Prêcher même sous menace — 14 mai

AUJOURD’HUI DANS L’HISTOIRE DES BAPTISTES. 14 MAI.

John Leland est né le 14 mai 1754, à environ soixante kilomètres à l’ouest de Boston. Nous avons contemplé avec émerveillement la vie féconde que notre Seigneur lui a accordée aux débuts de notre République. En 1787, alors qu’il était âgé de trente-trois ans, il avait sans doute atteint l’apogée de sa réussite. La visite du colonel Samuel Harris, dirigeant des baptistes séparatistes, avait touché son cœur. Il raconta que, grâce au ministère de Harris, il avait compris et saisi l’importance et la puissance de la prière, et que le Seigneur lui avait redonné confiance en lui, lui assurant qu’Il allait agir avec puissance pour répondre aux besoins spirituels des habitants du comté d’Orange, en Virginie.

Une école de danse avait été ouverte dans son quartier, et elle exerçait une influence spirituellement néfaste. À la fin d’un culte de prédication le dimanche matin, le pasteur Leland annonça qu’il avait ouvert une école de danse et qu’il jouerait de la musique pendant que les anges chanteraient, si ceux-ci voulaient bien danser le repentir à genoux. C’était une façon de parler, et les gens avaient compris. Son audace prit l’assemblée par surprise, et bientôt des foules commencèrent à affluer pour entendre l’homme de Dieu. Solennité, sanglots et soupirs caractérisaient l’auditoire, et ceux-ci laissaient place à des larmes de repentir.

En conséquence, le pasteur Leland commença à œuvrer dans une zone de trente kilomètres bordée par les comtés d’Orange, de Culpeper, de Spottsylvania et de Louise. Lorsque l’œuvre s’essoufflait dans un quartier, elle éclatait avec puissance dans un autre. Il semblait y avoir une expérience continue de la bénédiction céleste d’octobre 1787 à mars 1789. Au cours de cette période, Leland baptisa environ 400 personnes. En fait, 300 personnes furent baptisées rien qu’en 1788.

Bien sûr, Satan n’était pas content. Dans la partie sud de cette région, un homme furieux prit son fusil et fit savoir qu’il allait tirer sur l’homme de Dieu. Il semble qu’il avait donné son consentement pour que sa femme soit baptisée, et la cérémonie était prévue. L’homme, cependant, avait changé d’avis, et la menace de meurtre était réelle. Le service commença, et John Leland entra dans l’eau avec la dame. Une alerte fut donnée : l’homme arrivait avec son fusil. Un détachement d’hommes alla à la rencontre du mari furieux pour tenter de l’apaiser. Connaissant les circonstances, le pasteur Leland baptisa la candidate sans hésitation. Heureusement, le mari furieux n’atteignit jamais son but.

Une autre fois, une dame invita le pasteur à prêcher chez elle un certain soir. Lorsqu’il arriva à la porte, son fils, qui était capitaine dans la milice, vint à la rencontre du prédicateur et lui demanda de ne pas se plier aux souhaits de sa mère. John Leland demanda au jeune homme s’il pensait avoir raison de lui imposer une telle injonction. Le capitaine répondit : « Non. Je sais que j’ai tort, et je m’attends à être damné pour cela ; mais je l’ai dit, et je tiendrai parole. » Le mari vint lui aussi à la porte et insista pour que le prédicateur poursuive comme prévu. John Leland entra dans la maison et les gens commencèrent à se rassembler. Sur ce, le jeune capitaine se retira, mais non sans proférer des menaces. Alors que le service commençait, le capitaine se précipita dans la maison comme un forcené. Il tira son épée de son fourreau et s’écria : « Laissez-moi tuer ce maudit vaurien ! »1 Alors qu’il s’apprêtait à frapper l’homme de Dieu, il glissa et la pointe de l’épée lui transperça le genou ; il fut rapidement maîtrisé. En réalité, ce qui s’était passé, c’est que Mme Leland, voyant l’intention du jeune capitaine, avait serré ses bras autour de son coude, et c’est ainsi que le coup manqua sa cible. De plus, elle lui tint le bras, le rendant impuissant jusqu’à ce que les hommes le désarment. Prenant une lanterne, ceux qui s’étaient rassemblés sortirent dans la cour, et Leland prêcha comme si de rien n’était.

Nous devons admirer la sainte audace dont fit preuve John Leland. En même temps, nous ne pouvons nous empêcher de nous demander si une telle audace ne serait pas nécessaire face à la grande apathie qui caractérise aujourd’hui une grande partie d’oeuvres chrétiennes.

David L. Cummins (This Day in Baptist History III) Traduit et reproduit avec permission.

  1. J. B. Mcinturff, Editor, The Old Paths (New Market, VA: Henkel & Company, 1891), 146. ↩︎

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