La Parole de Dieu pour le monde entier #2 — ADONIRAM JUDSON

Adoniram Judson, 1788-1850

Faites connaître, faites savoir,
Partout que seul Jésus peut sauver qui veut croire.

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Si vous iriez aujourd’hui à l’Église Baptiste de Malden, au Massachussetts, vous trouveriez une plaque avec cette inscription:

En mémoire:
Rév. Adoniram Judson.
Né le 9 août 1788.
Décédé le 12 avril 1850.
Malden, son lieu de naissance.
L’océan, son sépulchre.
Les Birmanais convertis et la Bible en Birmanais, son monument.
Ses registres sont en haut.

Peuple chrétien, vois, le Seigneur t’appelle
À l’oeuvre de la grande commission;
À tous, apportons la bonne nouvelle,
Proclamons Christ à toutes les nations.

Ref. Faites connaître, faites savoir,
Partout que seul Jésus peut sauver qui veut croire.

Le samedi 9 août 1788, à Malden, au Massachussetts, Abigail Brown Judson a mis au monde celui qui allait devenir le premier missionnaire à partir de l’Amérique du Nord pour aller passer sa vie à l’étranger. En fait, 61 ans plus tard, il allait avoir pour son sépulcre la vaste océan qu’il avait traversé 37 ans plutôt pour la cause de Christ.

La vie d’Adoniram Judson est une vie qui vaut la peine de connaître. L’histoire de sa vie est une histoire de grâce, de salut, de conviction, de souffrance, de joie, de peine, de patience, de sacrifice, et de dévotion à la cause de Christ. L’histoire de sa vie met en valeur la providence de Dieu, la provision de Dieu, et non le moins, l’importance de la Parole de Dieu à faire connaître et à traduire. La cause éternelle du Dieu vivant était ce à quoi Adoniram s’est donné entièrement. Les fruits qui découlent de sa vie de sacrifice se manifestent encore aujourd’hui.

Mais l’histoire de sa vie – aussi prometteur que c’était dans ses débuts – a passé par des moments très creux où il aurait été difficile de même s’imaginer le tournant positif et éternel que cela a pris.

L’histoire de sa vie était prometteur dans ses débuts, parce que notre jeune Adoniram est né dans un foyer chrétien. Son père était le pasteur d’une église congrégationaliste. Adoniram Judson (père) et Abigail sa mère ont bien tâché à l’élever dans la crainte du Seigneur. Son père chérissait l’idée que son fils suive dans ses pas comme ministre de l’évangile.

Adoniram est un enfant précoce, très intelligent, très doué. On raconte que pendant que son père était un voyage une fois, sa mère lui a appris à lire. Il n’avait que trois ans. À son retour de voyage, le père a été surpris que son fils pouvait lui lire un chapitre entier de la Bible.

Il est devenu versé en Math, Grec, Latin. Agé de seulement 16 ans et 6 jours, il est entré à l’Université Brown. Il a été trouvé si avancé dans ses connaissances qu’il a été avancé d’un an, sautant ainsi sa première année d’université. Le 2 september 1807, il a gradué de l’université premier de sa classe à l’âge de 19 ans.

Malheureusement, l’université de laquelle il a gradué était une université, tristement, en transition. Commencé par des pasteurs baptistes fidèles à la Parole de Dieu, pour former des prédicateurs, les vents du scepticisme et du doute faisaient déjà leur effet sur des jeunes tels qu’Adoniram, qui étaient prêt à suivre dans les mêmes pas qu’Eve la première mère, et mettre en doute la parole de Dieu au profit de suivre les convoitises de ce monde, les convoitises des yeux, de la chair, et, non le moindre, l’orgueil de la vie, de la vie, oui, cette vie, qui, aux yeux de ces jeunes adultes, était toute devant eux.

C’est ainsi, qu’Adoniram, fort de ses prouesses, de ses habilités et de son intelligence, laisse de côté et abandonne par petit feu, la foi de ses parents. Et, dans l’orgueil de son coeur, il contemple nombre de grandes ambitions personnelles.

La compagnie qu’il se choisit à l’université nourrit l’orgueil de son coeur, comme dit 1 Corinthiens 15:33, « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. »

Un ami qui lui devient cher est un jeune homme du nom de Jacob Eams. Un athée, très intelligent, très brillant, d’un an son aîné, il ridiculise la religion et la foi en Dieu. Son autosuffisance, ses répliques très savantes, sa philosophie humaniste, gagnent de beaucoup l’admiration du jeune Adoniram.

Celui-ci de par sa direction de vie sans frein inflige tristesse sur tristesse à ses parents. Il sait bien répliquer aux arguments que lui lance son père, mais n’a pas de réponses aux larmes et aux avertissements de sa mère.

Suivant ses études, à la poursuite de ses ambitions, il part en tournée à dos de cheval, pour un temps avec un groupe. Il vit une vie déréglée et sans restrictions. À un moment donné, il quitte le groupe. Voyageant seul, un soir, il s’arrête dans une auberge où il ne reste qu’une chambre. L’hôtelier a beau lui dire qu’à côté, il y avait un jeune homme très malade, possiblement mourant, mais « Je prendrai la chambre » est sa réponse. « La mort n’a pas de terreur pour moi. Voyez-vous, je suis athée » dit-il.

Mais le sommeil ne lui est pas venu comme il espérait. Il entendait les gémissements venant de la chambre d’à côté. Il s’étonnait à se trouver en train de penser que ce mourant ferait mieux de se préparer pour l’autre bord. Ferait bien de faire ce qu’il faut pour son âme, pensa-t-il….

L’idée de la mort commençait à le troubler, à le troubler profondément… puis il pensait à son ami Jacob Eams, et pensait à ce qu’il dirait, lui, avec ses répliques brillants, s’il se trouvait dans sa situation. Ceci a calmé son coeur, au moins quelque peu… Aux petites heures du matin, les gémissements ont cessé, et il a fini par s’endormir.

Le matin, en quittant, il a voulu s’informer à l’hôtelier sur le malade. « Il est mort dans la nuit. » vint la réponse. « C’était un jeune homme de L’université Brown, un certain dénommé… Eams. Jacob Eams. » Jacob Eams ! Son ami. Dans la providence de Dieu, c’était lui dont les gémissements toute la nuit ont pénétré son âme pour le secouer dans son insouciance et dans son vain sentiment de sécurité.

Cet événement bouleverse profondément Adoniram, et il rentre chez lui pour voir ses parents. Pour un temps, il lutte avec Dieu, connaissant la vérité, mais ne voulant pas s’y soumettre. Puis, le coeur brisé, il se rend finalement, se convertissant à Christ, l’implorant d’avoir pitié de lui et de le sauver. On est en Novembre, 1808.

Ephésiens 3:17-19 lui sont devenu cher.

“en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu.”

J’ai trouvé un Ami qui me vaut,
tout l’or du monde entier.
Il n’y a rien qui ne soit plus beau
que l’amour dont Il m’a aimé.

Ref. Jésus m’a racheté, Jésus m’a transformé,
Oh, c’est la joie depuis qu’Il est mon Roi,
Jésus m’a sauvé.

Cet Ami m’a vu dans mon besoin,
dans mon indignité,
J’étais perdu, et de Dieu si loin,
À Dieu Il m’a réconcilié.

De cet Ami, laissez-moi chanter,
Il est si merveilleux.
Son joug est doux, son fardeau léger,
Il reçoit bien quiconque veut.

Suivant sa conversion, la même énergie qu’il avait démontrée à fuir ce qu’il connaissait de Dieu, est celle avec laquelle il veut servir Dieu. Comment vivre maintenant pour Celui-ci qui l’a tant aimé, jusqu’à donner sa vie pour lui? Comment pourrait-il le mieux lui être agréable? Il se dédie à Dieu le 2 décembre, 1808.

C’est mon joyeux service D’offrir à Jésus-Christ,
En vivant sacrifice, Mon corps et mon esprit

Ref. Accepte mon offrande, Bien-aimé Fils de Dieu!
Et que sur moi descende La flamme du saint lieu.

« Car l’amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts ; et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.» (2 Cor. 5:14-15)

Le 28 mai, il professe publiquement s’être converti et se joint à une église congrégationaliste à Plymouth.

Puis l’Esprit de Dieu commence à le pousser dans le sens des missions. Prêcher l’évangile. Prêcher l’Évangile à ceux qui ne l’avaient jamais encore entendu.

Son père a espérance qu’il prenne un pastorat pas trop loin. Mais lisant quelques livres – oh, la puissance de la plume, et son bienfait pour ceux qui lisent – lisant quelques livres, dis-je, sur les missions et les besoins missionnaires entre autres en Birmanie, cela commençait à lui donner un énorme fardeau pour les missions à l’étranger.

À l’école théologique d’Andover pour sa formation biblique, il y avait trois étudiants (Mills, Richards, et Rice) qui commençaient à se réunir pour former une fraternité missionnaire.

Quelle petite semence, mais o combien de potentiel par la puissance de Dieu, dans un pays malheureusement où il n’y avait encore là aucune oeuvre missionnaire étrangère. Les seuls missionnaires qu’il y avait étaient internes au pays, des missionnaires pour commencer des églises dans d’autres parties du pays ou des missionnaires aux indiens, mais aucun qui est allé à l’étranger.

Adoniram se joint à ses trois étudiants et devient vite le meneur en esprit de par son zèle et sa passion.

O jeunesse, Christ t’appelle, Oui, t’appelle au bon combat.
Il te veut toujours fidèle, Pour le suivre pas à pas.
Sois loyale, sois vaillante, Pure et forte chaque jour;
Sois active, sois fervente, Dieu t’accorde son secours.

Plus tard dans sa vie, on lui fit la question à sa voir si c’était plus la foi ou l’amour qui le motivait pour les missions. Après une pause de réflection, la réponse se fit :

« il y avait en moi, à ce moment-là, peu de foi et peu d’amour, mais voici ce qui m’avait influencé. Je me rappelle être dans le bois, derrière l’école théogologique d’Andover, et j’était très découragé, ayant presque perdu coeur. Tout semblait noir. Personne n’avait encore quitté le pays comme missionnaire. Le chemin n’était pas ouvert. Le champ missionnaire était très loin, dans un climat très inhospitalier. Je ne savais pas quoi faire. Tout d’un coup le dernier commandement de Christ semble m’être venu sur mon coeur directement du ciel. Je ne pouvais plus douter, mais j’ai déterminé tout de suite, immédiatement, à partir de la place où j’étais, d’obéir peu importe le coût, pour la cause d’être agréable au Seigneur Jésus Christ! »

« Allez et faites de toutes les nations,
de vrais disciples, sauvés, baptisés,
Enseignez-leur à suivre mes instructions »
Dit le Seigneur, le Sauveur bien-aimé.

Ref. Faites connaître, faites savoir,
Partout que seul Jésus peut sauver qui veut croire.

Il a rajouté ensuite ces mots:

« Si le Seigneur te veut comme missionnaire, Il enverra ce mot droit au coeur. S’il fait cela, négligez-le à votre propre péril »

Avec cet appel missionnaire auquel il a répondu en février 1810, comment ferait-il? Pas d’église encore qui pratiquait leur mandat biblique d’envoyer de leur membre comme missionnaire. Il n’y avait pas de société ou d’agence missionnaire pour aider dans cette entreprise. Mais, de cette petite fraternité d’étudiants pour les missions est sortie les débuts d’un mouvement missionnaire.

Le 6 février 1812, juste un jour après s’être marié à Ann Hasseltine, Adoniram et son nouvel épouse ont été commissionné avec quelques autres pour les missions étrangères.

Voici la lettre qu’Adoniram avait envoyé auparavant au père d’Ann, M. Hasseltine, pour lui demander la main de sa fille en mariage.

« J’ai maintenant à vous demander si vous consentiriez à dire adieu à votre fille le printemps prochain, de ne plus jamais la revoir dans ce monde, si vous consentiriez à la voir partir pour un pays païen, et de la voir sujette aux peines et misères d’une vie missionnaire, si vous consentiriez à la voir exposer aux dangers de l’océan, aux influences fatales des climats du sud de l’Inde, à la voir goûter à la désolation, à des manques de toutes sortes, à la dégradation, aux insultes, la persécution, et peut-être même à une mort violente?
Pouvez-vous consentir à tout ceci pour la cause de Celui qui a quitté Sa demeure céleste et est mort pour elle et pour vous, pour la cause des âmes immortelles perdues; pour la cause de Sion et la gloire de Dieu? Pouvez-vous consentir à tout ceci dans l’espérance de la retrouver bientôt dans la gloire, avec une couronne de justice rendue encore plus brillante par l’acclamation de louanges au Seigneur venant des païens qui auront été, à travers elle, sauvés du désespoir et du jugement éternel? »

Gloire à Dieu, M. Hasseltine dit « oui ».

La passion d’Ann n’était pas moindre que celui d’Adoniram:

« Je ne suis pas seulement prête, écrit-elle dans son journal, à passer mes jours parmi les païens à chercher à leur faire connaître l’évangile et les voir sauvés, mais je trouve un grand plaisir à une telle possibilité. Oui, je pense que je préférerai aller en Inde, même malgré les difficultés presque insurmontables en chemin, que de rester ici dans mon pays et jouir des conforts et du luxe que la vie ici nous présente. »

Quatorze jours après leur mariage, treize jours après avoir été commissionnés, en un dimanche 19 février, 1812, Adoniram, 23 ans, et son épouse Ann, 22 ans, embarquent avec des collègues missionnaires, les Newell, pour la ville de Calcutta, aux Indes.

Tous ont besoin d’entendre la nouvelle
de Jésus-Christ, venu pour les sauver.
Comment invoqueront-ils le Fidèle,
sans croire et sans en entendre parler?

Ref Faites connaître, faites savoir,
Partout que seul Jésus peut sauver qui veut croire.

Ce fut un voyage non sans moins historique pour plus qu’une raison. Durant le long voyage, l’étude approfondie du sujet du baptême, à partir des textes bibliques Grec du Nouveau Testament, ont amené ce premier équipe missionnaire à voir le bien fondé de la position des églises baptistes sur le sujet. Courageusement, ils n’ont pas laissé leurs circonstances et le risque de perdre tout leur soutien dicter leur convictions, mais, coûtera ce que ça coûtera, ils ont changé de dénomination, se fiant à la provision, à la direction et à la providence du Seigneur. Par obéissance à leur bien-aimé Seigneur, ils se sont faits baptiser par des missionnaires baptistes anglais, en témoignage de leur foi en Christ leur Sauveur, à Calcutta, en Inde, le 6 septembre, 1812.

C’était des mois difficiles où les portes pour commencer leur ministère missionnaire en Inde ont resté fermé. De plus, leur collègue Harriette Newell eut un accouchement difficile et a perdu son nouveau-né, et est décédé elle-même quelques instants après. Son mari, brisé et malade, a dû retourner aux Etats-Unis. La santé de Luther Rice, un autre collègue qui était arrivé pour travailler avec eux, se compliqua aussi, et lui aussi a dû retourner aux Etats-Unis, où il est resté pour prêcher sur les missions dans les églises baptistes, Dieu l’utilisant pour animer une flamme pour l’envoi et le soutien de missionnaires à l’étranger.

Avec le décès de Harriette Newell, et le départ de son mari et celui de Luther Rice, Adoniram et Ann étaient rendus seuls à rester. La solitude dans un pays où les portes se fermaient sans cesse pour une place où travailler, dans la nuit noire de ces circonstances difficiles, leur cri de coeur s’élevait au Seigneur:

Oh Seigneur, dans la nuit sombre, Nos désirs volent vers Toi.
Nous goûtons la paix sans ombre, Dont se nourrit notre foi.
Ta tendre miséricorde Nous entoure à chaque pas,
Notre coeur ému déborde, Mais nous ne Te voyons pas.

Nous Te connaissons sans doute, Jésus, bien mieux qu’autrefois,
Quand Tu poursuivais Ta route, T’avançant jusqu’à la croix.
L’Église Te considère, Seigneur, non plus ici bas,
Mais au ciel, auprès du Père, D’où bientôt Tu reviendras.

En attendant Son retour, ils avaient soif d’oeuvrer pour leur bien-aimé Sauveur.

Finalement, après deux ans de portes fermées aux Indes, Dieu ouvre une porte et le 27 juin, 1814, les Judson partent en bateau pour Rangoon, en Birmanie. Leur premier-né est mort-né en chemin et, dans l’accouchement difficile, Ann passe proche de la mort aussi. Par la grâce de Dieu, ils commencent l’oeuvre missionnaire avec grande patience et courage. Ils persévèrent et travaillent dur. Adoniram passe 12 heures par jour pour apprendre la langue Birmane. Le 11 Septembre 1815, Ann donne naissance à Roger Williams Judson. Quelques jours auparavant, ils avaient entendu la nouvelle de leur commission missionnaire qui s’était passé un an et demi plus tôt par le nouvellement-formé Conseil Baptiste pour les missions à l’étranger. Dieu ne les avait pas abandonner.

Les Judson connaissent encore le deuil quand ils doivent enterrer leur petit Roger. Il n’avait vécu qu’un maigre petit 7 mois. Leur foi, bien qu’éprouvé, avait pour objet leur merveilleux Sauveur.

Par la foi, cet oeil de l’âme, Montant plus haut que les cieux,
L’Épouse contemple, acclame Son Rédempteur glorieux.
Dans l’extase, elle T’adore, Et désire Ton retour,
À son bonheur manque encore, D’être avec Toi pour toujours.

Ainsi, nous pouvons attendre, Ce jour, de tous le plus beau,
Où Ta voix puissante et tendre, Ouvrant aux morts le tombeau,
Des vivants qu’elle rassemble, Enfin comblera l’espoir.
Nous partirons tous ensemble; Seigneur, nous allons Te voir !

En juillet 1816, le premier traité dans la langue Birmane est complété, imprimé et distribué.  Dix mois plus tard, le 20 mai, 1817, une première portion de la Bible en Birman, l’évangile de Matthieu, est complétée. Le climat de la Birmanie leur est difficile.  Ils luttent souvent avec la maladie, la fièvre.  Ils survivent à une épidémie de choléra.  

Et Finalement, enfin, après 7 années de leur départ des États-Unis, 7 longues années sans voir de fruit, ils ont pu baptisé un premier converti Birman, Moung Nau. Le 27 juin 1817.

D’autres conversions suivent peu à peu, d’autres pamphlets, d’autres livres de la Bible traduit. Le travail continue ainsi lentement, de peine et de misère, grugeant leur santé. Finalement, Ann Judson, doit retourner aux États-Unis pour récupérer. Elle part le 21 août 1821.

Pendant ce temps, le travail missionnaire continue, malgré les temps de persécutions et d’opposition à l’oeuvre. La guerre spirituelle bat son plein pour les âmes en Birmanie.

Le 18e converti Birman se fait baptisé le 21 août, 1822. Un peu plus tard, le 12 juillet, 1823, la traduction du Nouveau Testament est achevée et quelques mois après, Mme Judson est en mesure maintenant de revenir et retrouver son mari.

Les peines qu’ils ont connues jusqu’à ce temps ne sont rien de ce qui s’en venait. Le 8 juin 1824, les autorités Birmanes viennent violemment arrêter Adoniram et le jeter en prison. La guerre avait éclaté entre la Birmanie et l’Angleterre, et les Birmans ne faisaient pas trop de différence entre les Anglais et les Américains. De longs mois de traitements cruels commencent. Les ceps aux pieds, dans une hutte sans fenêtre, dans la chaleur torride de l’Asie tropicale, dévoré par les moustiques, les jours passent lentement. La nuit, on élève les pieds des prisonniers par les ceps, pour que seul les épaules et la tête touchent le sol, qui, soit dit en passant, est infesté de vermines, de saletés, et d’insalubrité. Ann, bien qu’enceinte, travaille fort à visiter son mari et les autorités pour plaider pour lui, et réussit à atténuer quelque peu les mauvais traitements. Le 26 janvier 1825, elle met au monde leur fille, Maria Elizabeth Judson. Adoniram est toujours en prison.

Après onze mois comme ça, d’emprisonnement cruel, Adoniram est à peine reconnaissable. Les autorités le prennent, lui et les autres prisonniers pour le faire marcher vers une autre prison, à plusieurs jours de marche. Dans cette condition, pied nus, ensanglantés, ça sentait la fin pour Adoniram. Pas à pas, avançant, les pieds ensanglantés, voyant mourir d’autres prisonniers autour de lui, il aurait été naturel de se demander pourquoi être venu en Birmanie:

Tant de douleurs, de peine, de perte, de mort. Leur premier né, mort né, Roger leur fils, 7 mois, plusieurs collègues missionnaires. Sa femme était très malade, Maria leur fille n’allait probablement pas survivre, Lui verrait probablement sa fin bientôt.

Il aurait pu être un grand dirigeant aux Etats-Unis, un pasteur d’une grande église. Il avait quitté toutes ces possibilités et était venu ici en Birmanie. Pourquoi? Pour une pognée de convertis dans un milieu hostile, moqueur et cruel. Et les manuscrits de la Bible en Birman, ce qui lui a pris tant de temps à faire, étaient possiblement perdus, pris, confisqués, brûlés. Ça en valait-il la peine? Plus qu’une personne, j’imagine, se verrait poser cette question. Pour lui, il continuait à regarder par la foi à Son Sauveur.

Quand la tempête sévit, et les flots sont sans répit,
La paix règne dans mon coeur, je connais le vrai bonheur,
Jésus, que mon coeur acclame, est bien l’ancre de mon âme.

Ref. Et ça tient, mon ancre tient,
Que les flots soient en furie,
Dans mon bateau, si petit,
J’ai Sa grâce qui suffit,
Car, mon ancre tient, mon ancre tient.

Hasardeuse est la marée, si périlleux, les courants;
dans la nuit enténébrée, les flots se font fracassants,
Mais mon ancre est bien fixé, bien fixé sur le Rocher
.

Dieu est à l’oeuvre. La providence de Dieu dirige. Quand il voyait sa fin si proche, la marche du jour – à laquelle il restait 6 kms à faire – est interrompue soudainement, et, surprise: les prisonniers sont permis de se reposer. Le lendemain matin, guère mieux, souffrant d’une grave fièvre, il ne croit pas pouvoir tenir longtemps dans la marche du jour, mais soudainement, par la douce providence de son Divin Berger, les autorités font venir des chariots pour transporter les prisonniers le reste du chemin.

Et les manuscrits de son travail de traduction de la Bible, Dieu y voyait aussi. Au début, ils étaient enfouis dans la terre, sous leur demeure, mais Ann ne pouvait les laisser là, la saison de pluie s’en venait. Elle les cacha dans un vieil oreiller tout sale qu’elle obtint permission de donner à Adoniram. Quand l’oreiller lui fût enlevé un jour, Adoniram pensa que tout était perdu, mais Dieu aurait le dernier mot et permit que le vieux et sali oreiller soit retrouvé et retourné à la mission. Dieu a préservé son travail. Une fois complétée, la Bible en langue Birmane allait pouvoir être imprimée. Encore de nos jours, la traduction d’Adoniram Judson est celle qui est préférée dans nombres d’églises.

Finalement, la fin de la guerre arrive, et Adoniram est relâché le 30 décembre, 1825. Il est réuni à sa femme, Ann, qui elle-même n’était pas forte de tous les efforts et visites à la prison, et à sa fille Maria, qui n’est guère mieux.

Mais il doit servir de traducteur pour les négociations finales entre les Anglais et les autorités Birmanes. À l’un de ses voyages pour servir de traducteur, le 24 nov. 1826, il reçoit une lettre. Il s’attendait à recevoir la triste nouvelle de la mort de sa fille Maria. Mais ouvrant vite la lettre, il lit:

« Cher monsieur Judson,
à quelqu’un qui a souffert autant et avec tant de courage, nul est le besoin d’avoir une longue préface à une triste et mauvaise nouvelle. Ça serait cruel de vous torturer avec des doutes et des surprises. Alors, pour en arriver au fait de ces tristes nouvelles en quelques mots: Mme Judson n’est plus. »

Ann, son bien aimée épouse. Morte un mois plus tôt. À 37 ans. Son deuil est profond et long. Rajoutant à la peine, sa fille Maria quitte, elle aussi, la terre des vivants le 24 avril, 1827. Elle n’avait que 2 ans et 3 mois. En quinze ans de mariage, il ne lui restait personne. Aucun des enfants, sa femme non plus. Cette année-là, il avait aussi reçu la nouvelle du décès de son père, qu’il n’avait pas revu depuis qu’il était parti comme missionnaire. Le poids de son sacrifice semblait parfois lourd. Le coût de son service semblait élevé. Mais le Dieu de toute grâce l’aida à mettre tout cela en perspective de la gloire à venir.

Il continua l’oeuvre par la foi en Son Dieu souverain, mais n’étant plus le même pour un temps, pour un long temps de trois ans de deuil, mais le Dieu de toute consolation était là pour ranimer et fortifier. Il fait passer au creuset, et l’or en ressort plus pur.

Lorsqu’Il nous éprouve, c’est pour qu’Il nous trouve,
Plus précieux que l’or.

Dieu n’agit ni sans plan, ni sans dessein,
L’épreuve de Son serviteur est pour son bien.
Rendez grâces au Père vous qui êtes son enfant.
Il vous tiendra jusqu’à la fin.

Ref. Réjouis-toi, mon coeur, en Christ Ton Seigneur.
Il est toujours amour et ne fais point d’erreur,
Lorsqu’Il nous éprouve, c’est pour qu’Il nous trouve,
Plus précieux que l’or.

En 1831, il écrit à Sarah Boardman, qui venait de perdre son mari. George et Sarah Boardman étaient arrivés 7 ans plus tôt, en 1824, nouvellement mariés, pour joindre l’oeuvre missionnaire en Birmanie. Dieu avait ouvert des portes avec eux dans la tribu des Karens, qui étaient très réceptifs à l’évangile.

La lettre d’Adoniram se lisait comme suit:

« Je peux t’assurer que des mois et des mois de tristesse pénétrante sont devant toi que tu le veuilles ou non. Mais prends la coupe amère de douleur des deux mains, et assis-toi à ton passé, et tu apprendras un secret, qu’il y a un fond doucereux et sucré au fond de la coupe amère de douleur. »

La croix que Dieu me donne A porter ici bas,
Est jointe à la couronne Qui ne se flétrit pas.
Celui qui me l’impose Se nomme mon Sauveur;
Sur Lui je me repose, Il est mon défenseur.

Le premier, sur Lui-même, Il a chargé la croix;
Après lui, puisqu’Il m’aime, Dois-je craindre le poids?
Jésus en qui j’espère Et qui le prit sur Lui,
Me la rendra légère; Il est mon sûr appui.

C’est Lui dont la sagesse Me trace mon chemin,
Lui qui, dans ma faiblesse, Me tend toujours la main.
C’est Lui qui renouvelle Ma force chaque jour;
Jamais ce Dieu fidèle N’a trompé mon amour.

Prends donc, prends sans tristesse. Ô mon âme, ta croix!
Du Seigneur la sagesse En mesure le poid.
La douleur qu’Il t’envoie Bientôt disparaîtra;
D’une éternelle joie Ton Dieu te comblera.
—- C. d’Hurhan (Prélude, 507)

Trois ans plus tard, le 31 janvier, 1834, la traduction de la Bible fût finalement terminée. Il avait 46 ans. 20 ans de persévérance dans un travail pointilleux, méticuleux, difficile. Il a continué jusqu’à finir ce qu’il avait commencé.

Quelques semaines plus tard, il reçut une lettre de la veuve de George Boardman. Sarah se réjouissait de la complétion de la Bible en langue birmane. Elle était restée comme missionnaire après la mort de son mari.

Dieu dirigea et le 10 avril, on pouvait s’y attendre, Adoniram et Sarah fûrent mariés. Tenez-vous bien. Autant que Dieu avait enlevé à Adoniram, Il lui redonne et plus.

  • Le 31 octobre, 1835, Abigail Judson est né.
  • Dieu leur donne la bénédiction, le 7 avril, 1837, à voir Adoniram Brown Judson leur être né.
  • Le 15 Juillet 1838, Elnathan Judson vient au monde.
  • Le 31 décembre, 1839 c’était au tour du petit Henry Judson à voir la lumière du jour.
  • Petit bémol, le 8 mars, 1841 Luther Judson, tristement, est mort-né.

Après quoi, Sarah et ses autres enfants sont devenus très malades. La famille doit partir en bateau pour cause de santé. Durant le voyage, le petit Henry est mort.

  • Un prochain fils leur est né un an plus tard, le 8 juillet 1842. Ils le nomment Henry Hall Judson.
  • Le 18 septembre, 1843, Charles Judson est né.
  • Le 27 décembre, 1844, Edward Judson est né.

En tout Dieu bénit Adoniram et Sarah Judson de huit enfants.

Mais dans tout ce temps-là où se passent ces naissances physiques, il y a aussi des naissances spirituelles. Les conversions des natifs commencent à se multiplier, particulièrement dans les tribus des Karens.

En 1845, la santé de Sarah se détériore rapidement. Ils partent mais, en route pour les États-Unis, Adoniram perd son deuxième épouse le 1 septembre, 1845. Il a 57 ans.

Une chose particulière lui tenait grandement à coeur. Finir le dictionnaire anglais-Birman. Ceci servirait d’outil important dans le ministère des générations futures.

Il rencontre une auteure chrétienne célibataire, du nom d’Emily Shubeck, à qui il demande d’écrire une biographie de sa dernière épouse, Sarah. Dieu dirige et les deux se marient le 1er juin 1846. Il a 58 ans. Ils partent 1 mois plus tard pour ce qui va être pour Adoniram son dernier voyage pour la Birmanie. Pendant qu’il s’affaire surtout à la deuxième moitié du dictionnaire Anglo-Birmanais, Emily Judson finit les mémoires de Sarah Judson un an après, en juin 1847, puis, en décembre de cette année-là, elle donne naissance à Emily Frances Judson,

Finalement, à 60 ans, Adoniram finit le dictionnaire pour que tout le travail linguistique qu’il avait accompli par la grâce de Dieu puisse être utile à d’autres dans l’oeuvre de proclamer l’évangile. Sa passion était les âmes perdues. Il ferait tout dans son pouvoir pour que l’évangile puisse être proclamé, entendu, compris, pris en compte et accepté.

Vers la fin de cette année-là, 1849, il attrape une grippe très sévère, et les jours arrivent où la souffrance devient très aigue. Les docteurs recommandent un voyage en bateau pour repos et récupération. Son épouse Émily est enceinte de leur deuxième enfant, et est assez avancé dans cette grossesse. Elle ne peut pas aller avec lui. Le 3 avril, 1850, il part, accompagné d’un autre missionnaire. À son épouse qui lui souhaite ses voeux et son amour, il peut à peine répondre en bougeant ses lèvres, sans réussir à faire de sons.

Deux semaines plus tard, il semble prendre du mieux, quand un mardi après-midi, son état se dégrade gravement. Il est si souffrant, et son agonie est dure à regarder pour ceux qui l’accompagnent. Vient vendredi et il savait sa fin arriver. Il dit en langue Birmane, « c’est fait. Je m’en vais. Occupez-vous bien de ma chère dame. » Puis il s’endort. Il n’avait plus de respire.

Voir mon Sauveur face à face,
Voir Jésus dans Sa beauté,
Ô joie! ô suprême grâce!
Ô Bonheur félicité!

Ref. Oui, dans ta magnificence, je Te verrai divin Roi!
Pour toujours en Ta présence, je serai semblable à Toi.

Le poids de mon sacrifice,
En perspectiv’, si petit,
Oui, ce coût de mon service,
Vaudra tant Le voir ravi.

Voir enfin de Christ la face…
Les maux sont tout oubliés.
Et les pleurs font vite place,
À la joie, et à jamais!

“Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure, un poids éternel de gloire,” (2 Cor. 4:17)

C’était 16:14, le vendredi après midi, le 12 avril, 1850. Adoniram a pris son dernier voyage et a atteint sa destination finale et éternelle, auprès de Son merveilleux Sauveur et Seigneur Jésus-Christ. Pour Qui il avait tout quitté, père, mère, frères, soeurs, oncles et tantes, amis et parenté, pour se donner à servir Son Maître et accomplir Sa volonté. Il n’a pas regardé à son confort, à son bien, à ses préférences, à ses ambitions, mais en ayant tout mis au pied de la croix, là où il avait trouvé le salut éternel de son âme, il a voulu obéir à la grande commission, et faire connaître l’évangile aux millions de gens au loin en Asie qui n’avaient jamais entendu l’évangile. Il ne s’est pas découragé quand le chemin n’était même pas encore ouvert, quand il n’avait pas encore même de société missionnaire ou d’églises qui avait encore envoyé de missionnaire. Pour lui, il n’y avait qu’une chose à faire, obéir et faire confiance au Seigneur pour ouvrir les portes.

Il ne s’était pas découragé quand mois après mois, les portes se fermaient pour même commencer son oeuvre.

Il ne s’était pas découragé quand année après année, il ne connaissait aucun fruit pour ses labeurs.

Il ne s’était pas découragé des nombreux heures, de nombreux jours, des nombreux mois et des nombreuses années que ça prendrait à apprendre la langue, à composer des traités, à traduire la Bible.

Il ne s’était pas découragé quand nombres de ses proches et de ses bien-aimés, de ses enfants, deux épouses, ont goûté la mort prématurée.

Il ne s’était pas découragé quand il a souffert des agonies atroces dans les prisons, dans les marches forcées, par des maladies de toutes sortes.

Le Seigneur Jésus était digne de confiance, et il s’est confié en Lui pour persévérer. Il avait espéré, dit-on, qu’il y ait 100 convertis de son oeuvre, mais le Seigneur a multiplié ses attentes et son oeuvre a vu le commencement de 100 églises.

L’appel qu’il a reçu est le même pour vous et moi. Le Seigneur, mort sur la croix, a fait autant pour vous et moi que pour lui, et la motivation qu’il a trouvée en ce Sauveur mort par amour pour lui, et la même motivation que nous devrions trouver pour nous donner à Lui sans réserve, sans retenue, sans hésitation et sans chagrin. Ce que Dieu peut faire avec un de ses enfants qui lui obéit est sans limites. Obéissons à ce que le Seigneur demande de nous. Soyons fidèles à donner au Seigneur, à donner à son oeuvre missionnaire. Soyons fidèles au Seigneur. Soyons fidèles à nos engagements. Soyons fidèles à témoigner nous-même, et soyons fidèles à aller là où Dieu nous envoie.

À l’avant donc, dans l’oeuvre missionnaire:
Prier, donner, témoigner et aller.
O Dieu d’amour, oui, prends ma vie entière:
Je Te la dois, car Tu m’as racheté.

Ref. Faites connaître, faites savoir,
Partout que seul Jésus peut sauver qui veut.


Livre et ressource consulté :
http://www.wholesomewords.org


Dans la même série: #1 William Carey #3 Zinzendorf et les moraves (à venir) #4 C.T. Studd (à venir)

Une réflexion au sujet de « La Parole de Dieu pour le monde entier #2 — ADONIRAM JUDSON »

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