Philémon VINCENT, son « Manuel de religion chrétienne » et la dérive des églises baptistes

Critique et exposition de son pseudo-christianisme
par Pasteur Raymond

Actes 20:29-30
29 Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau,
30 et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux.

– l’Apôtre Paul aux anciens d’Éphèse.

(Lire et/ou télécharger cet en format PDF)

Les enseignements controversés de Philémon Vincent sur les peines éternelles et sa dénégation de celles-ci sont ce qui semblent ressortir le plus en ce qui le concerne de ce qui est retracé dans l’histoire du mouvement baptiste français, mais tristement ses faux enseignements sur ce sujet ne sont que la pointe de l’iceberg d’un panoplie de faux enseignements.

Quand on fait l’analyse de son « Manuel de religion chrétienne » à la lumière de la Parole de Dieu, on commence à comprendre plus comment sa formation théologique auprès de professeurs de tendance libérale a créé un genre de synthèse, de croisée, entre la théologie humaniste et naturaliste libérale et la foi évangélique qu’il a entendue dés sa jeunesse. Tristement la foi qui en ressort, un naturalisme à sauce évangélique, n’est qu’un pieux faux-évangile non-biblique.

____________________________

Auguste Sabatier (1839-1901)
Selon [Auguste Sabatier], la foi religieuse naît d'une aspiration de l'esprit humain vers un idéal qui s'exprime sous la forme d'un certain nombre de croyances pouvant prendre la forme de dogmes religieux, et que ceux-ci se succèdent dans un ordre non quelconque. Il est le fondateur du symbolo-fidéisme, courant de pensée dû à son association avec Eugène Ménégoz.

Il insiste sur le fait que le monde a changé depuis les débuts du christianisme en sorte que la terminologie décrivant la foi biblique sont incompréhensibles pour le peuple d'aujourd'hui. Il soutient que le christianisme a toujours adapté ses formes et son langage aux situations culturelles particulières qu'il rencontrait et aux modernismes de chaque époque.

Un deuxième point clef de sa pensée est le rejet d'une croyance religieuse fondée sur la seule autorité biblique. Toute la croyance doit passer le filtre de la raison et de l'expérience, et l'esprit doit s'ouvrir aux faits nouveaux, aux événements et aux vérités, quelle qu'en soit la source. Aucune question n'est close ou déterminée et la religion ne peut être un domaine protégé contre l'examen critique. Si la Bible est l'œuvre d'auteurs intégrés et déterminés par leurs contextes historique et social, ce texte n'est ni surnaturel ni l'infaillible dépôt de la révélation divine; le livre n'a rien d'inhérent et ne possède aucune autorité absolue. L'essence du
christianisme remplace l'autorité de l'écriture et des institutions ecclésiales. [Wikipédia]

________________________________

C’est de l’intérieur, donc, de l’assemblée des croyants que Philémon Vincent est venu et, de là, il a attiré à sa suite – à sa dérive – nombres disciples et églises vers un évangile tronqué et ouvert à bien des opinions. En effet, Philémon Vincent était le fils du pasteur baptiste pionnier du Nord de la France, François Vincent. Sa mère était Evelyne Cadot Vincent, fille du pasteur baptiste Aimé Cadot. François et Evelyne étaient venus au Seigneur par le témoignage du pionnier baptiste de Jean-Baptiste Crétin (voir Notes & Récits sur les origines des églises baptistes dans le nord de la France… par Aimé Cadot).

Tristement, il a choisi d’être formé à la nouvellement formée Faculté de théologie protestante de Paris, sous Auguste Sabatier, un moderniste, qui enseignait, conjointement avec Eugène Menegoz, ce qui allait être appelé plus tard le Symbolo-fidéisme.

« Auguste Sabatier: ‹ Issu du camp évangélique, mais ouvert à toutes les grandes tendances théologiques du temps, sa “pensée souple, tout en nuance”, donne corps à ce que l’on a appelé le ‹ symbolo-fidéisme ›, option théologique proposant une interprétation symbolique des Évangiles et des miracles de Jésus-Christ. » [Fath, Thèse doctorale, p. 53].

Pour sa part, Menegoz développa plus la deuxième partie du Symbolo-fidéisme. Fidèle à son modernisme, il redéfinit, même si pieusement, la foi comme étant « la consécration de l’âme à Dieu », et la distingue des croyances qu’une personne pouvait avoir – ce qui annule complètement tout côté objectif de la vérité, et de la confiance en cette vérité…

« Pour [Menegoz]], l’homme est uniquement sauvé par sa foi et non par ses croyances, bien qu’il ne rejette pas l’importance de ces dernières en tant que moyen pédagogique d’appréhender la théologie. Ainsi, il rejette les confessions de foi et les discours théologiques, car ils ne seraient que l’expression d’un temps et d’individus donnés… »[Wikipédia]

[Critique du symbolo-fidéisme https://theotex.org/perl/theotex_pgsvg.pl?bk=babut_fideisme#top ]

Même si Philémon Vincent lui-même ne gobe pas pour lui-même la perspective Symbolo-fidéiste, on voit l’influence du modernisme déteindre clairement dans ses croyances et le mener à dévier des vérités bibliques de l’Évangile.

Quand Philémon Vincent est consacré pasteur au temple baptiste, rue de Lille, le dimanche 13 juillet 1884, c’est M. Lichtenberger, doyen de la faculté de théologie protestante de Paris, à qui on a demandé de donner l’allocution. [Fath, Thèse, tome 3, p. 125]

Même s’il était très proche de la famille, des parents, Jean-Baptiste Crétin, on peut comprendre, n’y alla point. [Ibid]

Après quelques années de pastorat à l’Église Baptiste de St-Etienne, Philémon Vincent devient le pasteur de l’Eglise Baptiste de la rue de Lille, à Paris, en 1888. L’église connaît une croissance significative (en 1879, ils sont 120 membres, en 1891, 135 membres, puis en 1892, autour de 200 membres [Fath, Tome 1, p. 267-270]).

L’Église Baptiste de la rue de Lille avait été commencée en 1839 par un groupe de croyants de convictions baptistes. En 1873, avec l’aide financière de l’ABFMS et de baptistes anglais, dont Charles Spurgeon, l’église s’est érigée un lieu de culte et un auditorium de 600 places, au 48, rue de Lille.

Ruben Saillens devient pasteur d’une nouvelle église parisienne en 1889, l’Église Baptiste de la rue Saint-Denis, qui elle aussi connaît une grande croissance (ils sont 215 membres en 1892 [Fath, p. 269-270]).

Philémon Vincent et Ruben Saillens travaillent ensemble dans certains projets, dont particulièrement l’Union Missionnaire Baptiste de Paris (1890-1893), une union à l’initiative de la mission américaine.

Mais ils prennent leur distance assez rapidement.

En effet, une crise est commencée par des accusations de Philémon Vincent à l’égard de Ruben Saillens quant à des inconduites financières et autres dans sa gestion. Cette crise mène la mission ABFMS [American Baptist Foreign Missionary Society (La société baptiste américaine des missions à l’étranger)] qui soutenait les deux églises à mener une enquête et sa conclusion ne soutient pas le bien-fondé des accusations. Refusant d’en démordre, Philémon Vincent désavoue cette conclusion, ce qui le place dans une position évidemment délicate avec la mission.

L’ABFMS décide de lui annoncer qu’à partir du 1er novembre 1895, il ne pourra plus être pasteur de l’église. Ceci est une ingérence malheureuse et non-biblique de la mission. L’église n’aurait jamais dû être dans la position qu’elle était, avec ses 200 membres et plus, à ce stade, de recevoir des fonds missionnaires. Les fonds missionnaires sont pour l’implantation d’une église selon le modèle du Nouveau Testament, et ne devraient pas être continués à long-terme. Sinon, ça créé ce genre d’ingérence impropre de la part de la mission vis-à-vis de l’église locale. Rappelons-le: la garde de l’église est au pasteur (1 Pierre 5:1-4), pas à une mission, ou à une dénomination, ou toute autre organisation religieuse. En contre-partie, le pasteur lui-même, doit être discipliné avec soin et sérieux par l’église s’il y a départ de la saine doctrine ou de saine pratique (1 Tim. 5:19).

D’ailleurs, ce qui s’est passé, c’est que Philémon Vincent avait l’appui de la plupart de son église et donc la majorité des membres ont quitté l’église de la rue de Lille pour commencer une autre église avec Philémon Vincent comme pasteur. Celle-ci deviendra connue par la suite comme l’Eglise Evangélique Baptiste de l’avenue du Maine. Celle-ci, à travers les dons sacrificiels de ses membres, a pu pourvoir au besoin de leur pasteur et se construire un lieu de culte, ce qui démontre que les fonds missionnaires empêchaient l’église de devenir indépendante, comme elle aurait dû le devenir. Car rappelons-le, le modèle de la Bible est qu’à travers les dîmes et offrandes volontaires des membres, une église implantée s’occupe de son pasteur, ou de ses pasteurs, et de ses propres frais, sans compter par la suite ses dons missionnaires pour faire aller l’évangile encore plus loin (voir 1 Cor. 9; Phil. 4).

Mais revenons au problème bien plus fondamental, celui de l’enseignement de Philémon Vincent. Il est triste que la mission n’ait pas sonnée l’alarme. Il est encore plus triste que l’assemblée baptiste de la rue de Lille ait choisi Philémon Vincent comme pasteur, sans s’assurer ou se soucier trop de la rectitude de ses croyances et de ses enseignements. Il est triste que beaucoup d’autres pasteurs aient suivi ou du moins toléré la direction de l’enseignement de Philémon Vincent.

Il est vrai que c’est peut-être plus facile de voir ces choses avec le recul que l’on a et comment s’est manifestée plus clairement avec le temps la direction que prenait Philémon Vincent dans ses croyances (son « Manuel de la religion chrétienne » ne sera publié qu’en 1905). Aussi, le fait qu’il venait « de l’intérieur » ne doit pas être oublié, et le vestige de bon enseignement et de bons principes de foi qui étaient dans ces milieux étaient encore fort, ce qui est évident à voir les belles et fortes paroles qui ont été communiquées en soutien au pasteur Vincent quant il a été démis de sa fonction pastorale par l’ABFMS (pour un aperçu évident de cela, voir Fath, Thèse, p. 303-304).

Mais la piété autant apparente qu’elle fût dans les propos de soutien à leur pasteur et la façade impressionnante d’un tel succès d’implanter une autre église et se construire un grand lieu de culte n’étaient pas du tout causes suffisantes à justifier l’insouciance doctrinale qu’il y avait. Tant de gens qui professaient l’évangile étaient endormis ou négligents face à leur devoir biblique qui les incombaient de discerner correctement les problèmes fondamentaux que nous verrons sous peu dans ce que Philémon Vincent croyaient et enseignaient.

LA DÉRIVE AU SEIN DES ÉGLISES BAPTISTES

Cette insouciance chez certains et cette tolérance chez d’autres se fait remarquer par les efforts dans ces temps-là de créer une union baptiste entre les églises baptistes de France. Lors des premières tentatives d’union entre les diverses associations plutôt régionales de France, tentatives qui eurent lieu grosso-modo en 1890-1895, ce n’était pas les problèmes concernant le genre d’enseignement qui se donnait dans certaines églises qui causa souci, mais plutôt le fonds non-réglé des accusations de Vincent à l’égard de Ruben Saillens.

Ainsi, quand, en 1900, il y a un accord généralisé de laisser tomber les divergences quant à ces affaires-là (voir Fath, Thèse, I, p. 308-309), il y a un regain d’efforts à établir une union baptiste. La mission ABFMS est en bonne partie la source d’instigation de ces efforts, car elle est impliquée dans le soutien des églises de part et d’autres, autant du spectre régionale que théologique; elle soutient les églises du Nord de la France, dont plusieurs qui sont de tendances plutôt modernistes, et des églises dans les autres régions de la France, dont nombre sont très conservatrices théologiquement parlant. D’ailleurs, il serait bien de noter ici que « l’Église baptiste de l’Avenue du Maine conduite par Philémon Vincent est pleinement réintégrée dès 1900 dans l’ensemble soutenu par l’A.B.F.M.S. » (Fath, Thèse, vol. 1, p. 308). Ceci est triste, à plusieurs égards, non seulement par rapport au retour en arrière vis-à-vis des principes d’autonomie ecclésiastique qui aurait dû être poursuivie selon le modèle biblique, mais aussi, encore plus tragiquement, vis-à-vis du manque de vigilance doctrinale et l’esprit inclusif, syncrétiste, dont fait preuve la mission ABFMS.

Tristement, nous devons aussi faire remarquer que ces deux faiblesses et manquements n’étaient pas juste dans l’ABFMS, mais aussi généralisées dans les pasteurs et leurs églises, incluant ceux et celles qui étaient les plus conservateurs et conservatrices. Car leurs sensibilités théologiques n’étaient pas assez pour éteindre en soi à ce moment-là les efforts à faire progresser la tentative d’union des églises baptistes de France. Ces efforts avaient déjà été formalisés dans le fondement de l’Union Baptiste, en 1890, mais cette Union opérait plus administrativement qu’autres choses. Le fait qu’il continuait d’y avoir des efforts pour développer de plus en plus l’union de façon plus tangible et pratique entre les diverses églises baptistes, qui incluaient déjà des pasteurs et des églises aux enseignements pernicieux comme ceux de Philémon Vincent, marquait une nette faiblesse à l’égard de la vigilance doctrinale pour l’Évangile et la saine doctrine à laquelle Dieu appelle les pasteurs et les églises dans tous les âges (Philip. 1:27).

Le réveil de 1905 du pays de Galles a donné un souffle de revitalisation au mouvement des églises baptistes, mais encore là, la direction de dérive du mouvement progresse tout de même. Car malgré plus d’entrain dans l’évangélisation et les oeuvres missionnaires, le sel a continué a perdre peu à peu de sa saveur à bien des places, et la vigilance doctrinale de ce qu’est l’Evangile n’a pas été pas suffisamment au rendez-vous de ce nouvel élan de propager cet Evangile. Car ce n’est pas tout de propager un message, mais aussi faut-il que le message soit le bon message à propager. Ce n’est pas à dire que l’Evangile, droitement donné, était totalement absent des mini-réveils en France suivant 1905. Non, pas du tout. Dans bien des cas, c’est bien l’Evangile qui était propagé, mais cette faiblesse de manque de vigilance doctrinale va contribuer à la lente dérive doctrinale dans le mouvement des églises baptistes de France.

Un des effets du réveil du pays de Galles et son entrain dans les églises baptistes de France s’est traduit particulièrement à Paris d’un désir de renouveler l’entente et la communion entre les trois églises baptistes principaux, 1) l’Eglise de la rue de Lille, de laquelle était partie Philémon Vincent, 2) l’Église de la rue du Maine que Philémon Vincent avait commencée et dont il était le pasteur, 3) et l’Église Baptiste de la rue Saint-Denis, que Ruben Saillens avait commencée et dont il était le pasteur.

Ce regain d’entrain après 1905 vers l’entente et l’union est ressentie au-delà de Paris, à travers le pays et un congrès est organisé pour le 11 et 12 juin 1905; beaucoup d’églises répondent à l’appel. Le congrès de Pentecôte, comme il fût appelé, tenu à Paris, à l’Eglise de la rue de Lille, reçut près de 300 à 350 congressistes, venant principalement des églises baptistes du Nord de la France, mais « toutes les tendances et toutes les régions y étaient représentées », comme nous relate l’historien Sébastien Fath (p. 321). Celui-ci continue en relatant aussi :

« Philémon Vincent, d’un naturel habituellement pondéré, fut emporté d’enthousiasme. L’occasion lui laisse “dans le coeur un immense espoir”219 qu’il exprime dans un éditorial de La Pioche et le Truelle . . . Quant au vieil Aimé Cadot, président du congrès (avec trois vice-présidents, Ruben Saillens, Rausch et J.Carlier, pasteur à la rue de Lille), il pouvait relever le profond besoin manifesté d’une communion rapprochée entre baptistes de tous horizons ». (Fath, p. 321).

De tous horizons… est justement le problème, quand ces horizons incluent de tels enseignements que ce qu’on voit dans le « Manuel de la religion chrétienne » de Philémon Vincent.

Ce n’est pas que personne n’avait remarqué les enseignements que Vincent et d’autres enseignaient depuis déjà belles lurettes. Justement, le fait que « de tous horizons » est invoqué, les divergences de directions théologiques étaient bien connues, même si justement, ils ne voulaient pas vraiment en reconnaître la signification de la portée.

Ceci va ressortir particulièrement quand il y a un retour à essayer d’approfondir la coopération à travers l’Union Baptiste après la première guerre mondiale. Au Congrès de 1920, tenue le 26 juillet 1920 à Paris à l’Église de la rue de Lille, l’effort portera particulièrement à créer conjointement une école de formation théologique pour la formation de pasteurs et d’ouvriers.

À ce niveau, les deux tendances et directions générales que prenaient les deux camps que formaient ensemble la trentaine d’églises représentée à ce congrès étaient celles-ci : le camp des églises du nord (franco-belge), appuyé par le leadership inclusif de la mission ABFMS, qui détenaient largement les cordons de la bourse, était derrière une approche inclusive des diverses positions doctrinales présentes au sein des églises baptistes pour mieux travailler ensemble, tandis que l’autre camp, celui des églises de l’Association Franco-Suisse, était soucieux d’avoir une école de formation biblique qui tiendrait clairement à l’autorité divine et plénière de la Bible, et la saine doctrine qui s’en suit.

Le problème n’était pas que les faux enseignements comme ce qu’enseignait Philémon Vincent sur les peines éternelles (ou plutôt sur le non-lieu des peines éternelles) n’étaient pas reconnus et rejetés, mais plutôt que ce rejet n’allait pas suffisamment loin. On acceptait de faire parti d’une union où de tels enseignements étaient donnés, mais on ne voulait pas d’école de formation biblique qui permettrait à des professeurs d’enseigner ce genre de choses.

L’opposition la plus évidente dans ce sens venait d’Arthur Blocher, le gendre de Ruben Saillens, et de son épouse, Madeleine Blocher-Saillens. Arthur était depuis 1905 pasteur de l’église baptiste que Ruben Saillens avait fondée en 1889. Cette église était devenue occupante à partir de 1911 des lieux du 48, rue de Lille, et à cette occasion donc, en 1920, elle accueille le congrès de l’Union Baptiste.

Et leur opposition est scellée avec la décision de se retirer de l’Union Baptiste. Mais aucune autre église de l’Association franco-suisse ne suit pour l’instant.

Maintenant il est de plus louable pour les Blocher et leur église baptiste d’avoir été fermes à ne pouvoir soutenir qu’une école de formation biblique qui serait claire sur sa position de croire et enseigner la pleine autorité de la Bible en tant que la Parole de Dieu. D’autres vont suivre l’année d’après, dans le congrès de 1921, et, menés par Robert Dubarry, ils vont former en 1923 l’Association des Eglises Évangéliques Baptistes de langue Française (AEEBF).

Mais la question qui n’a pas été soulevée à ce moment-là était vis-à-vis de la nature exacte des faux enseignements de Philémon Vincent et d’autres de ces églises. Personne à ce moment-là ne semblait vouloir même soulever la question à savoir si la foi de Philémon Vincent était selon le vrai Évangile ou non.

Philémon Vincent était un pasteur d’une très grande influence et acceptation au sein des églises baptistes de la fédération Franco-Belge. Il faisait partie à part entière à l’Union Baptiste et était présent en personne lors de leur congrès de 1920, loin d’être reconnu et exposé comme le loup en habit de brebis qu’il était (cf. Act. 20:29-30).

Mais de toute apparence, le discernement approprié concernant la nature même de ces faux enseignements et leurs implications à fausser jusqu’au message même de l’Evangile était singulièrement manquant, que ce soit par ignorance ou par négligence.

Voici ce qu’Arthur Blocher a écrit dans une lettre pour expliquer sa décision de sortir de l’Union.

« (…) La première place devant être donnée à la Bible, Parole vivante de Dieu, je ne pouvais admettre qu’on supportât l’erreur sous prétexte de support fraternel. Après une nuit de réflexion et de prières, j’envoyais au Dr Franklin ma démission. Je vous l’ai envoyée ensuite, car pour travailler dans l’harmonie au salut des âmes il ne suffit pas, à mon avis, d’être d’accord sur certains “enseignements suprêmes, essentiels au salut” mais il faut être d’accord sur l’autorité de la Bible intégrale dans laquelle nous n’avons pas le droit de choisir ce que nous devons croire ou rejeter. Je demande à Dieu de hâter le temps où nous serons unis sur ce point. Ce sera mon bonheur, et celui de l’église de la rue de Lille de rentrer dans l’Union Baptiste dès que n’y seront plus admises que les églises bâtissant sur le fondement de la Bible intégral, ce qui rendra impossibles les séances telles que nous les avons eues à notre dernier congrès.» [Arthur Blocher, Lettre à Paul Pelcé, le 3.9.1920, op. cit., pp.4-5. (Fonds Blocher-Saillens)(Cité par Fath, p. 366-367)]

Même s’il est réjouissant qu’Arthur Blocher ait trouvé l’autorité de la Bible intégrale si importante, il est néanmoins attristant que sa prise de position n’ait pas été plus loin, comme il aurait fallu. Car il est évident qu’Arthur Blocher ne doutait aucunement que lui et Philémon Vincent s’entendait sur les « enseignements suprêmes, essentiels au salut ». On peut comprendre donc pourquoi ils étaient dans la même union pour si longtemps.

Nous pouvons comprendre, jusqu’à un certain point, par la manière qu’il parlait souvent, comment Philémon Vincent fût accepté comme un confrère, même parmi les plus conservateurs des pasteurs baptistes de ce temps-là. Nous verrons plus loin spécifiquement les enseignements plus détaillés de Philémon Vincent, dans son Manuel de religion chrétienne, mais ici, citons-le pour donner un exemple à quel point il parlait quasiment le même langage pour ce qui concerne l’Évangile. Ses paroles sont très pieuses.

« Cher frère,
Ne soyez pas anxieux au sujet de ma théologie. A propos de Jésus-Christ, je prêche et enseigne qu’Il est Dieu, manifesté dans la chair. Qu’en Lui est la plénitude divine. Je crois à sa naissance virginale, à son expiation pour nos péchés, sa résurrection corporelle, son ascension. J’ose affirmer qu’il n’y a pas en France d’école de théologie plus conservatrice que la nôtre, exceptée peut-être celle de nos frères méthodistes que je ne connais pas du tout. Depuis 30 ans je prêche et j’écris sans scandaliser ni troubler quiconque. Naturellement, j’ai ma façon d’expliquer tous les faits chrétiens mais je les considère comme des faits. Parmi les pasteurs de l’Association franco-suisse, il y a longtemps que plusieurs ont pris position contre les peines éternelles, et voient dans le livre de Jonas un récit allégorique. Cependant, M.Blocher était membre de leur comité. Cette différence théologique n’est pas la cause de son retrait. Le motif de son attitude présente doit être cherché ailleurs.” [Philémon Vincent, lettre au Dr Franklin, 2 septembre 1920, citée par Michel Thobois, lors de sa conférence historique lors de la Pastorale de l’Association Évangélique des Églises, 21-24 avril 1987 » (Cité par Fath, p. 369-370)]

Même si ce qu’il dit sonne très évangélique par moment, il y a quand même une indice importante qu’il avait sa propre manière de voir ces choses… puisqu’il le dit carrément : « naturellement, j’ai ma façon d’expliquer tous les faits chrétiens ». Cette façon de personnellement expliquer tous les faits n’a pas sa place. Notre tâche est de comprendre ce que Dieu dit dans Sa Parole, la Bible. Même si aucun deux chrétiens auront la même exacte compréhension de ce qui est écrit sur tout ce qui est écrit dans ses détails, il n’en est pas moins absolut que ce n’est pas à nous d’y mettre une tournure personnelle, et le fruit de cette approche est dans les faux enseignements naturalistes que nous voyons dans son « Manuel de religion chrétienne », comme nous verrons ci-bas. Cette façon de « personnaliser » la foi, l’enseignement de la Bible, est peut-être ce que son biographe, Robert Farelly, voulait dire quand il a parlé de « l’ingénuité de sa foi… »

« (…) Initié par ses maîtres à l’exercice de la méthode historique et de la critique scientifique des textes, il avait su conserver néanmoins son indépendance intellectuelle et l’intrépide ingénuité de sa foi. Ses adhésions clairvoyantes à certaines des positions de la science, il les avait subordonnées aux exigences de sa foi. Sans crainte et aussi sans reniements, il avait pu accepter d’un regard lucide et ferme ce que la science apporte de secours et de renfort à une foi ardente, nourrie aux sources spirituelles ». [Robert Farelly, Philémon Vincent, Méditation sur sa vie et son oeuvre, Paris, Les Livres Bleus, s. d., p.17 (cité par Fath, p. 294)]

Donnons un autre exemple de la manière que Philémon VINCENT pouvait sonner très pieux.

« Le vent du réveil souffle partout, l’air spirituel que nous respirons est un air de réveil. Nos Églises seront-elles les seules à ne pas profiter des bénédictions qui s’annoncent? Des Églises exclusivement composées de croyants ne sont-elles pas les plus qualifiées pour prendre la tête d’un si glorieux mouvement? Autrefois, nous pouvions excuser nos faibles progrès en prétendant que l’union des Églises rivales avec l’État nous créait une situation méprisée et difficile. Aujourd’hui la séparation des Églises et de l’État nous met sur le même rang que les Églises concurrentes. A nous de montrer, par une vitalité supérieure, la valeur de nos principes, et de prouver au monde que la vérité scripturaire est bonne à suivre en matière ecclésiastique comme dans tout domaine religieux et moral ». (Philémon Vincent, éditorial “Le Réveil et nos Églises”, La Pioche et la Truelle, n°236, 1er août 1905, p.1. [Cité par Fath, Thèse, p. 316-317])

Mais avec ses paroles pieuses venaient aussi le reste de son enseignement qui commençait à déroger aux doctrines bibliques dans lesquelles, jusqu’à là, les églises baptistes croyaient. Lui, et d’autres, ont ouvert le bal dans ces changements d’enseignement, et ceux qui étaient favorables ou tolérants à ces changements n’y voyaient qu’une souplesse doctrinale.

Par exemple, Aimé CADOT, dans ses Notes et récits se montre favorable à Philémon Vincent et sa direction souple… Il était poli envers Jean Baptiste Crétin mais de toute évidence soutenait l’ouverture théologique au sein des églises baptistes. L’historien baptiste Fath remarque à ce propos dans sa thèse.

Ce type de critique « en creux » se retrouve en particulier dans les Notes et récits… d’Aimé Cadot, pasteur de Chauny (baptisé par Jean-Baptiste Crétin, il était rattaché à la famille Vincent). Après avoir fait le portrait du rigoureux Crétin, à la « nature sage, recueillie, perspicace, allant au fond des choses » 138, il lui oppose un peu plus loin le portrait de Victor Lepoids, d’un « caractère aimable, accommodant, toujours prêt aux concessions charitables, en vue de la paix », d’un « esprit tolérant », d’un « coeur gai et bienveillant »139. En soulignant avec tant d’insistance la tolérance et l’ouverture conciliante de Lepoids (ainsi que sa gaieté), il fait ressortir toutes les qualités qui faisaient peut-être défaut selon-lui au baptiste « strict » Crétin, qui, sans être un diviseur, était cependant moins porté à une tolérance bienveillante qu’à l’ardent souci de faire jaillir la vérité dans la controverse… [Fath, p. 291]

Mais quelle est la nature de cette « souplesse » théologique? Pour ceux qui ne la trouvaient pas particulièrement problématique, ils ont continué d’emboîter le pas à cet élan de largesse doctrinale. La Fédération d’Églises Évangéliques Baptistes de France a été inclusive dès le départ, car c’était en somme les églises qui voulaient continuer à s’associer et travailler dans l’Union Baptiste avec Philémon Vincent et d’autres qui enseignaient comme lui, ne voulant pas considérer ses enseignements comme des choses pernicieuses. La Fédération n’est jamais revenue de son adoption d’une largesse d’esprit et son refus de se tenir pour et proclamer le vrai évangile, se satisfaisant de croire sans croire à la Bible. La Fédération est membre de l’Alliance Baptiste Mondiale, qui depuis son départ ne tient pas pour le vrai évangile, mais pour le faux évangile d’un message inclusif d’un christianisme générique, propre à chacun.

Pour ceux qui y voyaient des problèmes assez graves, même si non fondamentaux, ils sont soit devenus indépendants (comme l’église baptiste du pasteur Arthur Blocher) ou ont commencé l’Association des Églises Évangéliques Baptistes de France.

Mais les problèmes de son enseignement sont fondamentaux, et vont au coeur de ce qu’est l’Évangile.

_______________________

CRITIQUE ET CITATIONS

Dans son Manuel de religion chrétienne, Philémon Vincent expose ses pensées et ses enseignements sur Dieu et sa vision du christianisme.

Pour vous permettre de voir pour vous-même les faux enseignements de M. Vincent, son manuel est disponible intégralement à l’adresse ou lien ci-après. Aussi, nous en faisons nombre de citations ci-bas, celles qui sont les plus clairement faussées ou problématiques. Nous n’avons pas tout commenté de ce qui mériterait d’être commenté, nous n’avons commenté que sur ce qui est le plus flagrant.

https://eglisebibliquebaptistematoury.fr/wp-content/uploads/2026/01/manuel-de-religion-chretienne-philemon-vincent-annotee.pdf

RÉSUMÉ DES COMMENTAIRES

Comme vous pourrez voir, même s’il écrit parfois en des termes très forts de l’amour de Dieu, de Sa grâce, de sa foi en Jésus, de sa foi en l’Évangile, etc., il enseigne de fausses doctrines sur plusieurs points :

  • Il écrit d’une perspective naturaliste (humaniste) et inclusive. Non seulement il n’appelle jamais la Bible la Parole de Dieu, encore moins la considère-t-il la Parole infaillible et autoritaire de Dieu; plutôt il dit « ce livre est-il depuis longtemps l’instrument.de choix dont Dieu se sert pour amener les hommes à sa connaissance » (page 46). Ceci n’est pas anodin, car 1 Thessaloniciens 2:13 est claire que la vraie foi est de reconnaître que la Parole de Dieu est réellement la Parole même de Dieu, et non pas la parole des hommes. « C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » Sans cette foi que la Bible est réellement la Parole même de Dieu, il n’est donc d’aucune surprise que nous retrouverons dans l’enseignement de Philémon Vincent les autres problèmes graves qui suivent. Mais, comme vous le verrez, son naturalisme est plus que juste sur la nature de ce qu’est la Bible, mais sur son contenu et ses enseignements.
  • Il a une fausse conception de la Trinité, présentant à la place de trois personnes en un seul Dieu l’idée d’un genre de modalisme unitarien qui serait quelque chose comme ceci: il y a un seul Dieu et le côté de Dieu qui est transcendant, c’est le Père; le côté immanent de Dieu, c’est le Saint-Esprit, et pour ce qui est de Jésus, Dieu nous est venu en Jésus. Il en découle beaucoup de faux enseignements sur Dieu, sur la personne de Jésus-Christ (e.g. Jésus était un « homme possédé du Dieu immanent »(p. 134), et sur la personne du Saint-Esprit.
  • Il contredit la Parole de Dieu aussi quand il enseigne que l’Humanité (avec H majuscule, selon lui) fait un tout, que Dieu va sauver. Pour ce, donc, il enseigne à tort l’annihilationisme, qui permet qu’à la fin toute l’Humanité soit sauvée.
  • Ses enseignements sur l’Église et les temps de la fin sont faussés, et vont dans le sens que l’Église va faire entrer le royaume, avec l’évangile et les bienfaits dans la société qu’elle apporte.
  • Ses enseignements sur le salut et la conversion sont aussi tordus; la repentance et la foi sont des choses que Dieu donnerait aux gens; M. Vincent ne parle pas dans le sens biblique que la repentance est un bris de coeur, une réelle et profonde tristesse selon Dieu que Dieu commande aux pécheurs d’avoir envers Lui (2 Cor. 7:10)… que la foi est une confiance à avoir envers Dieu, sans laquelle il est impossible de lui être agréable (Héb. 11:6), que la foi est de se confier dans ce que Dieu a dit et révélé (1 Jean 5:10-12; 1 Thess. 2:13). Pour ce qui est de la conversion, ça se fait, selon lui, consciemment ou inconsciemment, petit à petit, ce qui, encore une fois, est contraire à ce que la Parole de Dieu enseigne sur le sujet (Jean 5:24; Rom. 13:11).
  • Il tord aussi gravement l’enseignement biblique sur la conséquence de ne pas se convertir à Christ de son vivant, et sur les peines éternelles des perdus, ce qui annule les avertissements de Dieu concernant le besoin de se repentir et de croire avant que vienne le jugement, après la mort (Apoc. 20:11-15; Héb. 9:27; Mat. 7:13-14).

En somme, de par ses traditions humaines, il annule la Parole de Dieu, comme les Pharisiens faisaient dans Matthieu 15:1-6.

« Il leur répondit : Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ?… Vous annulez ainsi la Parole de Dieu au profit de votre tradition. » (Mat. 15:3-6)

« Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ. » (Colossiens 2:8)

_______________________

CITATIONS du Manuel de religion chrétienne

EXEMPLE DE PAROLES QUI SEMBLENT TRÈS ÉVANGÉLIQUE.

« Définition de la foi évangélique. — La foi évangélique a pour objet la personne de Jésus-Christ. Elle consiste à recevoir avec une confiance parfaite ce que Jésus nous donne. Or, il nous donne :
lº Le pardon de Dieu, qu’il nous a mérité par son sacrifice rédempteur, et avec le pardon, l’assurance du salut et la paix de l’âme,
2º Surtout il se donne aussi lui-même à nous; car il vient habiter par son Esprit dans notre coeur, afin de nous communiquer son caractère, son amour de Dieu, son amour des hommes, et son espérance céleste. » (p. 14).

COMPRÉHENSION INCLUSIVE DU CHRISTIANISME

« Nos frères catholiques … » (pp. 17, 54)

« Cependant la vraie foi et la vraie charité ne restèrent jamais sans représentants sur la terre; toujours le Christ vivant eut ses témoins dans le monde : tantôt dans le sein même de l’Eglise romaine, certains moines tels que saint Bernard, saint François d’Assise, ou certains groupes d’humbles chrétiens, comme les Amis de Dieu; tantôt, en dehors de la communion romaine, rejetées et persécutées par elle, d’importantes agglomérations religieuses telles que les Cathares ou Albigeois, remarquables par l’austérité de leur vie, les Vaudois, qui rejetaient la messe, le purgatoire, le culte des saints, et qui se vouaient à la diffusion des saintes Ecritures ». (pp. 252-253)

[[Le fait que M. Vincent est inclusif de diverses groupes qui tenaient à des enseignements contradictoires et opposés sur l’Évangile, est une indication d’un problème fondamental à sa conception de la vérité.]]

SA PERSPECTIVE EST NATURALISTE

« Les idées qu’ils [les païens] ]se font de la divinité sont parfois très grossières, mais tous l’adorent. La croyance en dieu est donc un élément caractéristique de la nature humaine ». (p. 22)

[[Les païens ne font pas juste adorer grossièrement Dieu, mais ils sont rebelles et incrédules et remplacent la vérité par leur mensonge (Rom. 1:18-32)]].

« comme lorsque les Réformateurs au nom de l’Evangile renouvellent la Chrétienté,…» (p. 44)

« A notre sujet elle [la conscience] révèle de tristes réalités, à savoir que nous sommes très souvent rebelles… Que nous sommes souvent les pauvres esclaves de l’égoïsme, de l’orgueil, de la sensualité, …» (p. 44)

[[La Bible nous dit que nous sommes plus que « souvent » esclaves du péché, nous le sommes foncièrement (Jean 8).]]

« Chaque peuple a sa vocation et ses aptitudes. — Dans l’antiquité nous voyons le peuple Grec doué d’aptitudes pour les belles-lettres et les beaux-arts, qu’il a portés à la perfection, et qu’il a enseignés au monde entier. Le peuple Romain eut un autre rôle : il fixa les principes du droit, et il les transmit au reste du monde. Le peuple Hébreu fut le mieux doué au point de vue moral et religieux, et il demeure sous ce rapport, par ses prophètes, par son Messie, par ses apôtres, par sa Bible, l’éducateur de l’Humanité.

« De même chacun des peuples modernes a sa vocation et ses aptitudes, par lesquelles il concourt, sous le regard de Dieu, au bien de l’Ensemble.. Quand même il ne saurait pas exactement quel est son rôle spécial dans le développement et le progrès de l’Humanité, il suffit qu’il travaille de son mieux dans tous les domaines qui lui sont ouverts : religion, morale, législation, littérature, arts, sciences, agriculture, industrie, commerce, navigation, pour qu’à la fin il se trouve avoir répondu aux desseins de la Providence, et servi non seulement son véritable intérêt, mais celui de toute la Race humaine. » (pp. 74-75)

[[De sa perspective naturaliste, le peuple Hébreu est considéré comme un peuple parmi tant d’autres, qui a des prouesses qui lui sont propres, autant que d’autres peuples ont leurs prouesses qui leur sont propres… Il est très loin de considérer le peuple Hébreu comme Dieu en parle dans Sa Parole, comme le peuple de Dieu, distinct, saint, parce que Dieu l’a déclaré et l’a mis à part, ayant été confié les oracles même de Dieu… (Lév. 20:26; Rom. 3:2)]]

« Le récit de la chute. — Le récit de la chute dans l’Ancien Testament nous a été laissé par les premiers adorateurs du Dieu juste et bon, pour nous représenter comme en un tableau, l’entrée dans le monde du péché d’abord, puis de la souffrance et de la mort. Il nous avertit que le premier pas dans la voie du péché, c’est le doute; le second, c’est l’incrédulité; le troisième, c’est la convoitise. L’homme chercha le bonheur et la gloire dans la désobéissance.* Dès lors, tous les maux fondirent sur lui, et nous verrons bientôt que par solidarité, sa Race entière fut entraînée dans sa chute. » (p. 81)

[[Il ne présente pas le récit de Genèse 3 comme un fait historique…]]

« Les prophètes. — L’une des apparitions les plus remarquables au sein du peuple hébreu fut celle des prophètes. Leur fonction primordiale n’était pas prédire l’avenir, mais de développer au sein de leur nation une connaissance de plus en p1us exacte et de plus en plus riche de Dieu, et de son caractère ». (p. 93)

[[La manière d’introduire les prophètes est très naturaliste, quasiment évolutive : une apparition très remarquable. Pourquoi ne pas croire directement que Dieu a envoyé ses prophètes, et qu’ils ont donné la Parole de Dieu , comme Dieu le dit…?]]

page 98

CONCEPTION NATURALISTE ET ERRONÉE SUR JEAN-BAPTISTE

« 3ºA l’égard de Jean-Baptiste aussi Jésus est absolument indépendant. — Il le considère il est vrai comme un prophète envoyé de Dieu, « et plus qu’un prophète » ; toutefois Jean n’est pas arrivé à la pleine lumière evangé1ique. Il a bien vu que pour entrer dans le Royaume de Dieu il est indispensable da pratiquer la justice; mais pour lui comme pour les Juifs, le Royaume est encore un Royaume qui s’établira par un coup de force, qui transformera les opprimés en oppresseurs, et qui le délivrera, lui Jean, de sa prison. Il se scandalisa de la manière dont Jésus comprenait sa mission. Il n’a pas vu que le Règne de Dieu ne s’établit qu’en amenant progressivement tous les coeurs à la justice, c’est-à-dire à la piété morale, et qu’il consiste exclusivement dans l’amour de Dieu, dans l’amour du prochain, et dans la pratique universelle de la solidarité. Il a rapproché les deux idées de justice et de Royaume de Dieu, et c’est là sa grandeur; il ne les a pas identifiées, et c’est là sa faiblesse. » (p. 119)

[[Cette conception est si loin de la vérité. Jean Baptiste est venu pour rendre témoignage à la lumière (Jésus, le Fils de Dieu, le Dieu incarné) pour que tous crussent par lui (Jean 1:7) et a introduit le Messie comme l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1:29).]]

LE NATURALISME APPLIQUÉ À JÉSUS…

« Il est pourtant inférieur au Père. — En tant qu’homme possédé du Dieu immanent, il est inférieur au Père. » (p. 134)

[[Jésus n’était pas du tout un homme possédé du Dieu immanent. Jésus était Dieu, carrément, et il est devenu chair (Jean 1:1-18). La différence est totale. (Voir plus ci-bas sous Christologie)]]

NATURALISME – NOS ORIGINES ET L’ANCIEN TESTAMENT

[[Il contredit la Bible (Gen. 1-2), Dieu lui-même (Ex. 20:11) et Jésus-Christ lui-même (Mat. 19:4) en ne présentant pas les choses comme étant directement suscitées et créées par Dieu, de la création du monde et de l’univers jusqu’à la création du peuple d’Israël, etc… À la place, il parle comme si tout s’est développé peu à peu tout seul, une conception évolutionniste, humaniste et naturaliste…, et définitivement anti-biblique.]]

« Histoire de la terre. – L’histoire de la terre est tragique. Elle était autrefois un globe de matières en fusion. Peu à peu elle se refroidit : les vapeurs d’eau qui l’entouraient se condensèrent partiellement pour former les mers. Puis le va-et-vient des eaux et les érosions de la croûte terrestre ont rendu possible la formation du sol et la création de la vie. — La géologie, science relativement récente, voit dans ce qu’elle appelle les Epoques de la Nature, c’est-à-dire dans la formation du sol, dans l’apparition et dans le développement de la vie à la surface du globe, la réalisation d’un plan de transfiguration. Il y a eu sur la terre, avant la création de l’homme, un épanouissement progressif de la beauté de la Nature. Le savant s’en rend compte, et il y assiste émerveillé. Dieu avait préparé le Royaume en vue du Roi. Dans une scène aussi simple que grandiose, le livre de la Genèse nous montre toutes les bêtes des champs comparaissant devant leur Roi, et recevant de lui leur nom…. » (p. 272-273)

« Silence relatif de l’Ancien Testament. — L’Ancien Testament nous dit très peu de choses sur la vie future. Certains écrivains de ce recueil semblent même l’avoir ignorée complètement. Ainsi l’Ecclésiaste écrit: ‹ Telle est la destinée des enfants des hommes, telle la destinée des animaux; leur sort est, exactement le même. La mort des uns est comme la mort des autres… l’homme n’a aucune supériorité sur l’animal… Tout va au même lieu… Qui sait si l’esprit de l’homme s’élève en haut, et si l’esprit de l’animal descend en bas, dans la terre ? › Job fait illusion à une vie future, mais c’est pour regretter de n’avoir aucune espérance à ce sujet: ‹ Pour un arbre, il reste de l’espoir, dit-il; quand on l’a coupé, il reverdit encore… il pousse de nouveau… Mais l’homme expire; et alors, où est-il ?…II ne se relève pas. › » (p. 261)

[[Faux, voir Job 19:25-26. Pour ce qui est d’Ecclésiastes, l’auteur parle de la perspective humaine dans ce que Vincent cite (Ecc. 3:19-21), mais ce n’est pas la conclusion, qui est que l’homme fera face au jugement de Dieu après sa mort, c’est pourquoi il devrait craindre Dieu de son vivant (Ecc. 12:15). ]]

« Les derniers écrits de l’Ancien Testament sont de plus en plus affirmatifs. Toutefois, comme les anciens Hébreux, ni dans leur esprit ni dans leur langage, n’ont jamais séparé l’âme du corps, et que pour eux l’âme était un simple attribut de la chair, ils ne pouvaient concevoir la vie future sans une résurrection préalable. De là vient que nous lisons dans le livre de Daniel : ‹ Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre et pour une infamie éternelle. Ceux qui auront été intelligents resplendiront comme l’éclat du firmament; et ceux qui en auront amené plusieurs à la justice brilleront comme des étoiles, pour toujours, à perpétuité. › » (p.261-262)

[[Faux et tordu. Job 19:25-27. Soit dit en passant, il cite à propos de l’opprobre et l’infâmie éternelle qu’auront ceux qui n’iront pas à la vie éternelle, mais il ne croit pas cela. ]]

« 2º Le Nouveau Testament affirme que le sort de l’âme n’est point lié à celui du corps. — Il ne parle plus de l’âme comme d’un simple attribut de la chair; elle et le corps une dinstinction essentielle, que les corps. Jésus, dans une parole célèbre, établit entre elle et le corps une distinction essentielle, que les prophètes n’avaient pas pu faire… » (p. 263)

BIBLIOLOGIE
[[Le problème n’est pas juste dans ce qu’il dit (et il y a beaucoup de ça, voir ci-bas), mais aussi le fait que nul part écrit-il que la Bible est la Parole de Dieu, encore moins la Parole infaillible et vraie de Dieu.]]

« Les Révélations de Dieu les plus claires et les plus riches que nous ayons se trouvent dans la Bible. Aussi ce livre est-il depuis longtemps l’instrument de choix dont Dieu se sert pour amener les hommes à sa connaissance. » (p. 46)

« L’idée que la Bible nous donne de Dieu se développe progressivement depuis Abraham jusqu’à Jésus-Christ, et devient peu à peu la plus complète, la plus haute, la plus pure, la plus sainte qu’il soit possible à l’homme de concevoir. » (p. 46)

[[Encore là, il retourne, mème si pieusement, la chose à l’envers, et parle de la Bible comme étant ce que l’homme conçoit de Dieu – peu à peu aussi complet, haut, pur et saint qu’il peut en être. Mais, c’est le contraire, la Bible est la révélation de Dieu à l’homme.]]

« 4º Les auteurs de la Bible ont été inspirés de Dieu. — Etant donné l’usage que Dieu voulait faire de la Bible, notre foi en sa Providence nous oblige à penser qu’il a veillé sur les hommes choisis par lui pour écrire ce livre, qu’il s’est révélé à eux d’une manière spéciale, qu’il leur a fait faire toutes les expériences qu’ils devaient décrire, qu’il les a aidés dans l’expression des vérités dont ils étaient les porteurs, et en un mot qu’il les a inspirés. La Bible, telle qu’elle se trouve actuellement dans nos mains, est exactement ce que Dieu a voulu qu’elle soit pour accomplir ses desseins de salut en notre faveur et en faveur de notre Race. Si elle était différente, elle serait moins capable d’amener l’homme à la maturité spirituelle où Dieu veut le faire parvenir. » (p. 49-50)

[[Il se garde de dire que le sens d’inspiration est celui de ce qui est sorti de la bouche de Dieu (2 Tim. 3:16; Mat. 4:4). Plutôt, il tourne autour du pot, et limite l’inspiration à Dieu et son aide envers des hommes dans l’expression des vérités dont ils étaient les porteurs. Il tourne encore autour du pot en disant que la Bible est exactement ce que Dieu a voulu qu’elle soit, ce qu’il peut dire tout en parlant toujours et encore de la Bible comme étant la parole des hommes, et non celle de Dieu. Il parle comme si la Bible n’était que la somme de ce que l’humain a écrit quant à Dieu. Il ne dit jamais que la Bible est exactement la révélation précise que Dieu voulait donner à l’homme.]]

« Esther, épisode allégorique de la vie des Juifs au sein de l’Empire perse. » (p. 52)

« Esaïe, le prophète de la foi, vers 740. A son livre se sont agglutinés plusieurs écrits prophétiques anonynmes. » (p. 52)

« Daniel, premier essai allégorique d’une philosophie de l’histoire » (p. 53)

« Jonas, au 4e siècle : allégorie d’une portée évangélique, sur l’étroitesse du particularisme juif, et l’accession de tous les peuples au salut; » (p. 53)

« Livres Apocryphes. — Nos frères catholiques ajoutent le plus souvent à l’Ancien Testament un certain nombre de livres que l’on appelle Apocryphes parce que les Juifs ne les reconnaissaient pas pour inspirés de Dieu et canoniques. Quelques-uns d’entre eux, comme la Sapience, l’Ecclésiastique, contiennent d’excellents préceptes moraux; le premier livre des Maccabées contient de précieux renseignements historiques; mais les autres livres apocryphes ne sont que des romans ou des fables. » (p. 54)

« Un livre allégorique : Apocalypse… » (p. 57)

INSPIRATION – TERME UTILISÉ POUR PLUS QUE LA BIBLE

« À la lecture de la Bible on peut ajouter celle d’autres livres inspirés par l’Esprit de Jésus-Christ. » (p. 204)

[[Sa compréhension de ce qu’est l’inspiration n’est pas biblique car il applique le terme de l’inspiration à d’autres livres que ceux de la Bible.]]

LES TENTATIONS PAS LITTÉRALES.

« 1◦ Les pains. — Satan ne manqua pas de lui suggérer des voies plus faciles. Jésus, depuis longtemps absorbé dans sa méditation, se trouvait avoir faim. L’ennemi en profita pour lui glisser cette pensée, dans le coeur « Puisque tu es le Fils de Dieu, dis à ces pierres de se changer en pains », c’est-à-dire : Emploi à ton service personnel cette grande puissance que tu as reçue pour le service des autres ! … » (p. 108)

« 2◦ Le faite du temple. — Satan ne se tient jamais pour battu. Par l’imagination il transporte Jésus au faite du temple de Jérusalem et il lui dit : … » (p. 109)

« Encore par l’imagination, Jésus se voit transporté sur une hauteur d’où il pouvait contempler tous les royaumes de la terre… » (p. 110)

SA VISION DE L’HUMANITÉ. UN TOUT. UNE ENTITÉ.

«… l’Humanité est maintenant conçue comme un immense organisme vivant, qui embrasse toutes les générations présentée, passées et futures, et dont les peuples, les familles et les individus, sont les organes, les membres et les cellules. » (p. 58)

« Il en est des individus qui composent l’Humanité comme des cellules d’un corps vivant. Elles se renouvellent et disparaissent après avoir engendré leurs remplaçantes. Mais ni leur multiplicité ni leur succession n’altèrent l’unité et l’identité de l’Organisme dont elles font partie. De même ni la multiplicité des hommes, ni leur succession n’altèrent l’unité et l’identité de l’Humanité. » (p. 60)

« Il y a pourtant une responsabilité individuelle. Nous verrons plus tard que Dieu veut sauver l’Humanité entière, et l’amener à partager un jour sa propre sainteté et sa propre félicité. Mais comme l’Humanité se compose d’individus doués de liberté et de spontanéité, chacun d’eux est tenu de vouloir son propre développement moral et spirituel et son propre salut. Notre perfection et notre fidélité ne sont pas seulement pour nous-mêmes des biens infinis, elles sont indispensables à la perfection et à la félicité de l’ensemble dont nous faisons partie, et elles contribuent à la gloire de Dieu ; car elles sont la réalisation de ses desseins bienveillants envers nous et elles lui permettent de les réaliser envers tous, ‹ L’âme qui s’élève, élève le monde.› » (p. 60-61)

[[Cette manière de voir l’humanité est faussée, car nul part Dieu traite l’humanité comme un tout indissociable dans sa destinée. Même s’il admet un aspect individuel, il insiste que Dieu réalisera ses desseins bienveillants envers tous, comme on le verra encore plus explicitement sous la section ci-bas sur l’UNIVERSALISME. Mais, bien au contraire, la plupart de l’humanité vont dans la voie qui mène à la perdition, et il y aura une petite minorité de personnes qui trouveront en Jésus-Christ la voie de la vie éternelle (Mat. 7:13-14).]]

OEUVRES SOCIALES PUIS L’ÉVANGILE
Vers l’établissement du millénium… p. 72 et 73
Nos devoirs envers l’humanité.

« Tous solidaires dans la perdition. — Nous sommes tous solidaires de la Race déchue à laquelle nous appartenons, et solidaires les uns des autres. De là vient que les enfants souffrent et meurent de l’iniquité de leurs ancêtres, que tout homme nait avec une tendance au mal, et que tous se corrompent et se perdent les uns 1es autres. Quand l’ignorance ou la folie des gouvernants déchaîne une catastrophe, les citoyens les plus clairvoyants y sont englobés. Le crime d’un seul peut replonger la Race entière dans un abîme de maux. »(p. 89)

« Tous solidaires dans la Rédemption. — Nous verrons plus tard que cette solidarité de la Race humaine, dont les premières conséquences ont été si désastreuses pour nous, est destiné à avoir au contraire les conséquences les plus heureuses et les plus salutaires; car elle rend possible notre rédemption par Jésus-Christ, qui s’est solidarisé avec nous pour arracher notre Race entière au péché, à la souffrance et à la mort. » (p. 89)

[[Comme on a déjà vu, Matthieu 7:13-14 contredit ce qu’il dit et son idée que toute « notre Race » sera arrachée au péché, à la souffrance et à la mort. En potentiel, oui, car Christ est mort pour le monde entier, mais en actualité, non, car peu sont ceux qui acceptent d’être réconciliés à Dieu (2 Cor. 5:17-21; voir aussi Mat. 7:23; 25:41]]

BESOIN DE PARDON

« 3º Besoin d’un pardon personnel. — A cause de nos péchés personnels, de nos récoltes personnelles contre Dieu, nous avons besoin d’une réconciliation personnelle avec lui, d’un pardon personnel. Il faut que Dieu, que nous avons offensé et provoqué, nous pardonne nos péchés, et nous accorde la joyeuse assurance de son pardon. » (p. 91)

[[Ce qu’il dit ici est bien, mais c’est superficiel quand mis avec tout le reste de ses faux enseignements.]]

TRINITÉ – CHRISTOLOGIE

« La nature, l’histoire, la conscience et surtout la Bible nous disent déjà quelque chose du caractère de Dieu; mais nous en voulons la révélation parfaite et totale [la personne de Jésus-Christ] » (p. 91)

« Nous verrons bientôt que le Dieu immanent, pour répondre aux multiples besoins de l’homme, s’est communiqué dans toute sa plénitude à un organisme humain, celui de Jésus-Christ, l’a doué du caractère de Dieu, et l’a fait vivre sur la terre de la vie sainte de Dieu. » (p. 92)

[[Absolument faux : Dieu n’a pas doué Jésus-Christ du caractère de Dieu. Jésus-Christ est Dieu, et l’a éternellement été (Jean 1:1; 5:26)]]

« Il incarne le Dieu immanent. — L’évangile de saint Jean nous donne l’impression de sa grandeur et da sa dignité, Incarnation du Dieu immanent qui s’est identifié avec Lui, il existait avant sa naissance terrestre, avant Abraham, avant la création du monde. Il est la Parole, c’est-à-dire le Dieu qui s’est manifesté en créant, qui s’est révélé aux prophètes, et qui vient d’En-Haut. Il est un avec le Dieu transcendant, c’est-à-dire avec le Père. Aussi bien que lui, il est lumière, il est amour, il est vie, et il communique la vie. Il fait ce que fait le Père, il parle comme parle le Père. Celui qui l’a vu a vu le Père. Tous doivent l’honorer comme ils honorent le Père. Recevoir le Fils, c’est recevoir le Père, haïr le Fils, c’est haïr le Père. » (p. 133)

« Jésus au contraire voit surtout en Dieu son Père… » (p. 112)

DIFFÉRENCE ENTRE JÉSUS ET LE FILS

« 1◦ Son enseignement. — ‹ La vie éternelle, dit-il, consiste à connaître le seul vrai Dieu, et son envoyé, Jésus-Christ. Or lui seul, Jésus, connaît et révèle le Père et le Fils. › » (p. 134-135)

[[Jésus ne révèle pas le Fils; Jésus est le Fils (!).]]

PNEUMATOLOGIE.
DIEU IMMANENT = DIEU, APPELÉ LE SAINT-ESPRIT.

[[Selon le modalisme de Philémon Vincent, le Saint-Esprit n’est pas une personne divine distincte de Dieu le Père. Selon lui, Dieu est plutôt appelé Saint-Esprit quand on en parle dans son immanence (le fait de se communiquer à l’homme), en contraste avec sa transcendance. Il enseigne faussement un genre de modalisme unitarien.]].

Dieu transcendant – « … Dieu, comme du Souverain Maître de l’univers… » (p. 158)

Dieu immanent – « Quand nous parlons du même Dieu comme présent dans ses créatures, leur communiquant l’ordre, l’harmonie, la beauté, la vie, adaptant chacune d’elles à la destination qui lui est propre, parlant dans la conscience, dans l’esprit et dans le coeur de l’homme, … La Bible l’appelle alors l’Esprit de Dieu ou le Saint-Esprit. » (p.158-159)

« Le travai1 ultérieur du Dieu immanent, agissant comme Esprit de vérité, consiste à développer sans cesse dans l’Humanité la foi et la conscience, c’est-à-dire la religion morale, et pour cela de nous révéler de plus en plus le caractère de Dieu, et la transformation que le nôtre peut et doit subir. » (p. 159)

« Etudions maintenant comment l’action du Dieu immanent, ou Esprit de Jésus-Christ, se manifeste … » (p. 186)

« Il s’est donné à nous comme Père, par sa Providence attentive; il s’est donné à nous comme Fils pour se révéler à nous tel qu’il est… » (p. 201)

« Il s’est donné comme nous comme Esprit Saint … » (p. 202)

« En Jésus vivait le Dieu immanent, éternel, … » (p. 232)

[[Non. Il distingue Jésus de Dieu qui vivait à l’intérieur, et aussi par ceci enseigne le modalisme, qui est un faux enseignement.]]

UNIVERSALISME & l’Humanité (H majuscule)

« Si chaque âme veut bien le prendre pour Sauveur et pour Seigneur, il deviendra tôt ou tard le Roi du monde… » (p. 136)

« … Car le Royaume de Dieu doit englober un jour la Race humaine tout entière sauvée, réconciliée, sanctifiée, vivant dans l’adoration, la reconnaissance, la justice, la fraternité, le bonheur. La famille de Dieu se reconstituera sur la terre par le Règne universel de l’amour. » (p. 143)

« Sa mort expiatoire avait fait de lui le représentant et l’incarnation de l’Humanité repentante, revenue à Dieu, réconciliée. En sa personne en effet l’Humanité a subi volontairement la conséquence de ses rébellions, et elle a réparé ses fautes. » (p. 149)

« 5° En ressuscitant Jésus, Dieu nous garantit que Jésus est pour nous, et pour tous les hommes éternellement, ce qu’il a été pour les gens de son temps » (italiques originales) (p. 153)

« 2º Jésus est le Roi de l’Humanité. — Il la représente, il la protège et il la gouvernera. Il la représente. — La Race autrefois entièrement déchue, aujourd’hui en voie de relèvement, de sanctification et de glorification, a maintenant un représentant dans le ciel, sur le trône même de Dieu.‹ Nous sommes assis dans les lieux célestes en Jésus- Christ, › dit saint Paul. En lui, Dieu voit déjà l’Humanité réconcilié, et son coeur ne connait plus pour elle que l’amour et le pardon. » (p. 155)

« Il la protège. — Il est auprès de Dieu notre intercesseur et notre avocat. Sans cesse il obtient de Dieu pour notre Race et pour chacun des individus qui la composent de nouveaux secours, de nouvelles faveurs. » (p. 155)

« L’Humanité est un seul et unique organisme dont tous les membres sont solidaires : ils peuvent se perdre ou se sauver les uns les autres. Adam par son péché nous a tous perdus; Jésus, par son sacrifice et sa vie sainte nous a tous sauvés. » (p. 237)

« Fêtes, excursions, solennités, réunions religieuses de toute nature. — Tout ce qui développe en l’homme la sociabilité, la fraternité; tout ce qui crée des liens de confiance et d’affection entre les membres de la famille de Dieu, est conforme à l’Esprit du Christ, et voulu de lui.
Ces cérémonies proclament l’ardent solidarité de Jésus avec tous les membres de la Race humaine, c’est-à-dire l’amour infini du Père céleste pour chacun de ses enfants sans aucune exception. » (p. 240)

« Jésus s’étant solidarisé avec la Race entière, la Race entière est au bénéfice de son oeuvre de salut. » (p. 271)

[[Faux: Ce qu’il dit sur l’unité de la « race Humaine » est totalement contraire à ce que la Bible enseigne. La Bible enseigne clairement qu’il n’y a qu’une race humaine, certes, mais que dans cette race, il y a ceux qui sont les enfants de Dieu parce qu’ils auront été rachetés par la foi, et ceux qui ne le sont pas, dû à leur incrédulité. Il y en a (beaucoup même) à qui Jésus dira: « Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité » (Mat. 7:23), et encore, selon Mat. 25:41, « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges ».]]

LA CONVERSION

« Dans les milieux où la Bible, et spécialement la vie et le sacrifice de Jésus sont connus, l’Esprit de Vérité peut perfectionner en l’homme son travail éducateur, et l’amener jusqu’à la conversion et au salut. » (p. 187)

La conversion en terme d’accepter de reconnaitre la solidarité que nous avons avec Christ n’est pas la conversion biblique (2 Cor. 7:10; Actes 26:20).

L’HOMME UN ROBOT ?
« L’Esprit de Dieu produit en nous la foi qui sauve. » (p. 188)

« Ce changement radical qui s’opère dans mon coeur et dans ma vie, c’est la conversion. Je suis né de nouveau; je suis une nouvelle créature. » (p. 189)

[[La foi, c’est l’homme qui fait confiance que Dieu sauve, par grâce (Eph. 2:8-9). La foi, c’est ce que Dieu commande aux hommes (de pair avec la repentance, Marc 1:15), ce n’est pas Dieu qui le fait pour l’homme.]]

LA CONVERSION EN DOUCEUR, SANS QU’ON LE RÉALISE.

« La conversion n’est pas toujours un drame. — Une personne qui a toujours vécu dans un milieux chrétien, qui a toujours entendu parler du péché, de la mort rédemptrice de Jésus, du pardon de Dieu, et qui n’a jamais douté de l’enseignement biblique sur de tels sujets, peut arriver par un progrès inconscient à la pleine et joyeuse assurance du salut. Sa conversion n’aura été que le passage insensible de la simple croyance à la foi vivante. Mais d’une façon ou d’une autre, insensiblement ou tragiquement, tout homme doit se, convertir. ‹ Si un homme ne nait de nouveau, a dit Jésus, il ne peut voir le Royaume de Dieu. › » (p. 189-190)

[[La conversion (Act. 26:20), au sens vrai et biblique, ne se fait pas en douceur, peu à peu, sans qu’on le réalise, et sans qu’on se repente de ses péchés, principalement de son incrédulité vis-à-vis du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ (voir Jean 16:9). Jean 5:24 parle d’écouter la Parole de Christ et de croire en Dieu qui l’a envoyé, pour passer de la mort à la vie. On ne peut pas se repentir, puis placer sa confiance en Dieu sans en être conscient. Il faut consciemment admettre notre perdition, puis l’invoquer, placer notre foi en Dieu qui sauve (Rom. 10:9-13). C’est pourquoi Paul parle du moment où l’on a cru (Rom. 13:11)]]

PAS DE DÉPRAVATION TOTALE

« Si cette nature animale existait seule en lui, l’homme serait l’esclave de la chair, il serait une simple brute. Mais le Dieu immanent a travaillé en nous de telle sorte, que malgré la chute, nous avons conservé quelque chose de notre gloire originelle. Nous avons donc, outre notre nature animale, une nature supérieure, une nature spirituelle. A celle-ci appartiennent les croyances intuitives en Dieu, en notre haute destinée, en l’assistance que Dieu nous offre pour les réaliser. A elle aussi appartiennent la conscience morale, la connaissance et l’amour du bien, du beau, du vrai, et les généreuses aspirations qui font la noblesse et l’utilité de la vie. » (p. 191)

[[Ceci ne concorde pas du tout avec le portrait que la Parole de Dieu nous donne de l’homme naturel (voir Rom. 1-3; 1 Cor. 2; Tite 1:15-16; etc) De par la grâce générale de Dieu, et sa patience envers les hommes, l’homme n’est certes pas toujours à la pire expression possible du péché, mais la dépravation totale de l’homme est clairement ce que la Bible enseigne (Rom. 7:18; Col. 1:21).]]

LES « MOYENS DE GRÂCE »
– L’HOMME QUI AIDE DIEU… – L’OBÉISSANCE, LECTURE DE LA BIBLE, PRIÈRE, ETC.

« Nous appelons moyens de grâce les moyens que nous pouvons et devons employer pour faciliter en nous l’oeuvre de la grâce de Dieu, c’est-à-dire pour aider l’Esprit du Christ, qui est en nous, à modeler notre caractère sur celui du Christ. » (p. 194)

« … Le plus important et le plus puissant de ces Moyens de grâce, c’est l’obéissance. On ne saurait exagérer ni les conséquences heureuses de l’obéissance pour la transformation de notre caractère, ni les conséquences désastreuses de la désobéissance. » (p. 194)

[[Faux : la grâce n’est pas du tout donnée moyennant notre obéissance, etc. (Rom. 11:6). C’est offert en pur don, à ceux qui se confient en Dieu – c’est par la foi. Dans son développement sur l’importance de l’obéissance et la gravité de la désobéissance, il continue dans ce que nous citons ci-bas, sous la prochaine section.]]

LA PERTE DU SALUT

« S’il ne se hâte pas de revenir à Dieu humilié, repentant, et de ressaisir, par la foi en Jésus, le pardon que Dieu lui offre encore, il se met sous le coup de la sentence prononcée bien des fois par Jésus-Christ, et qui est l’une des lois du Royaume de Dieu : ‹ A celui qui n’a pas, › c’est-à-dire qui n’utilise pas les dons reçus de Dieu, ‹ cela même qu’il a lui sera ôté. › » (p. 195)

[[Il implique la perte du salut pour celui qui continuerait dans la désobéissance. Quand on enseigne la possibilité de perdre son salut, c’est qu’enfin de compte notre salut dépend sur nous, de notre persévérance, de notre continuation dans l’obéissance, et ça, c’est une fausse croyance, un faux-évangile.]]

LE BUT DE L’ÉGLISE: PRÉPARER LE ROYAUME / INTRODUIRE LE ROYAUME

« La Mission de l’Eglise est donc de continuer sur la terre, sous 1’impulsion du Christ toujours vivant, l’oeuvre du christ, c’est-à-dire non seulement de peupler le ciel des rachetés de Jésus mais de préparer sur la terre le Royaume de Dieu, le règne de la Justice et de la Fraternité. » (p. 221)

« Elle doit faire connaître Jésus, et toutes les révélations divines aux enfants qui naissent dans son sein. Elle doit montrer à tous ceux qui souffrent, soit parmi ses membres, soit dans le monde, la compassion agissante de Jésus. Elle doit nourrir les pauvres, soigner les malades, consoler les affligés. Elle doit gagner autour d’elle, et jusque dans les pays les plus lointains, de nouvelles âmes à Jésus-Christ. Elle doit influencer toute la vie sociale de chaque pays et de l’Humanité, et préparer le Règne de Dieu sur la terre. » (p. 226-227)

« Distinction entre l’Eglise et le Royaume de Dieu – L’Eglise, par la solidarité qui unit ses membres, par leur amour mutuel, et par leur amour de Dieu, réalise en petit l’idéal social de Jésus. La distinction qu’il faut faire entre elle et le Royaume de Dieu, c’est que l’Eglise est à la fois ce Royaume en formation, et l’instrument par lequel Jésus le forme et l’établit sur la terre. Quand l’Eglise aura conquis à Jésus l’Humanité entière, elle se confondra avec le Royaume de Dieu. Alors se trouvera réalisé ici-bas, dans toute son ampleur et dans toute sa beauté, l’idéal social de Jésus : la Famille désunie de Dieu sera reconstituée dans l’amour. » (p. 228)

[[Ce portrait de ce qui arrivera ne coïncide pas du tout avec ce que dit la Bible (Voir. Mat. 7:13-14; 2 Thess. 1:7-10; Luc 18:8; Mat. 24:12); aussi le but de l’Eglise est d’être témoin de Jésus-Christ aux perdus, et de convier les hommes à se repentir et à croire au Fils de Dieu; c’est aussi de baptiser les croyants et de leur enseigner tout ce que Christ a prescrit, Mat. 28:19-20.]]

« L’église… pour instituer des oeuvres d’éducation ou d’assistance sociale… » (p. 231)

« Certains hommes se croient chrétiens, et pourtant ils ne se joignent à aucune Eglise. Ils peuvent être chrétiens sous d’autres rapports, mais sous celui-là, ils ne le sont pas. » (p. 249)

« Travailler pour l’Eglise, c’est travailler dans l’Esprit du Christ, et comme l’Eglise est l’instrument par lequel Jésus-Christ établit le Règne de Dieu sur la terre, c’est travailler à la vaste reconstitution de la Famille de Dieu, jusqu’à ce que Dieu soit tout en tous. » (p. 252)

« Domaine social – Nous assistons également à la rénovation de la société. Bien des iniquités séculaires ont presque disparu ; le meurtre des enfants, l’asservissement de la femme, le duel judiciaire, la torture, les persécutions religieuses, l’esclavage. Les autres disparaîtront : la guerre étrangère et la guerre civile, la violence sous toutes ses formes, l’oppression de l’homme par l’homme, l’accaparement des richesses, le paupérisme, tout ce qui est égoïsme, injustice, haine, l’alcoolisme, l’impureté, tous les vices n’auront qu’un temps. Un jour l’Esprit de Jésus, Esprit de justice et de Fraternité, aura transformé tous les hommes : Jésus sera devenu le Sauveur de chacun et le Sauveur de tous. Il inspirera les relations des individus et des peuples, il dictera partout ses lois, il établira ses institutions, il réglera nos moeurs, il sera l’arbitre des nations. Les hommes s’étonneront d’avoir tardé si longtemps d’avoir tardé si1ontemps à pratiquer la justice intégrale et la fraternité. Ce sera le règne de Jésus sur la terre. » (p. 255)

[[Ce que M. Vincent enseigne est faux, car le but de l’Église n’est pas d’améliorer la société en vue d’amener le Royaume. C’est plutôt de faire des disciples, en prêchant « la repentance et la conversion à Dieu, avec la pratique d’œuvres dignes de la repentance. » (Act. 26:20). Cette mission amènera à aller jusqu’au bout du monde avec l’Évangile, mais ça ne deviendra pas populaire et ça sera de loin rejeté par la majorité, et à la fin, très, très peu de gens suivront le Seigneur, qui dit: « Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira.» (Mat. 24:12) et « Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?» (Luc 18:8). Non, l’Eglise n’introduira pas le Royaume de Dieu sur terre, définitivement pas…]]

LE SORT DES PÉCHEURS QUI MEURENT DANS L’IMPÉNITENCE.

« Une nouvelle occasion de salut. — Bien des chrétiens en effet se basent sur l’enseignement du Nouveau Testament pour espérer qu’il reste encore, au pécheur qui meurt dans 1’impénitence, une occasion de salut. Que le méchant soit jugé, condamné, châtié, la conscience et la Bible l’exigent. Mais elles exigent aussi que le châtiment ne soit pas un acte de froide vengeance : elles ne lui reconnaissent une valeur morale et bienfaisante que s’il est un moyen pédagogique d’amener l’amélioration du coupable.[Héb. 12:4-10] L’Amour infini, le Dieu Père des hommes se sert du châtiment comme d’un moyen d’éducation. Il ne punit le méchant que pour son bien, pour lui rendre sensible sa déchéance, pour l’instruire des dangers plus grands auxquels il s’expose, pour produire en lui la repentance, et pour l’amener confus et soumis aux pieds de Jésus-Christ, son Sauveur, et ‹ le Seigneur des morts et des vivants ›.[Rom. 14:9-10] » (p. 270)

[[Faux. M. Vincent ne tient pas compte de nombreux passages où Dieu avertit d’une condamnation éternelle ceux qui refusent de se repentir et de pleurer sur leurs péchés (e.g. Es. 57:15-21; voir aussi Apoc. 20:11-15). Il contredit carrément Dieu qui parle de vengeance dans Esaïe 63:1-6 (voir aussi Deut. 32:35; Ps. 94) et invoque terriblement la fausse logique de mettre l’amour de Dieu sur la ligne, comme si Dieu ne serait pas amour s’Il agirait par vengeance sans donner d’occasion de salut après la mort. Bien au contraire l’amour de Dieu est si grand de par le fait qu’Il a offert le salut à tous, et le fait de préférer les ténèbres à la lumière et de refuser Dieu et l’expression de son amour en Jésus est justement ce qui est si grave et justifie la sainte vengeance d’un Dieu si bon (Héb. 10:28-31).
De plus, en se référant à Hébreux 12:4-10, M. Vincent applique à tort le principe de châtiment éducatif à tous, quand Dieu spécifiquement ne l’applique qu’à ceux qu’Il reconnaît comme Ses fils en contraste avec ceux qui ne sont pas les siens. Si le roi David avait une haine justifiée et parfaite des méchants qui haïssaient Dieu, c’est parce que Dieu lui-même affirme une haine, même éternelle, pour Esaü et Edom (Mal. 1:3-4) qu’Il prend en exemple pour leur méchanceté. La méchanceté de fonds, comme l’explique Jean 3:19-20, est de fondamentalement « préférer les ténèbres à la lumière » et selon Héb. 10:29, de tenir « pour profane le sang de l’alliance » et « outrager l’Esprit de grâce ». Si les méchants ont haï Dieu sans cause (Jean 15:24-25, sans cause parce que Dieu dans sa grande bonté leur offrait le moyen de salut), Dieu, Lui, de son côté à une vraie cause, éternelle et juste, d’haïr ce qui est irrémédiablement haïssable. Dieu aime la justice et haï l’iniquité (Héb. 1:9)]]

« D’après l’apôtre saint Pierre, les contemporains de Noé, qui avaient repoussé sa prédication, et qui périrent pendant le déluge, purent entendre plus tard la prédication de Jésus et se convertir. … — Saint Pierre nous dit ailleurs expressément que ‹ l’Evangile a été annoncé aux morts › — Puisque 1es victimes du déluge, ainsi que d’autres hommes, ont eu le privilège d’entendre après leur mort les appels de l’Evangile et de pouvoir y répondre, comment croire que la même faveur n’est pas offerte à tous ceux qui ont eu le malheur de mourir dans l’impénitence ? » (p. 270)

[[Encore terriblement faux. Encore ici, M. Vincent prend des textes hors-contexte pour leur faire dire le contraire. Il n’est pas spécifié explicitement dans 1 Pierre 3:19 ce que Christ a proclamé aux esprit en prison, mais le contexte de Pierre (voir 1 Pierre 4:17-18) et du reste de la Bible ne nous permet absolument pas de conclure qu’Il leur a prêché la bonne nouvelle en vue de leur permettre de se repentir et d’être sauvés, bien au contraire. Proverbes 1:25-32, Luc 16:19-31, entre autres, sont catégoriques sur ce point. La proclamation de Christ aux esprits en prison aurait tourné probablement autour du thème de Sa victoire (cf. 1 Cor. 15:54-55), et du sceau de la condamnation justifié du prince de ce monde (Jean 12:31; 16:11) et de tous ceux qui, de par leur incrédulité, sont sous son pouvoir (2 Cor. 4:3-4). De plus quand Pierre a dit au chapitre 4, verset 6, que l’évangile était prêché au mort, il parlait clairement dans le contexte de personnes qui étaient spirituellement mortes et non pas physiquement mortes. M. Vincent tord le sens des Ecritures pour enseigner son faux-évangile de deuxième chance après la mort.]]

« Certes un jugement, une condamnation et un châtiment attendent les coupables qui ne se sont pas repentis. Il y aura pour eux ‹ les ténèbres du dehors ›, ‹ des pleurs et des grincements de dents › ; mais Jésus ne dit nulle part que leurs souffrances ne finiront jamais. Il parle d’un ‹ feu éternel › ; mais il faut voir sous ce feu une image des convoitises inassouvies et des passions, qui continueront de consumer l’âme de certains pécheurs. Ce feu aura justement pour effet de ‹ faire périr › l’âme et de la détruire. ‹ Le ver qui ne meurt point ›, c’est le remords qui ronge l’âme sans repos ni trêve, jusqu’à ce qu’elle demande et obtienne son pardon, ou qu’elle soit entièrement détruite. ‹ Le châtiment éternel › dont Jésus parle aussi, sera la destruction de l’âme. » (p. 269)

[[Faux: Jésus dit à bien des places que leurs souffrances ne finiront jamais: Apoc. 14:11; Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. Apocalypse 20:10 Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. Marc 9:48 … où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point. Juste dire que ce n’est pas ce que ça veut dire ne change pas le sens de ce que Jésus a dit.]]

ANNIHILATIONNISME

« Certaines âmes périront. — Il faut pourtant prévoir le cas où le pécheur, mort dans l’impénitence, abuserait jusqu’au bout de sa liberté pour persévérer dans son impénitence. Son âme alors, de plus en plus séparée de la Source de toute vie, se matérialiserait définitivement, et périrait sans recours. Tel sera le sort de tout homme qui pêche contre le Saint-Esprit. Jésus nous dit: ‹ Il ne lui sera jamais pardonné, ni dans ce monde, ni dans le monde à venir. › Jésus n’aurait pas parlé d’un pardon dans le monde à venir, si aucun pardon n’existait plus alors; mais il n’en existera pas pour quiconque blasphème contre l’Esprit. Son coeur, décidément fermé à la vérité, ne connaîtra jamais la repentance et le salut. L’entière destruction d’un tel homme est assurée. — Et tel est aussi le sort réservé à Satan et aux anges des ténèbres; car il n’y a de salut pour personne, en dehors de la repentance et de l’union avec Jésus-Christ. » (p. 271)

[[La fausse logique de M. Vincent est déroutant : Jésus affirme qu’il ne lui sera jamais pardonné, ni dans ce monde, ni dans le monde à venir, non pour dire que ça sera possible normalement à être pardonné dans le monde à venir, mais pour confirmer la perdition éternelle qu’il connaîtra.]]

POINTS PLUTÔT SECONDAIRES ET VARIÉS.

RELATIVISME / OPINIONS

« L’exemple de saint Paul est célèbre : il ne se permettait pas d’imposer à l’Eglise de Corinthe sa manière de voir. » (p. 229)

[[Ce n’était pas du tout une question de manière de voir personnel qui motivait Paul…]]

1 COR. 13, TIRÉ HORS CONTEXTE

[[M. Vincent applique 1 Cor. 13:12-13 au ciel, et non pas à la complétion de la révélation de Dieu (p. 266). Mais c’est impossible, car au ciel il n’y aurait pas de foi et d’espérance. Ces choses demeurent, passé le temps où le parfait sera venu (la complétion de la Parole de Dieu), et que les langues cesseront, et les dons de prophéties et de connaissances seront abolis.]]

DON DES LANGUES – CHARABIA, LA COMMUNICATION
D’ÉMOTIONS…

« Les émotions subjuguaient le fidèle, au point de ne lui permettre que des paroles entrecoupées, des exclamations, des soupires, des gémissements, des interjections, et il fallait un chrétien d’expérience, qui eût le don « d’interpréter le parler en langue », pour expliquer au public sous l’empire de quelle émotion spéciale se trouvait son frère. » (p. 226).

CONCLUSION

Quand on lit pour soi-même les enseignements de M. Philémon Vincent dans son Manuel de religion chrétienne, on peut comprendre comment il comble en quelque sorte le fossé entre l’arrière-plan trés évangélique et biblique de ses parents avec le modernisme et naturalisme de son éducation théologique. Mais c’est un fossé qui ne peut être comblé sans en perdre la nature du vrai évangile. On peut faire de très belles paroles, et certes Philémon Vincent en a écrit beaucoup dans sa passion que les gens aient « une relation avec Jésus-Christ », mais si la Bible n’est pas l’autorité absolue de ce que Dieu lui-même dit – la Parole même du Dieu vivant –, si elle n’est que simplement la parole des hommes, le message qui en ressortira sera faussé dans son essence. C’est pourquoi, il n’est pas surprenant que M. Vincent dévie de ce que la Parole de Dieu enseigne sur la nature même de Dieu, du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Il dévie sur les origines des choses, sur la nature humaine et sur celle de l’humanité dans son ensemble; il dévie quant à la nature de la repentance et de la foi, et établit des Moyens de grâce qui tordent ce que Dieu des choses. Il dévie quant aux conséquences éternelles de ne pas se repentir et croire en Christ de son vivant. De file en aiguille, l’évangile est remplacé en bout de ligne par un message bien religieux, pseudo-chrétien, naturaliste et humaniste.

Ce qui est d’autant plus triste, c’est le manque de vigilance dans les églises baptistes de ce temps-là et de celles qui en ont découlé depuis. Même si la plupart des églises n’ont pas suivi M. Philémon Vincent dans toute sa manière d’enseigner, le fait qu’ils ne l’ont pas décrié pour sa manière fondamentale de tordre l’évangile, mais l’ont accepté largement en tant que prédicateur de l’évangile révèle un inclusivisme, un relativisme, tout autant insidieux que destructeur, qui est venu à faire que le sel du christianisme qu’il y avait dans ces milieux a depuis longtemps perdu sa saveur.

Cette manière d’être inclusif de tels faux enseignements en même temps que de professer croire la vérité de l’évangile, révèle une façon de croire sans croire.

(Lire et/ou télécharger cet en format PDF)

________________

Ceci est un extrait du cours sur l’histoire de l’église (particulièrement des églises baptistes). Si vous êtes intéressé par les notes et voir les vidéos de ce cours, écrivez à pasteurraymond@hotmail.com

_______________

Laisser un commentaire