C’est quoi une église? #7 — Une assemblée missionnaire, et non parasitaire.

Actes 13:2-3
« Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir. … »

Que Dieu veut-Il? Serait-ce une église qui continue à jamais à recevoir des fonds extérieurs (église parasitaire) ? Non, Il veut une église qui s’occupe non seulement de ses propres besoins, mais voit aussi à en commencer d’autres plus loin (église missionnaire).

(Lire et/ou télécharger le pdf de cette série d’étude [1 à 7])

Quand Dieu sauve et rajoute à l’église, c’est pour un but bien concret et immédiat: de croître et de pouvoir devenir un outil par lequel Il peut en sauver d’autres et les rajouter à leur tour à l’église.

Ce n’est pas le seul but bien sûr. Il y a le but de servir à la louange de la gloire de Sa grâce (Eph. 1:6). Ceci est tellement important; Il en répète l’idée trois fois de suite (voir aussi Eph. 1:12, 14).

Dieu ne sauve pas le pécheur pour qu’il reste centré-sur-soi. Au contraire, Dieu sauve pour qu’on apprenne à aimer, aimer Dieu de tout son coeur, et aimer son prochain comme soi-même. Dieu sauve pour nous rendre des personnes comme Lui, des personnes qui se sacrifieront pour nos prochains, pour ceux qui sont proches autant que pour ceux qui sont au loin.

La grande commission du Seigneur Jésus-Christ est la commission qui prime encore et toujours pour ses disciples :

Matthieu 28:19-21
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
20 et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.
»

Actes 1:8
« Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

L’Église de Jérusalem était une église qui prêchait l’Evangile, qui répandait la Parole de Dieu au point que les dirigeants Juifs antagonistes ont dit: « Ne vous avons-nous pas défendu expressément d’enseigner en ce nom-là ? Et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement … » (Act. 5:28).

L’Église de Jérusalem ne s’était pas encore répandue au-delà de Jérusalem, mais Dieu a permis qu’une persécution commence a les éparpillés.

Act. 8:1, 4
« … Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre l’Eglise de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie. […] Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole. »

Act. 11:19-20
« Ceux qui avaient été dispersés par la persécution survenue à l’occasion d’Etienne allèrent jusqu’en Phénicie, dans l’île de Chypre, et à Antioche, annonçant la parole seulement aux Juifs.
20 Il y eut cependant parmi eux quelques hommes de Chypre et de Cyrène, qui, étant venus à Antioche, s’adressèrent aussi aux Grecs, et leur annoncèrent la bonne nouvelle du Seigneur Jésus.
»

C’est d’Antioche que Dieu a commencé l’aspect missionnaire formelle qu’une église envoie des missionnaires, sous la direction du Saint-Esprit, pour implanter des églises au-delà.

Act. 13:2-3
« Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir. … »

Barnabas et Saul (dont le nom a été changé pour Paul) ont prêché l’Evangile, fait des disciples et ont organisé les disciples en assemblée (église) avec des dirigeants, puis sont retournés à Antioche rendre compte de leur oeuvre (voir Act. 13-14; 14:21-24, 26-27).

Pour devenir une église missionnaire, une église doit croître et apprendre à donner:
– Donner pour prendre soin de ses propres besoins (dirigeant(s) à plein-temps [Gal. 6:6], veuves [1 Tim. 5:16], autres besoins (local, etc), et ceux d’autres églises [2 Cor. 8-9].
– Donner pour envoyer des missionnaires (Phil. 4:10-19; 2 Cor. 10:15-16).

DONNER LA DÎME ET LES OFFRANDES.

La dîme n’est pas spécifiquement commandée dans les Épîtres du Nouveau Testament, mais le principe est largement établi dans l’Ancien Testament, à commencer par Abraham qui donna la dîme de tout ce qu’il avait à Melchisédek, le sacrificateur du Dieu Très-Haut (Ge.14:20).

Proverbes 3:9
« Honore l’Eternel avec tes biens, Et avec les prémices de tout ton revenu »

En Israël, la dîme était donnée aux Lévites, pour qu’ils soient à temps-plein au service du culte de Dieu. Les Lévites qui recevaient la dîme n’en étaient pas exempts eux-mêmes. Ils donnaient la dîme de ce qu’ils recevaient (Nom. 18:26; Néh. 10:38).

La dîme est question d’honorer Dieu, de Lui donner par honneur et confiance la première part de ce qu’Il nous permet d’avoir. Par la dîme, nous déclarons que nous reconnaissons que ce qu’on a vient de Dieu; nous reconnaissons non seulement qu’Il nous a donné assez pour vivre mais qu’Il nous a donné aussi ce qu’Il faut pour l’honorer, c’est-à-dire, Lui donner la dîme, puisque ce que Dieu commande, Il en pourvoit le moyen de le faire.

Ne pas donner la dîme, donc, est de Lui voler la part qui Lui revient, la part qu’Il nous a donnée pour qu’on Lui rende cette honneur (voir Malachi 3:8).

Mat. 22:21
« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Dans les Epîtres, Dieu révèle clairement Son plan que les pasteurs soient à temps-plein dans le ministère pour s’occuper sans distractions de la Parole et de la prière (voir Actes 6:2-4).

1 Cor. 9:14
« De même aussi, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’Evangile de vivre de l’Evangile. »

Galates 6:6
« Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne. »

Le plan de Dieu, c’est que Son peuple l’honore avec la première part de ses revenus. Ce n’est pas pour une partie de l’église, mais pour toute l’église (les membres), chacun selon ses revenus, que ces revenus soient larges ou minces, pour les membres autant que pour les dirigeants. C’est le principe d’honneur dû à Dieu selon ce que chacun a pour vivre. Ce n’est pas à l’église de vérifier qui donne quoi; ce sont des dons volontaires dans la discrétion de sa relation avec Dieu (voir Mat. 6:1-3) – on répondra tous devant Dieu chacun pour soi-même au tribunal de Christ (2 Cor. 5:10). Mais c’est à l’assemblée, ensemble, d’utiliser ce qui est donné pour voir à ses responsabilités financières, en particulier de permettre à ses dirigeants d’être à temps plein dans le ministère pour s’adonner sans distractions à la Parole et à la prière.

Les églises du Nouveau Testament ne devaient pas uniquement voir à leurs besoins financières internes, elles étaient aussi encouragées à considérer les besoins externes. Un exemple qui est donné spécifiquement dans les Epîtres du Nouveau Testament est le besoin créé par une grande famine dans la Judée. Les églises en Macédoine et en Grèce avaient l’occasion d’aider leurs frères et soeurs dans la foi à travers cette situation spéciale (2 Cor. 8-9). L’Apôtre Paul encourage spécifiquement l’Église de Corinthe à démontrer la preuve de leur amour en mettant à part de quoi envoyer à ceux de la Judée. Il prend en exemple les églises de la Macédoine qui ont donné même s’ils n’étaient vraiment pas riches eux-mêmes, parce qu’au fond, ils s’étaient déjà donnés à Dieu, et ce qui venait de leur poche n’était qu’une extension de leur don-de-soi à Dieu.

2 Cor. 8:1-5 « Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui s’est manifestée dans les Eglises de la Macédoine. 2 Au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont éprouvées, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités de leur part. 3 Ils ont, je l’atteste, donné volon-tairement selon leurs moyens, et même au delà de leurs moyens, 4 nous demandant avec de grandes instances la grâce de prendre part à l’assistance destinée aux saints. 5 Et non seulement ils ont contribué comme nous l’espérions, mais ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu. »

IMPLANTATION D’ÉGLISE.

Comment passer d’être une église « subventionnée » à une église qui « subventionne » ?

Au début, le missionnaire arrive, étant soutenu par des églises qui ont choisi de prendre part à l’oeuvre missionnaire (Voir 1 Cor. 9:12-15; 2 Cor. 11:8-9).

À mesure que des gens se convertissent et se joignent à l’église, à mesure qu’ils croissent, et commencent à donner à Dieu, ils prennent du nombre et de la maturité pour devenir responsables.

Quand ils sont assez nombreux, et fidèles, l’église aura assez de dons pour pouvoir s’occuper de ses besoins internes et être autonome, et ensuite s’engager dans les missions pour la propagation de l’Évangile encore plus loin (2 Cor. 10:15-16). Le missionnaire pourra aller plus loin commencer une autre église; l’église continuera avec son propre pasteur, et pourra s’impliquer à son tour en commençant à envoyer elle aussi des missionnaires. C’est le modèle biblique.

Si l’église n’est jamais enseignée à donner, ou reste froide à cet enseignement et ne devient pas fidèle à donner, l’église continuera à recevoir des fonds extérieures, ou fonctionnera peut-être à petit-feu, ne donnant pas ce qu’il faut à leur pasteur pour être à temps-plein. Elle ne pourra jamais devenir une église forte et mature pour accomplir les buts de Dieu pour l’église locale. Il en sera comme d’un adulte qui en sera toujours aux biberons et aux couches…

LE BUT DE DIEU: DONNER POUR FAIRE DES DONATEURS.

2 Corinthiens 8:9
« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. »

Le but de Christ n’était pas simplement de nous enrichir. Le contexte est clé. Dieu ne dit pas ce qu’Il dit dans ce verset pour que les Corinthiens soient simplement contents d’avoir été enrichis. Bien plutôt, Dieu donne l’exemple de Son Fils, pour que les Corinthiens, à leur tour, deviennent généreux aussi, avec ce que Dieu leur a pourvu, et sacrifient volontairement de leurs biens et de leurs richesses pour en bénéficier d’autres.

2 Cor. 8:24
« Donnez-leur donc, … la preuve de votre amour… »

2 Cor. 9:7, 11
« 7 Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. […]
11 Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toute espèce de libéralités qui, par notre moyen, feront offrir à Dieu des actions de grâces.
»

Dieu ne nous sauve pas pour qu’on reste centré-sur-soi, cherchant à voir ce que les autres peuvent faire pour nous, mais pour qu’on devienne des personnes aimantes, cherchant à avoir ce que l’on peut faire pour les autres. Il veut sauver les perdus pour ne pas qu’ils continuent à être de tendances parasitaires, qui profitent des autres, mais pour qu’ils deviennent des personnes aimantes et responsables, qui aident les autres. C’est le bon plan de Dieu.

Ephésiens 4:28
« Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu’il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. »

De même au niveau de l’église entière, Dieu ne veut pas que l’assemblée soit parasitaire, et continue à vivre à long terme de fonds extérieurs, mais que l’église devienne une église qui donne leur dîme et offrandes fidèlement, pour devenir non seulement autonome, mais aussi, une église qui se reproduit et commence d’autres églises, une église missionnaire.

ÉGLISE QUI DONNE OU ÉGLISE QUI STAGNE?

Église réveillée, vivante, qui donne vie.
ou
Église malade, endormi, ou mourante.

Apprenons un peu de l’histoire. Avec l’apport du soutien financier missionnaire étranger, bien des églises baptistes françaises 1850-1910, ne sont pas devenus autonomes comme elles le devaient. Il y avait même des grosses églises, comme celle de la rue de Lille, à Paris, l’Eglise Évangélique Baptiste de Paris, qui avait un lieu de culte de 700 places, mais qui a continué à recevoir toujours et encore des fonds missionnaires pour le salaire de leurs pasteurs… (Voir Sébastien Fath, Thèse doctorale, Une autre manière d’être chrétien, Tome 1, p. 300-308; Tome 2, p. 293, pour les détails de ce qu’on résume ici.)

Cette situation n’était pas normale et a prôné aussi l’ingérence dans la vie de l’église par ceux qui pourvoyaient à leur bourse et un manque de fidélité au principe congrégationaliste que l’on voit dans la Parole de Dieu. De fait, à un moment donné, l’ABFMS, la société missionnaire qui subventionnait l’église, rue de Lille, fait partir son pasteur, Philémon Vincent, qui avait pourtant l’appui de la forte majorité de l’église. Faisant abstraction des causes, qu’elles soient justifiées ou non, c’était de l’ingérence dans ce qui aurait dû à ce point-là de la vie de l’église, une affaire interne. Cette forte majorité décide donc de partir avec lui et fonder une autre église… Même s’ils reçoivent un peu d’entraide d’autres églises françaises, ils deviennent essentiellement indépendant et autonome, par nécessité. Mais malheureusement, semble-t-il, non par conviction biblique, car quelques années plus tard cette église revient dans le giron de la société missionnaire de l’ABFMS et commence à recevoir, elle aussi, du soutien financier de celle-ci.

Au contraire donc, Dieu veut que les églises, à mesure qu’elles grandissent suffisamment, deviennent pleinement indépendantes et autonomes, en vue de pouvoir cesser d’être de celles qui reçoivent des fonds extérieurs (tendance parasitaire), pour devenir celles qui font aller encore plus loin l’Evangile et commencent de nouvelles églises plus loin, qui, avec le temps, sauront mûrir assez, si Dieu le veut bien, et grandir assez pour devenir à leur tour des églises missionnaires, et non parasitaires.

CONCLUSION: C’EST QUOI UNE ÉGLISE?

Nous avons vu dans cette série d’études qu’une église, au sens biblique, est, à partir de la Pentecôte, une assemblée de personnes qui professent de par leur baptême de s’être repenti et avoir cru en Jésus-Christ, et qui, en dépendance du Seigneur, s’unissent pour former un corps, indépendant et autonome, une communauté, généreuse et sacrifiante, qui se tiendra ensemble pour offrir le culte, l’obéissance, et le témoignage dont Il est digne en vue de grandir jusqu’à pouvoir se reproduire en d’autres églises locales formées plus loin dans la quête à l’accomplissement de la grande commission de Seigneur Jésus-Christ.

Qu’en est-il de vous? Vous êtes-vous converti à Christ? Vous êtes-vous fait baptiser pour témoigner de votre foi en Lui? Vous êtes vous joint à une église locale biblique? Etes-vous devenu, d’une personne centrée-sur-soi, une personne centrée sur Dieu et sur autrui? Travaillez-vous à en enrichir éternellement d’autres de ce qui vous a été donné? Utilisez-vous vos ressources à cette fin, ou comptez-vous sur d’autres pour cela?

(Lire et/ou télécharger le pdf de cette série d’étude [1 à 7])


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4 réflexions au sujet de « C’est quoi une église? #7 — Une assemblée missionnaire, et non parasitaire. »

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