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La Parole de Dieu est vraiment clé à l’oeuvre missionnaire.
La Parole de Dieu est le commencement, la cause des missions.
C’est la Parole de Dieu qui nous commande d’aller.
La Parole de Dieu est le but, la fin des missions.
Ce qui va la compléter. Pourquoi? On va pour donner la Parole de Dieu, la transmettre. Et la tâche complète ne sera complète que quand on aura enseigné tout ce que Christ a prescrit, toute la Parole de Dieu, et que d’autres soient allés encore plus loin à leur tour.
Alors, qu’aujourd’hui puisse être un jour où l’on va être ravivé dans notre amour pour la Parole de Dieu, de la croire et de l’observer, d’ici jusque là, pour que le monde entier puisse l’avoir.
Nous allons voir quatre présentations de ce que ça a pris pour que la Parole aille d’ici jusque là. Quatre présentations biographiques sur des personnes qui ont répondu à l’appel et qui sont allées pour amener la Parole de Dieu à ceux qui ne l’avaient jamais encore reçue.
- William Carey
- Adoniram Judson
- Zinzendorf et les frères Moraves
- C.T. Studd

WILLIAM CAREY
1761-1834
Oh, la Parole pour le monde, oui, la Parole de Dieu.
Oh, qui ira jusqu’au bout du monde, pour la Parole de Dieu?
Introduction (par F.W. Boreham)
Le soleil dans sa course commence à jeter des ombres allongées sur les douces collines et vallons de cette pittoresque campagne. Des vaches, paisiblement couchées et ruminant d’une façon rêvasseur dans les pâtures tranquilles de cette région du Northamptonshire, sont soudainement perturbées par le son de pas venant du chemin. Quelques-unes d’entre elles se lèvent en protestation et regardent l’étrange personnage qui ose briser si rudement leur indolence de fin d’après-midi. Mais il ne leur cause aucun danger, car elles l’ont vu souvent passer par ici. Il est le cordonnier du village. D’ailleurs, plutôt cette journée-là, dans la matinée, il est passé par là sur son chemin pour Northampton. Il y portait des paires de chaussures – l’équivalent de deux semaines de travail – au contracteur du gouvernement. Et maintenant le voilà retournant à Moulton avec le rouleau de cuir qui le tiendra occupé pour une autre semaine ou deux. Le troupeau le fixe de leur regard, et ils font bien. Car le monde entier d’aujourd’hui en ferait autant s’il le pouvait. Car celui-ci, c’est William Carey, le héraut d’un nouvel ordre, le prophète d’une nouvelle ère, l’ingénieur d’un nouveau monde! Les vaches le regardent, mais il ne leur retourne pas le regard. Ses yeux sont fixés au loin, au-delà des mers. Il est un rêveur; mais il est un rêveur qui ne pourrait pas être plus sérieux.
Moins de vingt avant cet fin d’après-midi-là, dans un châtaignier, pas loin de ce même chemin, il avait découvert un nid d’oiseau, qu’il voulait avoir à tout prix. Il s’est mis à grimper – et il est tombé ! Il grimpa encore – et il est tombé encore ! Il se met une troisième fois à grimper l’arbre, et, à sa troisième chute, il casse sa jambe. Quelques semaines plus tard, sa jambe étant encore bandée, sa mère le laissa pour une heure ou deux, lui donnant instruction de faire bien attention en son absence. Quand elle est retournée, il était assis dans sa chaise, tout excité, ses joues rougies, avec le nid d’oiseau sur ses genoux.
« Hourra, maman, j’ai finalement réussi! Le voici, regarde! »
« Tu ne vas pas me dire que tu as grimpé cet arbre encore !
« Je ne pouvais pas m’empêcher, maman; je ne pouvais vraiment pas ! Si je commence une chose, il faut que je la finisse. »
Sur les monuments érigés en l’honneur de William Carey, sur les bustes et sur les plaques sur les piédestaux, sur les pages titres de nombreuses biographies, et sous les portraits qu’on a fait de lui, j’ai vu nombre citations de grandes paroles venant de sa bouche. Mais je n’ai jamais vu celle-ci. Pourtant la parole la plus caractéristique de William Carey est celle qu’il a dite à sa mère ce jour-là !
« Si je commence une chose, il faut que je la finisse. »
Si vous regardez de près, vous remarquerez que cette phrase est étampée sur sa face alors que, le regard au loin, il chemine sur le sentier. Suivons-le, et nous verrons qu’il est en train de commencer des choses prodigieuses; et, comptez-y, il va, coûte-que-coûte, les voir jusqu’à la fin!
Ce n’est pas une maison très meublée, cette petite demeure où il reste. Car, quoiqu’il est pasteur, directeur d’école et cordonnier, les trois occupations ne lui pourvoient qu’à peu près trente-six livres par année. Regardant autour, je ne peux voir que quelques outils de cordonnier, un livre ou deux (incluant une Bible, une copie du livre du Capitaine Cook, Voyages, et une grammaire Néerlandaise). Autrement, nous voyons aussi une grosse carte étrange sur le mur. Il vaut la peine de regarder cette carte de près, cette carte faite en cuir et en papier brun, une carte faite de sa propre main. Regardez, dis-je, cette carte, car c’est un reflet de l’âme de Carey. En montant le chemin, ne regardant ni à droite, ni à gauche, il pensait au monde entier. Il est un homme-à-tout-faire, mais un homme à une pensée! Peut-être, se dit-il, peut-être que Dieu veut vraiment dire ce qu’Il dit quand Il dit « le monde ! le monde ! Le Monde ! Dieu a tant aimé le monde ! Allez par tout le monde ! Les royaumes de ce monde sont soumis à notre Seigneur et à son Christ ! C’est toujours le monde, le monde, le monde. Cette pensée hanta la pensée de Carey jour et nuit. La carte du monde était accrochée sur le mur de sa chambre, mais c’était accroché sur le mur de sa chambre parce que c’était déjà accroché à son coeur. Ça occupait ses pensées, il en rêvait la nuit, il prêchait sur le sujet. Et il était étonné que, quand il exposait le fardeau de son âme à ses confrères dans le ministère, ou quand il prêchait sur le sujet à sa petite congrégation, ils écoutaient tous avec un intérêt respectueux et attentionné, mais ils n’en faisaient rien.
Finalement, le 31 mai 1792, Carey a prêché son grand sermon, le sermon qui a donné naissance au mouvement missionnaire moderne, le sermon qui a fait l’histoire. C’était à Nottingham. « Allonge tes cordages – comme disait le texte – Allonge tes cordages et affermis tes pieux ! Car tu te répandras à droite et à gauche ; Ta postérité envahira des nations, Et peuplera des villes désertes » [Esa. 54:2-3].
« Allonge tes cordages ! » dis le texte.
« Affermis tes pieux ! » dis le texte.
« Attendez-vous à de grandes choses de Dieu ! », dit le prédicateur.
« Tentez de grandes choses pour Dieu ! » dit le prédicateur.
« Si tout le peuple avait élevé leur voix et pleuré, » dis Dr. Ryland, « comme les enfants d’Israël ont fait à Bochim, je ne me serais pas demandé quant au résultat; cela aurait juste été ce qui semble bien proportionné à la cause; c’est de cette manière claire que Mr. Carey a prouvé la criminalité de notre léthargie dans la cause de Dieu ! »
Mais le peuple n’a pas pleuré ! Ils n’ont même pas attendu ! À la fin, ils se sont levés pour partir comme à leur habitude. Quand Carey, descendant de la chaire, a vu les gens tranquillement en train de partir, il saisit la main d’André Fuller et la serra dans l’agonie de sa détresse ! « N’allons-nous pas faire quelque chose ! » demanda-t-il. « Oh, Fuller, rappelle-les, rappelle-les ! Nous n’osons pas nous séparer sans faire quelque chose ! » De cette supplication passionnée, une société missionnaire a été formée, et William Carey s’est offert pour être le premier missionnaire de la Société.
Oh, la Parole pour le monde, oui, pour ce monde perdu.
Oh, qui paiera le plus grand des coûts, pour le Seigneur Jésus?
« Si je commence une chose, il faut que je la termine. Il faut que je la vois jusqu’à la fin. » a-t-il dit comme gamin d’école.
« Nous n’osons pas nous séparer sans faire quelque chose ! »
« Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux !
« Attendez-vous à de grandes choses » « Tentez de grandes choses »
Je ne peux jamais penser à William Carey sans penser à Jane Conquest. Dans le petit village côtier, pauvre Jane veillait tard dans la nuit au chevet de son enfant mourant. Alors, soudainement, une lumière au loin se fit voir à travers le treillis, et la chambre se vit empourprée. C’était un bateau en flammes et personne, sauf elle, pour le remarquer ! Laissant son enfant mourant au soin du Père céleste, elle fit son chemin à travers la neige jusqu’à la vieille église, en haut de la colline.
Elle se faufila par la fenêtre étroite et monta du beffroi l’escalier.
Elle saisit la corde, cette corde, le seul espoir des mariniers.
Et, le vent violent de son côté, de toute ses forces, elle se débat,
Et la cloche se mit à sonner, sonner, conviant le village plus bas.Réveillant les pêcheurs endormis, sa tâche d’avertir ne cessa,
que quand une centaine de braves pieds se mirent en branle-combat.
À la plage vite, dans les bateaux, bravons les vagues effrénées,
Jusqu’à ce qu’on ait sauvé chacun des naufragés.
Sur l’âme sensible de William Carey, la vision bouleversante d’un monde en péril, et il ne put trouver aucun sommeil, aucun repos pour ses paupières, jusqu’à ce que toute l’église soit debout et luttant pour le salut des millions qui périssaient. Cela a été si bien dit que quand, vers la fin du 18e siècle, cela a plut Dieu de réveiller hors de sa somnolence son église léthargique, il se mit à sonner, du beffroi des âges, une alarme assourdissante et insistante; et dans cette heure de réveil, la main qu’on trouva à la corde de la cloche était la main de William Carey.
Oh, la Parole pour le monde, oui pour le monde entier,
Pour ce, il faut d’ici jusque là, La croire et L’observer.
Maintenant la vie de William Carey est à la fois ce qui ressort et ce qui illustre un principe faramineux. Ce principe ne pourrait pas être énoncé mieux que par le prophète aux lèvres brûlants de qui William Carey a pris son texte. « Tes yeux, » dit Esaïe, « Tes yeux verront le Roi dans sa beauté ; ils contempleront le pays lointain (Darby) » [Esaïe 33:17]. La vision royale va de pair avec la vision continentale; la révélation du Seigneur mène à la révélation d’une horizon sans limite. Qu’est-ce qui s’est passé un jour bien mémorable sur le chemin de Damas? C’était simplement ceci : Saul de Tarse a vu le Roi dans Sa beauté! Et qu’est-ce qui s’est passé après, en terme de suite naturelle et inévitable? Il vint dans sa vie une passion pour les horizons au loin. Toutes les limites des préjudices juives et les chaînes écrasantes de la superstition des Pharisiens sont tombées comme les écailles qui sont tombées de ses yeux. Le monde était à ses pieds. Quasiment d’une seule main, en solitaire, prenant sa vie entre ses mains, il s’est lancé à l’assaut des grands centres de la civilisation, les capitales de fières empires, dans le nom de Jésus-Christ. Aucune difficulté ne peut le secouer; aucun danger ne peut le nuire dans son avancement splendide. Il va de mer en mer, d’île en île, de continent en continent. La condition affamée de la terre est dans son esprit; il n’y a pas de côte ou de colonie où il refuse d’aller. Il ressent sa dette envers les Grecs et les barbares, aux savants et aux ignorants, aux esclaves comme aux personnes libres. Il grimpe les montagnes, traverse les fleuves, traverse les continents, endure les coups, supporte les emprisonnements, souffre les naufrages, brigue les insultes, et fait fi de sa vie nombre de fois pour la cause de la passion de son coeur à porter le message d’espoir à chaque recoin de cette terre. Une histoire de dangers, de difficultés, d’héroïsme et d’aventure plus excitante ne pourrait pas être écrite. Sur le chemin de Damas, Paul a vu le Roi dans Sa beauté, et il a passé le reste de sa vie en poursuivant les horizons lointains qui se sont déferlés devant lui. La vision du Roi lui a ouvert les yeux à la vision des continents. […]
« On doit faire quelque chose ! » Cria-t-il.
« Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux !
« Attendez-vous à de grandes choses »
« Tentez de grandes choses»
« Le Roi ! Le Roi ! Les continents ! Les continents ! »
Ayant contemplé ces choses, nos yeux sont mieux capables d’apprécier la signification des objets dans la chambre du cordonnier. Là, enfin, il s’assied, la Bible de laquelle il tire son texte, ouverte devant lui, et une carte du monde faite à la main accrochée au mur! […] Dans la Bible, il a vu le Roi dans Sa beauté: sur la carte, l’horizon lointain a accroché son regard. Pour lui, les deux sont inséparables; et touché par la vision du Seigneur d’une part et par la vision de l’horizon lointain de l’autre, il quitte tout et a fait l’histoire.
« Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux !
« Attendez-vous à de grandes choses de Dieu »
« Tentez de grandes choses pour Dieu»
« Faites quelque chose ! Faites quelque chose ! » […]
Oh, qui ira jusqu’au bout du monde, pour la Parole de Dieu?
Juste avant la mort de Carey, Alexandre Duff est arrivé en Inde. Il était un jeune homme de 24 ans, des montagnes écossaises, grand et beau, avec l’oeil vif et la voix frémissante. Avant de se mettre à l’oeuvre, il est allé voir l’homme qui avait changé la face de cette terre. Il a atteint le collège une journée très chaude de juillet. « Là, il trouva un vieux petit homme jaunit dans un manteau blanc, qui, de peine et de misère, s’approcha pour l’accueillir et, de ses mains ouvertes, le bénir solennellement. Un amour grandit immédiatement dans le coeur des deux hommes pour l’un l’autre. Carey, se tenant au bord de la tombe, se réjouissait de voir un beau jeune Écossais bien formé dédier sa vie à l’évangélisation et à l’émancipation des Indes. Duff sentit que la bénédiction du vieil homme se collerait à son oeuvre comme une fragrance à travers les grands jours à venir.
Pas longtemps après, Carey était sur son lit de mort et à sa grande joie, Duff est venu le voir. Le jeune Écossais partagea au vétéran missionnaire son admiration et son amour. Dans un chuchotement à peine audible, le mourant implore son visiteur de prier avec lui. Après avoir acquiescé et fait la chose, il fait ses adieux au fragile vieillard, puis se retourne pour partir. À la porte, il pense avoir entendu son nom et se retourne pour remarquer que M. Carey lui fait signe de revenir.
« Mr. Duff », dit le mourant, d’une intensité à lui donner regain de vigueur dans la voix, « Mr. Duff, vous avez parlé de Dr. Carey, Dr. Carey, Dr. Carey ! Quand je serais parti, ne dites rien à propos du Dr. Carey – Parlez uniquement du Sauveur du Dr. Carey. »
Ai-je dit que, quand notre humble fabricant de chaussure a surpris le troupeau sur ce chemin du Northamptonshire, il ne pensait qu’au monde, au monde, au monde ! J’avais tort ! Il pensait surtout au Sauveur, au Sauveur, au Sauveur – au Sauveur du Monde !
Et, en même temps, j’avais raison; car les deux visions ne sont qu’une vision. Les deux pensées ne sont qu’une pensée.
Le Roi, le Roi, le Roi!
Les Continents, les Continents, les Continents !
Le Sauveur, le Sauveur, le Sauveur !
Le Monde, le Monde, le Monde !
Jeune, Carey a saisi la vision du Roi dans Sa beauté; et, comme suite inévitable, il a passé le reste de ses jours à la conquête des régions au loin.
Oh, la Parole pour le monde, oui, la Parole de Dieu.
Oh, qui ira jusqu’au bout du monde, pour la Parole de Dieu?
Oh, la Parole pour le monde, oui, pour ce monde perdu.
Oh, qui paiera le plus grand des coûts, pour le Seigneur Jésus?
Oh, la Parole pour le monde, oui pour le monde entier,
Pour ce, il faut d’ici jusque là, La croire et L’observer.
Cette belle introduction à la vie de William Carey que je vous ai partagée, elle nous vient d’un texte écrit en 1920 par un certain F.W. Boreham.
Mais qui est William Carey? Quels sont les détails de la vie de cet homme qui doit terminer ce qu’il commence, cet homme qui a vu le Roi dans sa Beauté, et a vu le monde entier dans son besoin?
Né le 17 août 1761, dans le village de Paulerspury, proche de Northampton, Angleterre, William Carey est l’aîné de cinq enfants. Tisserand de métier, son père est devenu le clerc de paroisse et maître d’école. William, quant à lui, devient un apprenti cordonnier dans son adolescence. Quoique pauvre, son éducation ne laissait rien à désirer. À l’âge de trente ans, il pourra lire couramment la Bible en Latin, Grec, Hébreu, Néerlandais, Français et Anglais.
Dans sa jeunesse, il est un menteur invétéré. Un jour, son maître l’attrape en train d’essayer de profiter de lui, et, par la providence de Dieu, le maître s’est servi d’un autre apprenti que Carey méprisait fortement parce qu’il était un « dissident ». C’est à dire, qu’il ne faisait pas parti de l’Église d’État, l’Église Anglicane, mais allait plutôt dans une église Baptiste. À la longue Carey voit bien que celui-ci ne veut pas son mal et le laisse lui parler de l’Évangile. Finalement, à l’âge de 18 ans, après une lutte spirituelle intense, il renonce enfin à son arrogance et à son zèle religieux pour se prouver meilleur que les dissidents. Il se voit totalement coupable et perdu. Le coeur brisé, il se confie « au Sauveur Crucifié pour le pardon de ses péchés et le salut. »
À 20 ans, toujours jeune dans la foi, il se marie, plus pour des considérations humaines et financières que spirituelles. La jeune femme qu’il prend pour épouse ne développera jamais la tendresse de coeur et l’intérêt profond que Carey allait développer très rapidement envers Son Sauveur et Seigneur Jésus-Christ. Ce n’est pas le plus heureux des mariages, mais Carey cherche tant bien que mal à aimer fidèlement son épouse tout en se donnant pleinement à son Seigneur.
Vers le même temps, il commence à assister à une petite assemblée de non-conformiste à Hackleton.
Deux ans après, le 5 Octobre 1783, pleinement convaincu par les Ecritures de son devoir de professer publiquement dans les eaux du baptême de sa foi en Christ, il se fait baptiser par Dr. Ryland. Le Dr. Ryland avait écrit dans son journal pour cette journée là: « Aujourd’hui, j’ai baptisé un pauvre jeune cordonnier. » Retenons ce nom, celui du Dr. Ryland. On l’a déjà vu, et on le retrouvera encore un peu plus loin.
Près de deux ans après, il se joint à l’Eglise Baptiste à Olney, celle qu’il avait tant méprisé dans sa jeunesse. Il y devient très impliqué.
Il commence à prêcher assez tôt dans sa marche chrétienne, même avant son baptême. À sa première prédication, sa mère était venue l’entendre prêcher et sentait qu’il deviendrait un grand prédicateur. Son père, trop gêné que d’être vu dans une église baptiste, l’entend de dehors, à une réunion subséquente. Il aime ce qu’il entend.
Quand il se joint à l’Église Baptiste à Olney, le Pasteur veut qu’il se donne en entier au ministère. Ce que Carey fait à 25 ans, en 1786, en acceptant le pastorat de l’église à Leicester. Son salaire pastoral est minime; alors il occupe aussi le poste de directeur de la petite école du village, et, finalement, il reprend aussi son métier de cordonnier pour subvenir aux besoins de la famille.
C’est là qu’il fait sa fameuse carte du monde et développe un énorme fardeau pour les âmes perdues à travers le monde entier qui n’avaient jamais encore entendu l’Évangile. Dans le livre du Rév. Andrew Fuller, intitulé, L’évangile, digne d’une pleine acceptation, il y trouve écrit ceci: « si c’est le devoir de tous les hommes de croire quand l’Évangile leur est présenté, cela doit être que c’est le devoir de tous ceux qui reçoivent l’Évangile de faire tout pour le faire universellement connu. ». Cela scelle ses convictions sur le besoin et la responsabilité missionnaire de chaque chrétien.
Il lit aussi – ah, la lecture, combien bénéfique qu’elle est – il lit aussi, dis-je, le livre de Jonathan Edwards sur la vie et l’oeuvre missionnaire de David Brainerd, ce chrétien des colonies britanniques en Amérique du Nord qui a tout sacrifié pour aller porter l’Évangile et la Parole de Dieu aux tribus amérindiennes. Il est touché par le fait que David Brainerd n’a pas laissé sa faible santé l’empêcher de brûler de tous ses feux pour le Seigneur pour atteindre les perdus qui n’avaient jamais entendu. Brainerd, d’ailleurs, meurt de la tuberculose à l’âge de 29 ans.
William Carey est peut-être appelé « le père des missions modernes », et certainement, pour diverses raisons, le titre est bien approprié, mais il n’était pas le premier missionnaire. David Brainerd n’était pas le premier non plus. Dieu est fidèle, et dans chaque génération, il y en avait qui ont été fidèle à répondre à la grande commission. Mais pour l’instant dans la sienne, c’est du méconnu….
Oh, qui ira jusqu’au bout du monde, pour la Parole de Dieu?
Avec ses convictions missionnaires grandissantes dans un temps où les chrétiens sont généralement endormis à ce sujet, il commence à prier pour le salut des païens au loin. À la fin d’une rencontre pastorale, un des pasteurs plus aînés, le Dr. Ryland, demande, comme la coutume était, pour des questions théologiques à aborder à la prochaine réunion pastorale. Cette demande est adressée spécifiquement aux deux plus jeunes pasteurs présents, à Pasteur Carey et un autre qui l’accompagnait. À la longue, devant l’insistance de donner une réponse, William Carey soumit cette question-ci: « Si le commandement donné aux apôtres de “faire des disciples de toutes les nations” n’était pas aussi la responsabilité de tous les ministres qui suivraient jusqu’à la fin du monde, voyant que la promesse qui accompagnait le commandement était pour toute cette même période. » C’est la première fois qu’il ouvre son coeur et en dévoile le pesant fardeau en public. Il sait bien que ce n’est pas selon le sentiment qui règne à ce moment-là. De fait, en entendant une telle question, le Dr. Ryland doit en faire beaucoup pour se recomposer. Il finit par dire, « Jeune homme, assis-toi! Quand Dieu se plaira à convertir les païens, il le fera sans ton aide ni le mien! »
Carey ne put se laisser ni convaincre, ni être découragé. La Parole de Dieu était clairement contre une telle idée, et, bien au contraire, enseignait la responsabilité de chaque disciple de faire tout en son pouvoir d’aller faire de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et de leur enseigner à observer tout ce que Christ a prescrit à ses premiers disciples. Non, définitivement, il ne se laisserait pas être découragé.
Affrontons le vent contraire, Pleins de foi, d’élan,
Résistons à l’adversaire, Face à l’ouragan!
Ref. Quand la tempête fait rage, Tenons fermes contre tout,
Nous ne perdons pas courage, Christ est avec nous! 2X
Il se met à écrire sur le sujet et prépare un pamphlet intitulé: « Un examen de la question de l’obligation aux chrétiens de faire des efforts dans la conversion des païens. » Mais il n’a pas les fonds pour publier son pamphlet. Le temps continue de passer.
En 1791, à une rencontre pastorale, le pasteur Fuller prêche sur « L’influence pernicieuse du délai dans les affaires de religion ». L’audience commence à être touchée par la question et Carey encourage une action immédiate en vue de commencer à atteindre les millions de païens au loin. Quelqu’un dit: « Si ce n’était pas des conseils de Sutcliff de prendre le temps de considérer plus ces choses avant d’agir, la ferveur de Carey aurait eu pour résultat l’établissement immédiat d’une société missionnaire. » Mais au moins, il en ressort de cette rencontre pastorale la demande des pasteurs à Carey de publier ce qu’il avait écrit sur le sujet.
Une autre année de délai, une autre année où le fardeau de Carey et quelques autres pasteurs prend des proportions inégalées.
Vient le fameux 31 mai 1792, lors de la rencontre pastorale à Nottingham, où Carey prêche d’Esaïe 54: 2-3 ses deux points bien connus 1) Attendez vous à de grandes choses de Dieu; 2) Tentez de grandes choses pour Dieu.
L’effet vient culminer l’effort des six dernières années à sensibiliser le peuple de Dieu à la responsabilité missionnaire qui leur incombait. Six ans après, celui qui lui avait dit de s’asseoir, Dr. Ryland, manifeste clairement être revenu de loin dans sa manière de penser. Rappelons ici ses paroles:
« Si tout le peuple avait élevé leur voix et pleuré, » dis Dr. Ryland, « comme les enfants d’Israël ont fait à Bochim, je ne me serais pas demandé quant au résultat; cela aurait juste été ce qui semble bien proportionné à la cause; c’est de cette manière claire que Mr. Carey a prouvé la criminalité de notre léthargie dans la cause de Dieu ! »
Le Dr. Ryland a beau avoir changé d’idée et reconnu « la criminalité » de leur « léthargie », l’inactivité de cette audience, comme nous l’avons vu, pousse désespérément Carey à prendre la main de Fuller, et crier « Rappelle-les ! Rappelle-les ! ». Saisi enfin, le groupe de pasteurs se met à l’action et prend la résolution qu’à la prochaine rencontre « un plan soit préparé dans le but d’établir une société pour la propagation de l’Évangile parmi les païens. »
O, Dieu réveille-nous, O Dieu réveille-nous!
Et que Ton Fils à nos yeux se révèle.
Qu’en nous jaillisse une vie nouvelle,
O Dieu réveille-nous, réveille-nous.
La publication du pamphlet de Carey devient enfin réalité cet été là. Puis le 2 octobre 1792, douze pasteurs se réunissent pour former une société missionnaire baptiste. William Carey est choisi pour être leur premier missionnaire. Enfin, quelque chose de concret est en branle.
Ignorons quelques points de balbutiements de cette première entreprise missionnaire formelle, comme par exemple, le fait que le modèle biblique est qu’une église locale, et non une société missionnaire, soit l’autorité derrière l’envoie d’un missionnaire pour commencer d’autres églises au loin. C’est assez pour l’instant de se réjouir que la roue de l’effort missionnaire a recommencé à tourner parmi les églises soucieuses d’obéir à la Parole de Dieu. D’autres plus tard en raffineraient le comment et les méthodes, pour suivre plus fidèlement le modèle biblique.
Les membres de l’église de Pasteur Carey ne sont, on peut comprendre, pas chauds à l’idée de laisser leur pasteur partir en mission, mais, comme a dit un de leurs membres: « Nous avons prié pour l’avancement du royaume de Dieu parmi les païens, et maintenant Dieu nous demande de faire le premier sacrifice pour le voir accomplir. » Bien dit! Les missions sont une affaire de sacrifice pour tous impliqués.
Mais où aller? Où lancer leur oeuvre de départ? Vient la rencontre d’un médecin chrétien anglais, le Dr. John Thomas. En 1783, l’année où Carey s’était fait baptiser, le Dr. Thomas était allé en Inde pour travailler comme médecin pour la East India Company. Témoignant des ténèbres dans lesquels étaient les masses Hindous, tous dans la vallée de la mort, il avait commencé à oeuvrer comme il le put, d’abord comme médecin, ensuite, après un temps en Angleterre où il s’est fait baptisé et formé comme prédicateur, comme ministre de l’Évangile pour évangéliser et essayer de traduire la Bible en Bengali. Et maintenant, soutenu principalement par deux philanthropes chrétiens, c’est là qu’on le retrouve à revenir en Angleterre pour chercher plus de fonds et chercher un compagnon missionnaire avec lequel travailler. Rencontrant William Carey, il le convie à y aller avec lui pour atteindre les millions de perdus dans ce grand pays.
Le 10 janvier, 1793, dans le bureau d’Andrew Fuller, plusieurs des pasteurs formant la Société missionnaire entendent le rapport et la présentation des besoins en Inde par Dr. Thomas. M. Fuller finit par dire: « il y a une mine d’or en Inde, mais il semble qu’elle est aussi profonde que le centre de la terre. Qui va y descendre pour l’explorer? » Vient cette réponse de la part de Carey: « Je m’y aventurerai, mais » s’adressant aux membres du comité, « rappelez-vous que vous devez tenir les cordes ». Il en fût décidé donc que le Seigneur dirigeait William Carey à partir avec Dr. John Thomas pour les Indes.
Quand vient le temps de partir, ce n’est que ces deux-là, car Mme Carey refuse d’aller avec lui et les enfants vont rester avec elle. Ceci attriste beaucoup, bien sûr, M. Carey, qui lui communique ceci sur son chemin pour la côte :
« Si j’avais le monde entier, je le donnerai volontiers pour t’avoir, toi et les chers enfants avec moi, mais le sens de devoir est tellement fort pour annuler toute autre considération. Je ne peux retourner vers vous sans devenir coupable dans mon âme… Dit aux enfants que je les aime tendrement et que je prie pour eux constamment. Sois assuré de mon amour le plus affectueux.»
Il doit obéir à son Seigneur. Et avec cette détermination, il se confie dans la direction de Son Bon Berger.
Jésus, mon Sauveur, me guide
Tout le long de mon chemin.
J’avance sous son égide,
Lui qui me tient dans sa main.
Divin repos, paix céleste,
En Lui, j’ai tranquilité,
Car je sais quoi qu’il arrive
Jésus est mon Bon Berger. (2X)
À la côte, les deux hommes vont pour embarquer un bateau de la East India Company, mais le capitaine du bateau s’était fait menacé à cause d’eux et ne les laisse pas embarquer. Mais Dieu est en train d’agir dans Sa providence et ce délai donne le temps à Mme Carey de changer d’idée. Accompagnée de sa soeur et bien sûr de leurs cinq enfants, elle rejoint son mari et finalement, tous ensemble, ils embarquent un navire, Danois cette-fois-ci, le 13 juin, 1793. William Carey a 32 ans quand il arrive à Calcutta quelques mois après, le 1er novembre.
Jésus, mon Sauveur, me guide,
Depuis qu’Il m’a racheté.
Mon âme est, Ancre Solide,
Sécure en ton sang versé.
Quoique mes pas sont si faibles,
mon coeur est renouvelé,
Du Rocher, sort bien l’eau vive,
Jusque dans l’éternité. (2X)
Leur argent missionnaire vite écoulé, les temps du début sont très durs. L’étude de la langue, l’ajustement, la maladie, et non le moindre le grand sentiment de solitude. Face à celle-ci, il est consolé par Esaïe 51:2-6, où il est rappelé qu’Abraham était seul quand il fût appelé.
« Regardez à Abraham, votre père, et à Sara, qui vous a enfantés ; car je l’appelai quand il était seul, et je l’ai béni et multiplié. » (Esaïe 51:2)
Vient l’offre du poste de superviseur d’une usine d’indigo à Manbatty. Il s’assure que ce poste ne l’empêcherait pas d’être principalement occupé à son oeuvre missionnaire d’atteindre les natifs avec l’évangile. Le poste lui assurerait les ressources et le temps pour les besoins de la famille et du ministère, en plus que de lui donner une audience chez les natifs qui étaient employés dans l’usine. Il est familier avec le modèle missionnaire d’auto-suffisance que pratiquait les Moraviens et il désire suivre ce modèle. Je ne mentionne pas ce modèle pour l’encourager particulièrement, car le modèle biblique que des églises se mettent derrière des missionnaires pour leur pourvoir le soutien nécessaire d’être à temps-plein est bien établi dans les Écritures (Phil.4:10-19; 2 Cor. 11:8-9; 1 Cor. 9:14). Mais nous pouvons bien voir que dans ces débuts, malgré certaines faiblesses, l’oeuvre missionnaire est au moins sur ses départs formels.
Carey accepte le poste et y reste plus de cinq ans. Il oeuvre aussi dans les villages alentours et traduit en entier le Nouveau Testament en un dialecte du Bengali.
Ce n’est pas sans difficultés, ni sans épreuves. La maladie, la perte d’un de leurs enfants, et non le moindre, la difficulté de s’ajuster de la part de son épouse et son état déclinant. Après cinq ans en Inde, elle est atteinte de démence jusqu’au jour de sa mort, en décembre 1807.
Mais à travers les difficultés, l’oeuvre fait son bout de chemin. La première personne qu’il conduit au Seigneur est une personne d’origine Portuguaise. Cet homme devient un fidèle compagnon de service dans le ministère et reste fidèle jusqu’à sa mort en 1829. Il léguera à ce moment-là tous ses biens à la mission.
Malgré le fait qu’elle n’avait pu envoyer qu’une petite somme à travers les années, la Société Missionnaire devient un peu soucieuse du poste que Carey a accepté d’occuper, l’avertissant de ne pas perdre sa vigueur missionnaire pour quelconque poursuite marchande. Mais Carey semble soulager leurs soucis de par son explication que son oeuvre missionnaire n’en souffre pas et que la plupart du revenu de son poste est utilisé pour l’avancement de la cause de Christ, incluant celui de traduire et publier les copies de la Parole de Dieu. Il veut que la Société utilise les fonds pour qu’une nouvelle oeuvre commence ailleurs, maintenant que le Seigneur lui a pourvu les ressources nécessaires pour vivre.
En 1799, à cause d’une inondation majeure, l’usine doit fermer ses portes. Pendant ce temps, deux hommes, Joshua Marshman et William Ward, arrivent aux Indes pour se joindre à Carey, mais les autorités Britanniques ne leur accordent pas la permission de débarquer dans leur territoire. Par contre, la petite colonie Danoise, à Serampore, à quelques kilomètres au nord de Calcutta, les accueille et leur donne protection. Ils invitent William Carey et sa famille à s’y installer aussi et à continuer à partir de là leur oeuvre missionnaire. Ce que les Carey font en 1800.
Ils établissent des écoles et prêchent l’évangile. Avant la fin de leur première année dans cette nouvelle place, le 28 décembre 1800, Carey a la joie enfin de baptiser leur premier converti hindou, Krishna Pal. Il avait été un patient du Dr. Thomas que Dieu vint prendre en 1801. Krishna Pal grandit dans sa foi et devient très utile à l’oeuvre. Il reste fidèle au Seigneur jusqu’à sa mort en 1822. Carey baptise en même temps ce jour là, un de ses enfants, Félix, qui s’était converti. Krishna Pal écrit ce poème sept ans après sa conversion:
O toi mon âme, n’oublie jamais,
L’Ami qui a souffert tout pour toi.
Que toute idole soit oublié,
Mais Lui, o mon âme, n’oublie pas. (Traduit de l’original en anglais)
En 1801, une première copie du Nouveau Testament en Bengali, imprimé par M. Ward, est présenté au gouverneur de la colonie danoise, qui est bien content du labeur missionnaire qui se faisait.
William Carey et ses compagnons d’oeuvres, et leur famille respective, choisissent une vie familiale de groupe où tout est partagé et mis en commun. Les fonds nécessaires pour vivre sont gardés au minimum, et la plupart des fonds vont à faire avancer la mission et commencer d’autres missions au-delà de leur région.
Une journée typique pour M. William Carey nous est décrite par ce qui suit. Écrit pour s’excuser auprès d’un ami pour avoir tardé à répondre à sa lettre, Carey montre comment il mène à bien plusieurs tâches à la fois. Il écrit:
« Je me suis levé aujourd’hui à six heures, j’ai lu un chapitre de la Bible en hébreu; j’ai ensuite prié jusqu’à sept heures. Puis j’ai assisté au culte domestique en bengali avec les serviteurs. En attendant qu’on m’apporte le thé, j’ai lu un peu en persan avec un munchi qui m’attendait; j’ai lu aussi, avant le petit déjeuner, un court passage des Ecritures en hindoustani. Ensuite, après le petit déjeuner, je me suis installé avec un pundite qui m’attendait pour continuer la traduction du sanscrit en ramayuma. Nous avons travaillé jusqu’à dix heures. Je suis alors allé à l’université où j’ai donné des cours jusqu’à quatorze heures. De retour à la maison, j’ai lu les épreuves de la traduction de Jérémie en bengali, que je venais de finir à l’heure du déjeuner. Après le repas, je me suis mis à traduire, avec l’aide du pundite qui dirige l’université, la plus grande partie du chapitre huit de Matthieu en sanscrit. Cela m’a occupé jusqu’à six heures. Ensuite, je me suis installé avec un pundite de Telinga pour traduire du sanscrit dans sa propre langue. A sept heures, je me suis mis à méditer le message d’un sermon que je devais prêcher en anglais à sept heures et demie. Près de quarante personnes assistaient au culte, et parmi elles, un juge du Sudder Dewany Dawlut. Après le culte, le juge a fait une offrande de cinq cents roupies pour la construction d’un nouveau lieu de culte. Tous ceux qui assistèrent au culte partirent à neuf heures; je m’assis alors pour traduire le chapitre onze d’Ezéchiel en bengali. J’en terminai à onze heures et maintenant je suis en train de t’écrire. Ensuite, je terminerai mes activités de la journée par la prière. Il n’y a pas de journée où je puisse disposer de davantage de temps, mais le programme varie « .
Les années passent. Après le décès de sa première épouse, William Carey se remarie et celle qu’il prend pour femme, Charlotte Rumohr, lui devient une très grande aide dans le ministère jusqu’en 1820 où Dieu vint prendre cette chère femme de Dieu. Après ça, Carey se remariera une troisième et dernière fois avant que le Seigneur vienne le rechercher.
À travers les années, ils font face à de l’opposition, venant de diverses sources et de diverses manière, et parfois avec grande intensité. Pour un ministère qui cherchait à faire avancer fidèlement l’oeuvre du Seigneur Jésus-Christ, c’était à si attendre, comme nous dit 1 Timothée 3:12, « Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés ». Mais ils ne se laissent pas découragés, même dans les plus noirs moments.
Si la barque est secouée Par de durs assauts,
Il paraît dans la mêlée, Marchant sur les eaux!
Ref. Quand la tempête fait rage, Tenons fermes contre tout,
Nous ne perdons pas courage, Christ est avec nous! (2X)
Un de ces plus noirs moments est quand, un soir, un feu se déclare dans l’imprimerie et détruit tout. Plusieurs bâtiments, les caractères, le papier en stock, les épreuves d’imprimeries, et tout le travail de traduction de la Bible en Sanscrit et d’autres langues, partent en fumée. Dix mille livres était le montant des pertes, et Dieu seul sait le nombre d’heures investit dans ces choses. Comment réagiraient-ils?
Il secourt notre détresse, Entend notre cri,
Sa puissance, avec tendresse, Nous met à l’abri.
Ref. Quand la tempête fait rage, Tenons fermes contre tout,
Nous ne perdons pas courage, Christ est avec nous! (2X)
Ils se sont simplement remis au travail. Ils ont récupéré ce qu’ils pouvaient du métal et, avec leurs poinçons et leurs matrices, qu’ils avaient encore, ils se sont refait les caractères d’imprimerie. À peine deux mois plus tard, l’imprimerie était de nouveau en fonction et après un autre deux mois, les sommes pour reconstruire tous les bâtiments brûlés étaient rentrés. Et non le moindre, seulement sept mois après le désastre, la traduction de la Bible en Sanscrit avait été refaite au complet. Le dimanche après le feu, Carey avait prêché sur Psaume 46:11:
« Arrêtez, et sachez que je suis Dieu : Je domine sur les nations, je domine sur la terre. »
Ça pourrait être très bien traduit aussi par : « Soyez tranquilles, et sachez que je suis Dieu, je serai exalté parmi les nations, je serai exalté sur la terre. »
Carey avait présenté ce jour-là deux points à sa congrégation à partir de ce texte:
1) Dieu a un droit souverain de disposer de nous comme Il le veut.
2) Nous devrions être soumis et tranquilles par rapport à tout ce que Dieu fait avec nous et à nous.
Divin repos, paix céleste,
En Lui, j’ai tranquillité,
Car je sais quoi qu’il arrive
Jésus est mon Bon Berger. 2X
On entrevoit clairement son esprit tranquille et soumis dans une lettre à un ami où il remarquait que « de parcourir la même route une deuxième fois, aussi pénible que cela puisse être, est d’habitude fait avec plus de facilité et plus de certitude que la première fois. » Une telle attitude lui permettait de travailler aussi fort que possible, selon ce que Dieu permettait, à répandre la Parole de Dieu à ceux qui ne l’avaient jamais encore reçu.
Cette épreuve démontrait clairement qu’il aimait Dieu, le Souverain, même plus que le travail qu’il faisait pour Lui. Non, son travail pour le Seigneur n’était pas devenu une idole en soi-même. Dieu pouvait le lui enlever. C’était Dieu Lui-même, et non pas ce qu’il faisait pour Dieu qu’il aimait de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa force, de toutes ses pensées.
Voyant sa grande érudition linguistique, les autorités britanniques lui demandent d’enseigner les langues dans leur collège de Calcutta. Le missionnaire persécuté devient ainsi à Calcutta le professeur de Sanscrit, de Bengali, et de Mahratta, mais à une condition, que son oeuvre missionnaire soit reconnue et autorisée dans les vastes territoires gouvernés par les Britanniques. Ceci ouvre de nombreuses portes pourf l’Évangile dans Calcutta et même au-delà, car cela adonnait en même temps que la Société Missionnaire Baptiste leur envoyait des renforts. Avec plus d’ouvriers, l’oeuvre prenait de l’expansion.
William Carey était très travaillant et le nombre d’accomplissement dans sa vie était vertigineux. Avec son intérêt de longue date dans la botanique et son érudition dans la matière, il créa La Société Indienne d’agriculture et d’horticulture. Il était membre de bien d’autres sociétés civils en Inde. Il commença un collège à Serampore. Il s’opposait farouchement à plusieurs pratiques abominables, entre autres le Sati, où une veuve était brûlée vive sur le bûcher funéraire du corps de son mari défunt. Quand vint enfin l’ordre du gouvernement de rendre illégale une telle pratique, il fût demandé de la traduire en Sanscrit, ce qu’il fit sans tarder en remerciant Dieu pour cette réponse à ses prières de longues dates à ce sujet. Il avait joint à ses prières tous ses efforts pour faire cesser cette terrible pratique. Il réussit à faire passer d’autres telles législations pour favoriser et protéger le peuple Indien.

1768-1837
De son oeuvre missionnaire, il avait aidé à établir une trentaine de stations missionnaires à travers les Indes, où une cinquantaine de pasteurs oeuvraient, la moitié étant des nationaux convertis et formés pour le ministère. Il a vu, après un début très lent, un nombre d’Hindous se convertirent à Jésus-Christ. Il a traduit la Bible en Bengali et en Sanscrit, et des larges portions des Écritures en une quarantaine d’autres langues et dialectes. Son compagnon de service, M. Marshman, pour sa part avait oeuvré à traduire et à imprimer la Bible en Chinois. M. Ward, l’imprimeur, produit des Bibles en grandes quantités et bien d’autres littératures.

Pour sa part, le plus haut appel possible était celui d’être missionnaire au service du Roi des rois. Quand son fils aîné, Félix, après avoir commencé à aider dans le ministère, enfin de compte, s’intéressa plus à accepter une haute position offerte par les autorités Britanniques, son père dit: « Mon fils a commencé comme ministre de Christ; mais, tristement, il s’est abaissé à n’être qu’un simple ambassadeur. »
Ce que Félix n’a pas poursuivi, ses trois autres fils l’ont fait. Ils ont pris la relève et, par la grâce de Dieu, ont suivi leur père dans le ministère.
Quand il pouvait à peine marcher, William Carey travaillait dans son lit à réviser sa traduction de la Bible en Bengali, chose qu’il espérait tant pouvoir finir avant sa mort.
« Si je commence une chose, il faut que je la finisse. »
Il fallait qu’il le finisse, oui, mais si seulement Dieu permettait. Il se fiait à la douce direction de son Berger Fidèle avec le regard sur Son retour, jusqu’à la fin.
Jésus, mon Sauveur me guide,
Tout le long dans Son amour,
Et j’attends, d’un coeur avide,
Le bonheur de Son retour.
Et enfin, dans Sa présence,
Mon chant sera à jamais:
Gloire à Toi, Berger fidèle,
Tout le long, Tu m’as guidé. 2X
Ce qui lui était si chère, son Dieu de grâce lui a donné. Il réussit à terminer la révision de sa traduction de la Bible en Bengali. Ce fût sa dernière oeuvre avant sa mort, le 9 juin 1834.
Son lieu de repos est à Serampore, où il avait choisi de finir ses jours. Il avait voulu être enterré dans la même tombe que Charlotte, sa deuxième épouse. Là aussi était enterré Ward, qui l’avait précédé à la mort onze ans auparavant. Marshman les rejoindrait trois ans plus tard. Ces trois hommes de Dieu formèrent une équipe forte et marchèrent dans une douce communion dans leur oeuvre missionnaire. Avec leurs familles, ils auraient tous pu vivre dans le confort et le luxe avec les fonds qu’ils touchaient des diverses sources de revenues qu’ils avaient, mais ils ont choisi délibérément un style de vie très simple et minime, sans confort, leur permettant de maximiser leur part dans l’avancement de l’oeuvre de Christ. Le luxe qu’ils recherchaient était celui céleste, « là où le voleur n’approche point et où la teigne ne détruit point » (Luc 12:33). Juste pour vous donner un ordre de grandeur du sacrifice qui se faisait, son travail de professeur de langue à l’université de Calcutta lui permettait de toucher 1200 livres par année desquels ils ne gardaient que 50 livres pour vivre.
« Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur…
car leurs œuvres les suivent. » (Apoc. 14:13).
Proche de deux cent ans après, le monde n’est pas encore « conquis». Il y a des millions encore qui n’ont pas entendu l’Évangile, qui n’ont pas reçu la Parole de Dieu. Il y a près d’une centaine de tribus, selon les estimés, qui n’ont même pas encore eu de contact avec la civilisation, alors, encore moins avec la Parole de Dieu. Qu’allons-nous faire aujourd’hui? Se lever quand c’est fini et simplement retourner à nos occupations, où allons-nous faire quelque chose ? Qui va aller? Qu’attendons-nous pour envoyer quelqu’un à ses tribus qui n’ont jamais encore entendu la Parole de Dieu? Qu’attendons-nous pour aller? Qu’attendons-nous?
« Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux !
« Attendez-vous à de grandes choses de Dieu »
« Tentez de grandes choses pour Dieu»
« Faites quelque chose ! Faites quelque chose ! »
Oh, la Parole pour le monde, oui, la Parole de Dieu.
Oh, qui ira jusqu’au bout du monde, pour la Parole de Dieu?
Oh, la Parole pour le monde, oui, pour ce monde perdu.
Oh, qui paiera le plus grand des coûts, pour le Seigneur Jésus.
Oh, la Parole pour le monde, oui pour le monde entier,
Pour ce, il faut d’ici jusque là, La croire et L’observer.
Livres et ressources consultés :
– http://www.wholesomewords.org
– A Bunch of Everlastings, or, Texts That Made History by F.W. Boreham. New York: Abingdon, 1920.
– Christian Heroism in Heathen Lands by Galen B. Royer. Elgin, Ill.: Brethren Publishing House, 1915.
– Great Missionaries of the Church by Charles Creegan and Josephine Goodnow. New York: Thomas Y. Crowell, 1895.
– Pioneer Missionaries for Christ and His Church by Thomas John Bach. Wheaton, Ill.: Van Kampen Press, 1955.
– The Advanced Guard of Missions by Clifford G. Howell. Mountain View, Calif: Pacific Press Publishing, 1912
– William Carey (1761-1834) PERE DES MISSIONS MODERNES par Orlando Boyer http://sentinellenehemie.free.fr/bio_carey.html
2 réflexions au sujet de « La Parole de Dieu pour le monde entier #1 — WILLIAM CAREY »