La Parole de Dieu pour le monde entier #3 — ZINZENDORF ET LES MORAVES

Nicolaus Ludwig von Zinzendorf, 1700-1760

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Qu’est-ce que ça a pris pour que des personnes quittent tout pour aller aux quatre coins de la terre pour répandre la Parole de Dieu? Une passion pour Jésus-Christ, celui qui nous a donné la grande commission. Une passion qui fait sauter et crier de joie en pleine nuit comme un enfant John G. Paton parce qu’il est tellement excité à cette occasion de la sortie des premières pages de sa presse nouvellement montée, premières pages de la Bible qu’il avait, avec tant de luttes et d’effort, réussies à traduire dans la langue natale de ces cannibales dans les quelques petites îles perdues du Pacifique Sud où il est allé comme missionnaire. Une passion qui en amèneraient d’autres, comme Hans Egede, à aller dans un autre coin perdu et éloigné, mais tout autant important aux yeux du Seigneur, dans l’autre direction, vers le froid du grand nord cette-fois, jusqu’au Groenland, pour atteindre les Inuits avec la Parole de Dieu.

John G. Paton, 1824-1907
Hans Egede, 1686-1758

Une passion pour Jésus-Christ est la clé pour renoncer à tout est partir pour que personne ne soit oublié, et que tous puissent avoir accès à la Parole de Dieu.

Une passion pour Jésus-Christ qui se communique et en enflamme d’autres. Aussi faut-il se laisser enflammer. Le conte Zinzendorf et les frères Moraves se sont laissés enflammer, pour leur part, quand ils ont eu l’occasion de rencontrer le missionnaire Hans Egede avec deux convertis Inuits. Et ce qu’ils ont fait à leur tour avec la flamme de leur passion pour Jésus-Christ et Sa parole peut nous enflammer à notre tour.

Dans cette troisième session de notre journée de la Bible 2015, apprenons à propos du comte Zinzendorf et les frères Moraves. Pour ce, je vous partage, avec quelques ajouts, un texte d’un dénommé David Smithers, intitulé « Zinzendorf et les Moraves; La prière faconne l’histoire.»

« Zinzendorf et les Moraves; La prière faconne l’histoire.»

Tout au long de l’histoire de l’Eglise, ceux qui ont eu un amour pour Jésus le plus ardent ont toujours été ceux qui ont ressenti le plus le besoin de davantage de Sa présence. C’est certainement à cette catégorie de saints que le comte Zinzendorf appartient. Pour Zinzendorf, aimer la communion avec Christ était la manifestation essentielle de la vie chrétienne. Pendant toute la vie de Zinzendorf, « Sa présence bénie » fut tout son thème, et ceci avec une force consumante. Il avait choisi d’adopter très tôt dans sa vie comme devise personnelle cette confession devenue maintenant célèbre :  » J’ai une passion; c’est Jésus, uniquement Jésus. »

T’aimer Jésus! Te connaître, Se reposer sur Ton sein,
T’avoir pour son Roi, son Maître, Pour son breuvage et son pain;
Savourer en paix ta grâce; De ta mort, puissant Sauveur,
Goûter la sainte efficace, Quelle ineffable douceur!

Rien, ô Jésus, que Ta grâce, Rien que Ton sang précieux,
Qui seul mes péchés efface, Ne me rend saint, juste, heureux.
Ne me dites autre chose, Sinon qu’Il est mon Sauveur.
L’auteur, la source et la cause De mon éternel bonheur!

Nikolaus Ludwig von Zinzendorf, ou Nicola Louis, compte de Zinzendorf, est né le 26 mai 1700 à Dresde, en Allemagne. Il est décédé le 9 mai 1760 à Herrnut. Il fût une figure majeure de ceux qui voulait revenir à l’autorité de la Parole de Dieu en matière de foi et de pratique. Au départ, pasteur Luthérien, il est devenu évêque à partir de 1737 de l’église dite des frères moraves.

Un homme de prière

Comme conséquence découlant de l’amour passionné qu’il avait pour Christ, Zinzendorf vécut une vie disciplinée dans la prière.  » Le comte Zinzendorf avait appris tôt dans sa vie le secret de la prière prééminente. Il avait été si actif dans ses efforts pour établir des cercles de prière qu’au moment de quitter le collège de Halle à l’âge de 16 ans, il apporta au célèbre professeur Franke une liste de sept organisations de prière.  » Ce fut également le comte Zinzendorf qui fut utilisé pour encourager la prière en vue d’une fraîche effusion du Saint-Esprit, ce qui précéda le grand réveil morave. John Greenfield nous relate la prière constante qui suivit le réveil de 1727.  » Y a t-il jamais eu dans toute l’histoire de l’Eglise une si impressionnante réunion de prière telle que celle qui a commencé en 1727 et qui s’est prolongée pendant 100 ans? Cela était connu sous le nom  » d’Intercession de chaque heure « . Et cela voulait dire que des frères et sœurs se relayaient pour que des prières sans interruption montassent vers Dieu pour tout le travail et tous les besoins de Son Eglise.  » Le meilleur antidote pour une Eglise sans puissance est l’influence d’un homme de prière. L’influence de la vie de prière du comte Zinzendorf ne se limita pas à une seule petite communauté. Elle s’exerça en définitive sur le monde entier.

La foi renverse devant nous Les plus fortes murailles;
La foi triomphe des verrous Et gagne les batailles.

Aux pieds du Christ la foi conduit Nos âmes en détresse.
C’est notre étoile dans la nuit, C’est notre forteresse.

— Comte Zinzendorf

Qui sont ces moraves dont il est question?

Je cite un court résumé:

À la suite de l’excommunication, en 1412, et de la condamnation au bûcher, en 1415, du réformateur Jan Hus, un mouvement prend naissance qui revendique la liberté de prêcher et qui s’oppose à la richesse du clergé. Lors de la Réforme, ce mouvement, l’Union des Frères ou bien Frères Tchèques, se rallie au protestantisme. Le comte Nikolaus Ludwig von Zinzendorf (1700-1760) accueille cette Église, persécutée en Moravie ; elle s’installe en Saxe en 1722. Elle développera par la suite une très forte activité missionnaire, notamment au Groenland, en Afrique et parmi les esclaves des Antilles. Plus tard, des congrégations de cette Église vont s’installer aux États-Unis.
Cette Église développa sa propre doctrine, voulant retrouver la fraternité des premiers chrétiens. Ils élisent leur clergé et rejettent la hiérarchie officielle, traduisent la Bible en langue vulgaire. Dans ce mouvement, on prône l’importance de l’éducation et l’on dénonce l’intolérance religieuse. [wikipedia]

Cette communauté de croyants avait un riche dévouement pour le Seigneur et Son Évangile, dévouement baigné dans la prière, et enrichi par de nombreux cantiques sobres, riches, bibliques, dont on a quelques exemples encore dans nos recueils, que je vous partage à travers cette présentation, et dont on reconnaît l’origine par la mention « Psalmodie Morave ». D’autres des chants dans cette présentation nous viennent du Comte Zinzendorf.

Voici l’enfant nous est né Et le Fils nous est donné!
A Dieu gloire dans les cieux, Grâce et paix dans ces bas lieux!

Il vient de l’humanité Revêtir l’infirmité,
Et porter sur une croix De nos péchés tout le poids.

Je t’adore, ô divin Roi! Qui T’abaisses jusqu’à moi.
Viens établir pour jamais En nous Ton règne de paix.

Maintenant que dans les cieux Tu règnes victorieux,
Prépare tous tes élus A Ton retour, ô Jésus!

Des âmes pour l’Agneau

A mesure que Zinzendorf croissait dans sa passion pour Jésus, sa passion pour les perdus s’intensifiait également. Il se détermina à évangéliser le monde avec une poignée de saints, équipés seulement d’un amour brûlant pour Jésus et de la puissance de la prière. La Fraternité Morave reçut et perpétua immédiatement la passion de son responsable. Un sceau fut conçu pour exprimer leur zèle missionnaire qu’ils venaient de découvrir. Le sceau était composé d’un agneau sur une terre rouge cramoisi, de la croix de la résurrection et d’une bannière de triomphe avec l’inscription : « Notre Agneau a vaincu, suivons-Le. » Les Moraves se reconnaissaient eux-mêmes comme redevables vis-à-vis du monde pour lui apporter l’Evangile dont ils se considéraient les administrateurs. On leur enseigna à embrasser un mode de vie centré sur le renoncement à soi, le sacrifice et l’obéissance immédiate.

Seigneur! Sanctifie nos jours, nos moments;
Fais que notre vie, T’honore en tout temps.
Que de Ta présence, au milieu de nous,
L’heureuse influence nous pénètre tous.

Nous voulons sans cesse Marcher par la foi
Et dans la détresse, Regarder à Toi.
Heureux qui repose Sur Ton bras puissant.
On a toute chose En Te possédant.

Ils répondirent à l’appel de l’Agneau d’aller partout, particulièrement dans les endroits les plus durs et les pires, qu’ils considéraient prioritaires. Comme pionniers, ils furent plus audacieux qu’aucun autre soldat de la croix ; il n’y a jamais eu d’hommes plus patients ou persévérants dans les difficultés, ou plus héroïques dans la souffrance, ou plus entièrement consacrés à Christ et aux âmes humaines que ne le furent les hommes de la Fraternité Morave.

Les Moraves expliquent admirablement leur motivation pour les missions dans le compte-rendu évangélique suivant datant de 1791:  » La raison simple qu’ont les frères d’envoyer des missionnaires dans les nations éloignées, était et est l’ardent désir de promouvoir le salut à leurs semblables, en leur faisant connaître l’Evangile de notre Sauveur Jésus-Christ. Ils sont affligés de savoir que tant de représentants de la race humaine, par milliers, par millions, sont assis dans les ténèbres et gémissent sous le joug du péché et sous la tyrannie de Satan. Et, se rappelant les glorieuses promesses données dans la Parole de Dieu, en vertu desquelles les païens aussi seraient au bénéfice des souffrances et de la mort de Jésus ; et considérant Ses commandements à Ses disciples d’aller dans le monde entier pour prêcher la Bonne Nouvelle à toute la création, ils étaient remplis d’un confiant espoir que s’ils allaient dans l’obéissance et la foi dans Sa Parole, leur travail ne serait pas vain dans le Seigneur. Ils n’étaient pas effrayés devant la pensée de la petitesse de leurs moyens et de leurs capacités, ni même devant le fait qu’ils connaissaient à peine la façon dont ils allaient atteindre les païens après le salut desquels ils avaient si ardemment soupirés, ni par la perspective des privations de toutes sortes à endurer et même sans doute par la perte de leurs propres vies dans cette entreprise. Mais bien plutôt, l’amour pour leur Sauveur et pour leurs semblables pécheurs pour lesquels Il versa Son sang pesait beaucoup plus lourd que toutes ces considérations. Ils allèrent de l’avant avec la force de leur Dieu et Il accomplit des merveilles par leur intermédiaire. « 

Soleil de justice, Jésus, bon Sauveur!
Sois à tous propice: Sauve le pécheur!
Que Ta connaissance couvre l’univers,
Comme l’onde immense l’abime des mers!

La terre soupire, Seigneur après Toi,
Elle te désire, saint et juste Roi.
A Toi la victoire, ô Dieu de bonté!
A Toi seul la gloire pour l’éternité!

David Nitschman, 1695-1772

Les Moraves avaient appris que le secret pour aimer les âmes humaines résidait dans l’amour pour le Sauveur des hommes. Le 8 octobre 1732, un bâteau hollandais quitta le port de Copenhague pour les Indes de l’Ouest hollandaises. A bord se trouvaient les deux premiers missionnaires moraves, John Leonard Dober, un potier, et David Nitschman, un charpentier. Tous deux étaient des prédicateurs talentueux, prêts à se vendre eux-mêmes comme esclaves pour atteindre les esclaves des Indes de l’Ouest. Alors que le bateau s’éloignait, ils élevèrent la voix en lançant ce cri qui devait devenir un jour la prière de ralliement de tous les missionnaires moraves :  » Que l’Agneau qui a été immolé reçoive la récompense de Sa souffrance. » Rien ne put surpasser la passion que les Moraves avaient pour les âmes si ce n’est leur passion pour l’Agneau de Dieu, Jésus-Christ.

Johan Leonard Dober, 1706-1766

(Oui, certes, comme c’est dit, les Moraves avaient appris que le secret pour aimer les âmes humaines résidait dans l’amour pour le Sauveur des hommes, par appréciation pour son si grand amour pour nous. Est-on surpris que ce prochain cantique nous vient des frères Moraves?)

Chef couvert de blessures, Meurtri pour nous pécheurs,
Chef accablé d’injures, D’opprobres de douleurs,
Des splendeurs éternelles Naguère environné,
C’est d’épines cruelles Qu’on Te voit couronné!

C’est ainsi que Tu paies Le prix de ma rançon.
Tes langueurs et tes plaies, Voilà ma guérison.
Mon âme criminelle Est à tes pieds, Seigneur;
Daigne jeté sur elle Un regard de faveur.

Ils avaient tout en commun

Une autre vision qu’avait le comte Zinzendorf était la restauration de la communauté apostolique. Il travailla à établir une communauté de saints qui s’aiment et se soutiennent les uns les autres dans la prière, l’encouragement et dans la responsabilisation les uns envers les autres. Dans une large mesure, la vision de Zinzendorf devint une réalité dans le petit village de Herrnhut. Un profond sens de la communauté était nourri au travers de petits groupes centrés sur des besoins et des intérêts communs, des hymnes originaux et favorisant l’unité ainsi que des réunions de prière continuelles. En 1738, John Wesley visita  » cet endroit joyeux  » et fut si impressionné qu’il commenta dans son journal :  » J’aurais aimé volontiers passer ma vie ici… Oh, quand est-ce que ce christianisme couvrira la terre tout comme l’eau recouvre la mer ? « 

O Jésus, Tu nous appelles A former un même corps;
Tu veux que, saints et fidèles, Nous unissions nos efforts.
Fais que rien ne nous divise, Nous ton peuple racheté,
Et qu’à jamais Ton église Demeure dans l’unité!

Enrôlés dès la jeunesse Sous la croix du Rédempteur,
Nous voulons l’aimer sans cesse, Le servir d’un même coeur.
Et si notre foi vacille, Ranimons-la chaque jour,
A l’autel où toujours brille, La flamme de Son amour.

« De l’amour dont Je vous aime, Aimez-vous, nous dit Jésus;
Aimez! C’est l’ordre suprême, Que je laisse à mes élus. »
Aimons donc, aimons encore, Sans compter et chaque jour;
O Toi que notre âme adore, Mets en nos coeurs ton amour!

Oui, Jésus répands la vie Dans les membres de Ton corps;
Sur notre union chérie, Viens répandre Tes trésors;
Allume en nous, tendre Maître, Un amour toujours nouveau;
Alors tous pourront connaître Que nous sommes Ton troupeau.

Il n’avait pas d’autre bonheur que d’être près de Lui

D’aucune façon la vie de Zinzendorf n’était-elle sans défaut, mais on ne peut s’empêcher d’être touché par sa brûlante passion et sa préoccupation pour la personne de Jésus-Christ. Un aperçu de son amour enflammé pour Jésus apparaît dans la lettre suivante :  » Notre méthode de proclamer le salut est la suivante : faire retentir à chaque cœur la réalité de l’amour de l’Agneau qui est mort pour nous, bien qu’il fût Fils de Dieu, s’offrant Lui-même pour nos péchés… par la prédication de Son sang, et de Son amour jusqu’à la croix, même jusqu’à la mort de la croix ; ne jamais, que ce soit dans un sermon ou dans une discussion, digresser même pendant un quart d’heure loin de l’amour de l’Agneau ; ne nommer aucune vertu si ce n’est en Lui, venant de Lui et sur Son compte ; ne prêcher aucun commandement si ce n’est la foi en Lui ; aucune autre justification si ce n’est l’expiation qu’Il a accomplie en notre faveur ; aucune autre sanctification que le privilège de ne plus pécher ; aucun autre bonheur que d’être près de Lui , de penser à Lui et de faire Son plaisir ; aucun autre renoncement que la souffrance due au manque de Sa présence et de Ses bénédictions ; aucune autre calamité que celle de Lui déplaire ; aucune autre vie qu’en Lui. « 

La raison du succès du comte Zinzendorf tient à son allégeance totale à Jésus-Christ et à son amour total pour Lui ! De façon similaire, la raison de l’échec de l’Eglise moderne provient de sa dévotion partagée et de son indifférence ouverte envers Celui qui aime les âmes de Son peuple. En tant qu’Epouse de Christ, nous avons besoin d’une VÉRITABLE repentance comme dans le temps, qui secoue jusqu’aux entrailles. Aujourd’hui, Jésus, l’Epoux au cœur brisé, lance toujours vers nous ce cri :  » Mais ce que J’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi et pratique tes premières œuvres…  » (Apocalypse 2 :4-5)

Au sein de ma misère, Sauvé par Ton amour,
Pour Toi que puis-je faire? Que T’offrir en retour?
Ah! Du moins, Dieu suprême, Prends à jamais mon coeur:
Qu’il te serve et qu’il t’aime, Plein d’une sainte ardeur.

Pour Ta longue agonie, Pour Ta mort sur la croix,
Je veux toute ma vie Te louer, Roi des rois!
Ta grâce est éternelle, Et rien jusqu’à la fin
Ne pourra, Dieu fidèle, Me ravir de Ta main.

En conclusion, de ce que nous avons appris du conte Zinzendorf et des frères Moraves, nous pouvons observer sept ingrédients et éléments clés d’une église fidèle.

  • Un feu pour la Parole de Dieu (Pour qu’on soit en feu pour la répandre au loin, il faut d’abord l’aimer et la chérir dans sa vie personnelle).
  • Une soif et une intensité dans la prière.
  • Un amour pour Dieu se traduisant par l’obéissance à Sa Parole, et le sacrifice de soi-même.
  • Une passion pour les âmes, un feu pour les missions.
  • Un amour ardent pour les uns les autres.
  • La sainteté dans la vie, le renoncement à la mondanité.
  • Une richesse dans la musique, en toute sobriété profonde de louange pour Dieu, sans utiliser la musique syncopée de ce monde.

Que nous ayons ces sept éléments dans chacune de nos vies, et dans chacune de nos églises.

Sources:
http://sentinellenehemie.free.fr/bio_zinzendorf.html
Wikipedia.org

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