Matt. 4:1-11 — La tentation de Christ

« Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. » Matt. 4:1

Quand Jésus-Christ s’était dépouillé en prenant la forme d’un serviteur, en devenant un homme (Phil. 2:5-11), il ne s’était pas dépouillé de sa nature divine (impossible!), mais de l’utilisation indépendante de ses puissances divines, puisqu’il s’était rendu serviteur. En tant que serviteur humain, il accomplissait son ministère, non par ses propres pouvoirs, mais sous la direction et la puissance du Saint-Esprit (Mat. 4:1; 12:28). En tant que serviteur, il allait où le Saint-Esprit l’envoyait. Suivant son baptême, il était important, pour la cause de sa mission messianique, d’être tenté par le diable, et établir absolument sa légitimité morale à accomplir la tâche que Dieu lui avait donné.

Dans son évangile, Matthieu a commencé par établir la légitimité généalogique de Christ (son droit de régner de par son origine et sa naissance). Il a ensuite démontré l’approbation divine qui lui était donnée à son baptême. Maintenant, il va relater la légitimité morale que Christ avait à mener à terme son ministère.

Adam avait été tenté dans les conforts du jardin d’Eden, et a succombé. Jésus-Christ avait été tenté dans les rigueurs du désert, et a résisté. Mais plus que cela, c’est là dans le désert que la nation d’Israël avait été mise à l’épreuve, et a échoué. Jésus-Christ, citant Deutéronome, qui relate les responsabilités du peuple de Dieu afin de pouvoir servir Dieu fidèlement, pointe vers le fait qu’il devait réussir, là où la nation avait échoué. En citant et en pratiquant les divers responsabilités que mentionne Deutéronome, Jésus-Christ ressort de cette période de tentation dans le désert, comme le représentant parfait, l’Israël ultime, qui accomplira jusqu’au bout la volonté de Dieu, ayant passé par les rigueurs les plus durs de la tentation dans le désert.

Il y a trois tentations principales et ces trois tentations sont selon les trois sortes de convoitises qu’il y a dans le monde.

« N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. » (1 Jean 2:15-17)

Les convoitises du monde sont 1) la convoitise de la chair, 2) la convoitise des yeux, et 3) l’orgueil de la vie. Nous retrouvons ces trois convoitises quand Ève a succombé à la tentation de Satan.

« La femme vit que l’arbre était
– bon à manger
[la convoitise de la chair]
– et agréable à la vue
[la convoitise des yeux],
– et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence
[l’orgueil de la vie];
elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea.
» (Gen. 3:6)

LA CONVOITISE DE LA CHAIR – 4:3-4

« Le tentateur, s’étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit: Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matt. 4:3-4)

La tentation consistait de satisfaire sa chair sur la base qu’il était le Fils de Dieu. C’est-à-dire, utiliser le prorogatif, le privilège, d’être le Fils de Dieu pour satisfaire à sa faim, d’une façon indépendante.

La réponse de Jésus-Christ était d’utiliser la Parole de Dieu, spécifiquement Deutéronome 8:3.

« Il t’a humilié, il t’a fait souffrir de la faim, et il t’a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n’avaient pas connue tes pères, afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel. »

Sa réponse sous-entend son association avec l’humanité. Il se réfère comme homme. Non seulement il est le Fils de Dieu, mais il est aussi devenu homme. En tant qu’homme, il ne pouvait pas vivre de pain seulement. La vie était entièrement reliée à connaître et accomplir la Parole de Dieu. La Parole de Dieu est source de vie, et celui qui l’ignore, et/ou la transgresse, est coupé de la vie, même s’il continue de manger du pain le temps de la patience de Dieu… (voir Ps. 119:25, 107). Jésus, particulièrement en tant que le Messie, s’était fait homme par humiliation et par service, et pour se soumettre à la volonté du Père. Il n’était donc aucunement le temps de simplement se saisir de son privilège de Fils de Dieu pour indépendamment décider de satisfaire à ses besoins physiques.

Il était complètement discipliné quant à ses besoins physiques. Aucune satisfaction corporelle devait plier sous la tentation de la convoitise de la chair. Ses appétits corporels ne dictait aucunement à Jésus-Christ comment vivre. Il vivait pour la gloire de Dieu, pour accomplir sa volonté en tant que serviteur. Il refusait de « se la couler douce » sous prétexte qu’après tout, il était le Fils de Dieu.

Combien plus ne devons-nous pas renier les convoitises de la chair. Tout péché d’ordre corporel, que ce soit sexuel, que ce soit alimentaire, que ce soit soumettre son corps à des appétits destructeurs et contrôleurs, qui rendent esclavage, comme les drogues, la boisson, la cigarette. Jésus-Christ a vaincu la mort et le péché à la croix, et le chrétien peut et doit marcher en nouveauté de vie, et renier les convoitises de la chair: l’immoralité, la gourmandise, les mauvaises substances.

Un chrétien qui est contrôlé par sa chair, esclave des appétits de son corps, vit en contradiction à l’évangile. L’évangile parle de salut, de pardon, de liberté, de transformation. Se proclamer esclave par la pratique continuelle de la convoitise de la chair, et proclamer en même temps que Christ est notre Sauveur est une grande contradiction. Pour ceux qui sont sauvés, repentez-vous de vous adonner aux convoitises de la chair, et par obéissance et par la foi, brisez cette conduite blasphématoire. Utilisez, vous aussi, la Parole de Dieu pour combattre contre la convoitise de la chair. Citez-la, puis mettez la en pratique. La victoire est là!

Paul disait: « Je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même désapprouvé, après avoir prêcher aux autres » (1 Cor. 9:27). Soyons aussi des chrétiens hautement disciplinés.

L’ORGUEIL DE LA VIE – 4:5-7

« Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.
Jésus lui dit: Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.
» (Matt. 4:5-7)

La deuxième tentation consistait à inciter Christ à se permettre de tenter Dieu, en le forçant de s’occuper de lui en tordant une promesse des Ecritures. Puisque Christ avait utilisé la Parole de Dieu pour contrer la première tentation, alors Satan essaie d’utiliser lui aussi la Parole de Dieu pour faire chuter le Messie. Il cite le Psaume 91:11-12 pour inciter Christ à forcer la main de Dieu à se prouver qui il était. En se lançant du temple et en réclamant que Dieu devait le garder de se faire mal en tombant, il aurait tenté (dans le sens de tester) Dieu. Ça l’aurait certainement aidé aussi à se prouver à la nation Juive, de se révéler en haut du temple et de se jeter en bas sans se faire mal. Selon une tradition Juive, le Messie allait venir du haut du temple.

Devant l’utilisation tordue de Satan de la Parole de Dieu, Jésus-Christ utilise encore la Parole de Dieu, mais contrairement à Satan, il cite la Parole de Dieu droitement et dans toute sa force. Il démontre que l’utilisation que Satan en avait fait n’était pas légitime. On ne peut pas aveuglément utiliser un verset pour justifier ce qu’un autre verset condamne. On doit considérer l’ensemble des Écritures pour marcher droitement, et utiliser chaque passage sans en tordre le sens. Jésus-Christ a répondu avec Deutéronome 6:16.

« Vous ne tenterez point l’Éternel, votre Dieu, comme vous l’avez tenté à Massa. »

Tenter Dieu en faisant quelque chose qui nécessite l’action de Dieu, pour voir s’Il agira, est le contraire de la foi. Faire ce qui est juste et mettre sa confiance dans le fait que Dieu accomplira ses promesses est la solution. Faire ce qui est juste comprend de marcher humblement devant Dieu en se souciant de faire selon sa volonté, de faire selon les responsabilités qu’il nous a assignés.

Un jour, j’était au prise avec la même sorte de tentation de Satan ici. Dans un gymnase publique, dans les vestiaires, au début je fermais à clé mon casier. Mais ensuite, j’ai pensé que c’était par manque de foi, que Dieu était capable de garder mon casier protégé. Alors j’ai arrêté de la fermer à clé. Pas longtemps après, je suis revenu en moi-même, pour réaliser que c’était cela de tenter Dieu: Omettre de faire selon ses responsabilités, et forcer Dieu à prouver son bon caractère en protégeant mon casier. C’était mauvais de ma part que de négliger ce que je pouvais faire sous prétexte qu’il fallait faire confiance en Dieu. Par ensuite alors, j’ai fait selon ce que je pouvais pour protéger les biens que Dieu m’avait confiés, en barrant mon casier, puis je me confiais en Dieu selon qu’il pouvait garder mes biens, si c’était sa volonté.

Dans un sens plus large, cette deuxième tentation de Satan consistait à tenter Christ avec l’orgueil de la vie: de se prendre pour quelqu’un; de s’en permettre; de faire que Dieu doit s’adapter à nous, plutôt que nous à Dieu; de prendre une place démesurée et gonflée dans le plan de Dieu.

L’orgueil, par définition, est d’être centré sur soi. C’est un coeur avec « Le Grand MOI » écrit dessus. L’orgueil se manifeste par bien divers façons:

• Se prendre pour quelqu’un.
• Avoir une meilleur opinion de soi que la réalité.
• Penser que tout, ou beaucoup, nous est dû.
• Se prendre en pitié.  On mérite mieux que ce qu’on est, ou que ce qu’on a.
• Être concentré sur soi, plutôt que d’être concentré sur Dieu, et sur ses responsabilités, face à Dieu et autrui, par appréciation de ce que Dieu nous a fait, et par reconnaissance de qui il est: notre créateur, le Sauveur.  

L’orgueil se manifeste invariablement dans nos relations personnelles les uns avec les autres, puisque par définition, c’est d’être gonflé sur soi-même, au détriment de Dieu et d’autrui.

« C’est seulement par orgueil qu’on excite des querelles, Mais la sagesse est avec ceux qui écoutent les conseils. » (Prov. 13:10)

Faisons attention de ne pas simplement éviter les péchés charnels, plus visibles, et nous adonner aux péchés de l’esprit, plus nébuleux, mais tout autant destructeurs (2 Cor. 7:1). Rappelons-nous que le péché d’orgueil de David quand il a fait dénombrer le peuple avait eu des conséquences bien plus graves que même son péché d’adultère et le meurtre qui s’en est suivi (1 Roi 11; 1 Chron. 21).

LA CONVOITISE DES YEUX (Mat. 4:8-10)

« Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores. Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Matt. 4:8-10)

Satan a conclu ses tentations majeurs en tentant Christ avec le désir de pouvoir, de matériel, de posséder tous les royaumes du monde. C’était ce que Jésus-Christ allait avoir de toute façon, selon la promesse messianique de Psaume 2. Ce que Satan offrait, c’était d’avoir cette suprématie totale tout de suite, immédiatement, sans devoir passer par l’humiliation et l’obéissance de la croix, sans attendre le temps légitime de Dieu. Bien sûr que le mensonge consistait à cacher que cette suprématie offerte ne pourrait pas durer sur la base du péché.

Encore une fois, la réponse de Jésus-Christ se fait par la Parole de Dieu, Deutéronome 6:13-14. Jésus-Christ refuse catégoriquement cette solution qui l’introduirait à l’idolâtrie. Dieu seul mérite toute adoration. On ne doit adorer que Dieu seul. Jésus-Christ refuse donc le moyen facile d’avoir tous les biens du monde. En demeurant dans l’adoration unique du seul vrai Dieu, Jésus-Christ non seulement a refusé de se prosterner devant Satan, mais aussi de faire des richesses et du pouvoir son dieu. La cupidité, c’est-à-dire, l’amour de l’argent, est une forme d’idolâtrie selon Colossiens 3:5. En se prosternant devant Satan, il se serait aussi prosterné devant le dieu de l’or, de l’argent, et de la richesse. Par application, quant nous nous prosternons devant l’amour de l’argent, de l’or, et de la richesse, n’acceptons-nous pas par le fait même d’avoir part à une certaine force d’adoration de celui qui nous incite à une telle cupidité, à Satan lui-même. Satan a voulu depuis sa chute être semblable à Dieu. Il recherche l’adoration, une adoration complètement dérobée de sens, complètement injuste, fausse et illégitime. N’ayons donc aucune part à l’idolâtrie, sous toutes ses formes.

L’adoration de Dieu est donc jumelée au contentement. Le contentement est jumelé à la reconnaissance envers Dieu pour tout ce qu’il nous donne. Quand nous ne sommes pas reconnaissants, nous ne vivons plus dans le contentement, et notre adoration réelle est passée de Dieu à Mammon, le dieu de l’argent.

Rejetons la convoitise des yeux et attendons patiemment pour le temps légitime où Dieu nous donnera toute chose (Romains 8:32).

Ceci nous rappelle que la tentation de la convoitise des yeux, est en grande partie, une tentation d’avoir d’une façon précoce et avant le temps, ce qui nous sera donné d’une façon ultime si nous attendons le temps de Dieu. Les rachetés vont être très riches… au ciel! Nous allons marcher sur des rues pavés d’or! Nous régnerons avec Christ.

Il est de cet aspect temporel souvent aussi pour la convoitise de la chair et de l’orgueil de la vie. Les plaisirs du corps ne sont pas nécessairement mauvais en soi, mais pour la plupart, dépendant du temps dans lequel on les a. Les plaisirs sexuels sont légitimes dans le mariage. Pour le célibataire, il faut qu’il attende le temps où ces plaisirs deviennent légitimes. Pour le plaisir de manger, il y a un temps pour tout. Pour certaines personnes corrompues et débauchés, ils traduisent cela en pensant qu’il est toujours temps de manger. Mais pour l’enfant de Dieu fidèle, nous savons que nous pouvons apprécier la nourriture en proportion et dans les moments adéquats (voir 1 Tim. 4:3-5).

CONCLUSION

« Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.» (Matt. 4:11)

Les pièges de Satan, les mensonges de Satan, sont pour nous faire tomber. Ces armes? Trois armes principales: la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie.

Le monde se baigne et se vautre dans ses convoitises. Ils ont gobé tout rond, à divers degrés, toutes ces convoitises. Le monde autour de nous se gave de tout ce qui répond à leurs appétits du corps, à leur amour pour l’argent et le pouvoir, et pour leur orgueil.

Le chrétien qui aime Dieu n’a aucune part dans les convoitises du monde. Il ne succombe pas, d’une manière typique, à ces tentations de Satan (1 Jean 2:15-17). Quant il tombe, il confesse, et il se relève. Il a part à une vie différente, à une vie disciplinée, à un service et une adoration du seul vrai Dieu, humblement, patiemment. Sa méditation et sa mise en pratique de la Parole de Dieu l’aide à contrer les tentations.

Suivant ces trois tentations, Christ a été servi par les anges. Le moment de se faire servir et nourrir était venu, commandé par le Père. Satan se retire pour reprendre à d’autres moments ses tentations (Luc 4:13); en attendant, les anges servent Celui qui avait résisté à la tentation, et ils ne lui ont pas volé la victoire, en le servant à tort trop tôt.

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