« apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé ». Cela signifie que le baptême ne suffit pas : il y aura une liste de commandements à respecter. On peut donc exclure les Eglises qui vendent des baptêmes rapides et disent que cela suffit pour le salut, avec la foi.
On peut aussi noter qu’elle fera « de toutes les nations des disciples « indiquant ainsi une présence mondiale ».
Conclusion : un problème insoluble pour les Protestants.
L’érudit protestant Keith Mathison admet que les arguments que nous venons de proposer sont des critiques dévastatrices vis-à-vis de ceux qui essaient de se créer un canon scripturaire en partant de l’Écriture seule. Pour lui, ceux qui acceptent cette charge « peuvent dire que seule l’Écriture fait autorité, mais ils ne peuvent pas dire avec autorité ce que l’Écriture est. Toute tentative de définir un canon en partant de l’Écriture seule serait automatiquement une négation du sola scriptura ». Cette affirmation rejoint exactement le point de vue de R. C. Sproul pour qui la Bible est une « liste faillible de livres infaillibles ». Mais cette position est tout simplement un aveu d’échec, car il semble qu’elle soit auto-réfutable : si la liste du canon est faillible, alors, par définition, les livres qui en font partie ne sont peut-être pas tous inspirés !
En conclusion, il nous faut retenir la chose suivante : pour déterminer le bon canon biblique, il est impossible de se servir de la Bible seule. La vérité est que, quand les protestants décident quels livres doivent être inclus dans la Bible, ils tentent de le faire sur la base de la Tradition. À un moment donné dans leur vie, quelqu’un leur offre une Bible et ils acceptent les livres qui sont contenus dedans : c’est littéralement un acte de tradition (c’est-à-dire un passage de génération en génération) des livres sacrés. Vous avez besoin d’une source extérieure qui vienne trancher avec autorité ce qui est inspiré et ce qui ne l’est pas. Sans autorité infaillible, une telle chose n’est pas possible. C’est pour cela que le Christ a fondé l’Église, une Eglise vivante, et lui a envoyé son Esprit dès la Pentecôte, et non pas ecrits des lettres !
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, et que le monde croie que tu m’as envoyé. »
Jean 17,21
Le problème inhérent au protestantisme est le même que celui de la crise d’adolescence : le rejet de l’autorité. Pourtant, l’autorité est nécessaire pour garantir l’unité de l’Église, telle que le Christ l’a voulue. Au contraire, le protestantisme est complètement divisé de l’intérieur.
Il admet de nombreuses dénominations souvent contradictoires, portant sur certaines doctrines très importantes. Les protestants qui disent se baser sur l’Écriture seule pour fonder leur doctrine sont incapables de s’accorder sur des sujets essentiels qui touchent aux sacrements, à la sotériologie (théologie du salut), à l’ecclésiologie (théologie de la nature de l’Église), à la régénération baptismale, à la prédestination, à la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, ou encore à la possibilité de perdre le salut après la conversion.
Ces sujets fondamentaux font l’objet d’immenses divisions entre les calvinistes, les baptistes, les luthériens, les pentecôtistes, etc. Pourtant, chacun prétend se fonder sur la Bible seule ! Il y a la l’apparition d’un problème majeur et insoluble.
😅 Ou comme je le dis souvent « si Dieu avait voulu diviser son Eglise et l’humanité, il n’aurait pas fait mieux que de balancer des écrits en disant : débrouillez vous pour découvrir quels sont les bons et ensuite pour les interpréter ! »
Car les Catholiques suivent l’Eglise fondée par le Christ tandis que les Protestants suivent des humains (au choix ) :
Luther n’aimait pas l’Église catholique, il a protesté et l’Église luthérienne a émergé au 16eme siècle.
Calvin n’a pas aimé l’église luthérienne et a fondé l’église réformée ou calviniste.
Zwingli n’aimait ni Luther ni Calvin et a fondé l’Eglise libérale qui finira par réduire le christianisme a un symbolisme.
Henri VIII n’aimait pas qu’on lui interdise de répudier sa femme legitime et de rompre son mariage catholique et fonde l’église anglicane.
John Smith n’aimait pas l’Église anglicane et a fondé l’Église Baptiste.
William Miller n’aimait pas l’Église Baptiste et a fondé l’Eglise Adventiste.
Elle White a vraiment aimé ce que William Miller disait et a fondé l’église adventiste du septième jour.
Charles T Russell n’a pas aimé l’église adventiste et a fondé les témoins de Jéhovah.
Joseph Smith n’a pas aimé l’église méthodiste et a fondé l’église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (les Mormons).
John Wesley n’a pas aimé l’Église anglicane et a fondé l’Église méthodiste.
John Armin a trouvé le méthodisme pas assez radical et a fait le mouvement Arminien.
Billy Graham n’aimait aucun de ce mouvement et a fondé les Evangéliques
Certains pasteurs n’ont pas aimé l’église méthodiste et ont fondé l’église pentecôtiste, qui va en sens contraire.
Beaucoup n’ont pas aimé l’église pentecôtiste et ont fondé des milliers de nouvelles sectes « comment arrêter de souffrir », assemblées de Dieu, sectes qui prêchent la prospérité financière, la richesse terrestre, etc.
Certains ne savaient au final plus si Jésus était Dieu ou non et ont fondé les Églises Unitariennes qui nient la divinité de Jésus.
D’autres se sont dit que la circonsition et la loi juive c’était sumpa finalement et sont devenus Nazoreens.
Et donc il y a désormais autant de protestantismes différents que de chrétiens différents ! 😅
je vous laisse sur cette réflexion :
I Ouvrons la Bible… mais laquelle ?
L’Église est une institution humaine, donc faillible disent les protestants. Les vrais chrétiens ne doivent pas se fier à elle. »
Si l’Église est une institution purement humaine et faillible, alors les protestants doivent se rebeller contre Dieu qui a choisi l’Église comme moyen pour révéler à l’humanité la Nouvelle Alliance (Hébreux 8:6-13 1, Éphésiens 2:14-16 2, Colossiens 1:18-22 3).
Si l’Église est une institution purement humaine et faillible, alors elle n’est pas « la colonne et l’appui de la vérité » (1 Timothée 3:15 4), alors elle ne reçoit pas l’Esprit de vérité promis par Jésus-Christ (Jean 14:16-17 5, Jean 14:26 5, Jean 16:13 6).
Si l’Église est une institution purement humaine et faillible, alors la prière de Jésus-Christ à propos de la foi de Pierre pour Son Église est vaine (Matthieu 16:18).
Si l’Église est une institution purement humaine et faillible, alors les portes de la Mort prévalent contre elle (Matthieu 16:18).
Si l’Église est une institution purement humaine et faillible, alors l’eunuque sur son char n’a pas besoin de Philippe pour comprendre Isaïe dans les Actes (Actes 8:30-31).
Si l’Église est une institution purement humaine et faillible, alors elle n’est pas « la colonne et le support » de la vérité (1 Timothée 3:15 4) ce qui fait de St Paul un meneur dans son épître à Timothée.
👉 Si l’Église est une institution humaine et faillible, alors Dieu aurait dû faire pleuvoir des Bibles sur les royaumes de Juda et d’Israël, ou bien laisser des piles de Bibles au tombeau vide pour que les femmes les découvrent (2 Pierre 1:20-21 7, 1 Timothée 3:15 4).
« Serviteur Erasme », ancien protestant converti au Catholicisme 2023
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