Matthieu 6:9-15
Voici donc comment vous devez prier:
Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne–nous aujourd’hui notre pain quotidien ; pardonne–nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; ne nous induis pas en tentation, mais délivre–nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !
Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.
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Attardons-nous sur la prière. Comme nous avons vu, une relation avec Dieu se fait dans le calme de sa chambre privée, non à la vue des hommes. Une relation avec Dieu va connaître l’intensité que manifeste un jeûne sincère. Une relation avec Dieu va connaître l’honneur que nous lui rendons par nos dîmes et offrandes. Le point que nous voulons développer ici, c’est qu’une relation avec Dieu se caractérise aussi par un certain type de prière. Ici, ce n’est pas la formulation qui est importante, comme souligne Christ dans le verset 7, mais l’esprit de ce qui est communiquée à l’exemple de cette prière modèle. Christ nous donne ici une prière très concise et très riche. Elle est très instructive.
La prière modèle du Seigneur Jésus n’est pas une formule à suivre pour avoir la bénédiction de Dieu. Ça c’est justement prier comme les païens qui ne connaissent pas Dieu, qui pensent qu’à force de parole ils seront entendus (Mat. 6:7). Ça c’est approcher Dieu d’une manière superstitieuse. Les païens qui ne connaissent pas Dieu peuvent bien être religieux, ou irréligieux. Ils peuvent même se considérer chrétiens, sans l’être vraiment. Christ a donné le parabole de l’ivraie et du blé (Mat. 13:25-30). L’ivraie ressemble à du blé, mais ne donne rien. L’ivraie représente les faux chrétiens, qui peuvent peut-être se dire chrétiens et ressembler à des chrétiens, sans l’être réellement.
Rappelons-nous de Mattieu 7:21-23
21 Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
22 Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ?
23 Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité.
Alors, pour pouvoir prier selon le modèle de prière que Christ nous donne, le prérequis est qu’il faut avoir Dieu comme Père céleste, être devenu un enfant de Dieu, être devenu un vrai chrétien par la conversion à Jésus-Christ. Ensuite, on peut prier dans l’esprit que Christ enseigne.
Premièrement, donc, la prière doit refléter un esprit familial. On prie à Dieu le Père ( « notre Père qui est aux cieux »), au nom de Jésus-Christ. C’est non seulement le modèle de prière que Christ a enseigné, c’est le modèle reflété dans le reste de la Bible (Eph. 1:16-17; 2:18; 3:14; 5:20; Col 3:17). De s’adresser à Christ directement dans nos prières n’est bien sûr pas mauvais en soi, mais c’est une exception rare dans le modèle biblique. Pour prier à Dieu, comme on disait, il faut véritablement l’avoir pour Père Céleste (être véritablement un enfant de Dieu, ce qu’on devient par la foi en Christ; Jean 1:12). Les incrédules n’ont pas Dieu pour Père, mais plutôt le diable, sous la puissance duquel ils sont (Jean 8:44; Act. 26:18).
Deuxièmement, la prière doit refléter un esprit adorateur – « Que ton nom soit sanctifié». Autrement dit, que Dieu soit reconnu comme saint, séparé, unique, pure, élevé, exalté. Le Psaume 100 nous parle d’entrer dans sa présence avec louanges et actions de grâce. Ne sautons pas dans la prière avec nos requêtes. Prenons le temps d’admirer Celui en qui on se confie.
Troisièmement, la prière doit refléter un esprit assoiffé – «Que ton règne vienne.» Il faut avoir soif de la justice de Dieu et avoir mal au coeur de voir les méchants profiter de la patience pour multiplier leurs injustices (Rom. 2:3-4). La prière qui est agréable à Dieu reflète le désir de vivre pour les valeurs durables de l’éternité, et non pour le moment présent. Le moment présent ne vaut pas la peine d’être continué plus longtemps. On a hâte au royaume de Dieu.
Quatrièmement, la prière doit refléter un esprit soumis – « que ta volonté soit faite ». Christ nous en donne l’exemple suprême dans Matthieu 26:39. Une telle soumission n’est pas un fardeau, bien au contraire, puisque la volonté de Dieu est entièrement une volonté bonne, agréable et parfaite (Rom 12:1-3). Le chrétien ne doit pas juste chercher à faire ce qui est bien, mais sa volonté.
La prière selon Dieu, ce n’est pas de venir devant Dieu avec sa liste d’épicierie, des choses qu’on veut de Dieu. C’est plutôt de venir à Lui pour lui exprimer notre soumission à Sa volonté. Les choses demandées (point qui suit) ne sont demandés que dans un contexte que Sa volonté soit faite, et non pas la nôtre.
Cinquièmement, la prière doit refléter un esprit dépendant – « donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Un esprit autonome n’a pas sa place dans le coeur du croyant. On se repose sur la provision de Dieu. On le reconnaît comme étant celui qui nous a créé et qui pourvoit à la vie. On remarque les besoins, et on les amène devant Dieu, même nos besoins quotidiens élémentaires.
Quand George Müller s’est converti, il s’est ensuite rendu utile à Dieu en accuillant nombre d’orphelins. Mais jamais n’a-t-il envoyé de demande de dons à des organismes, ou églises, parce que sa dépendance était sur Dieu. Et parfois, quand il n’y avait plus rien dans les placards, il disait quand même à tous les centaines d’enfants dans son foyer, assoyons-nous à table et demandons à Dieu notre Père notre pain quotidien. Dieu pourvoyait parfois de façon spéciale et in extremis. Un cognement sur la porte, et un livreur en panne avec beaucoup de nourriture à donner pour ne pas que ça se perde, etc. Dieu n’est pas limité. C’est à Dieu qu’on s’attend pour nos besoins quotidiens. Ça ne veut pas dire de ne pas faire selon nos responsabilités. Dieu dit que celui qui ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non-plus (2 Th. 3:10). On fait selon nos responsabilités, en dépendance sur Dieu pour nos besoins.
Sixièmement, la prière doit refléter un esprit pure – « Pardonne nos péchés, comme nous nous pardonnons… ». La pureté ne vient pas seulement dans la confession de nos propres fautes, mais aussi dans le pardon des fautes des autres. L’amertume en soi est une faute qui coupe les ponts d’une bonne communion avec Dieu. Parfois, nous sommes trop sensibles au pied (on n’aime pas se faire piler sur nos pieds), pas assez des mains (on manque de sensibilité aux autres). Ne soyons pas sensibles aux fautes des autres, mais très sensibles au besoin des autres… La question du devoir de pardonner les autres est un point très important. Jésus-Christ revient sur ce détail tout de suite après sa prière. Il souligne son importance.
Durant le réveil Manchurien de 1908, sous Jonathan Goforth, le réveil est venu dans l’église Shinminfu quand l’assemblée a renoncé à l’esprit de vengeance qui régnait. En effet, sous la rébellion des Boxers, ils avaient perdu nombre de bien-aimés et avaient dressé une liste de 250 personnes impliqués dans les massacres. Ils espéraient éliminer au moment opportun les personnes sur cette liste. À la prédication de la Parole de Dieu par M. Goforth, ils ont été sous la conviction du Saint-Esprit pour cet esprit de vengeance et le refus de pardonner, et ont répondu à cette conviction d’un coeur brisé, et ont été cherché la liste et l’ont déchiré. Quelle renouvellement de la joie de leur salut ils ont pu trouvé quand leur coeur était prêt à pardonner, comme eux ont été pardonnés par Dieu. Notre bonne marche avec Dieu, notre bonne communion avec Dieu, et notre service pour Dieu sont bloqués quand on refuse de pardonner ceux qui nous causent offense (Mat. 6:14-15).
Septièmement, la prière doit refléter un esprit alerte – « Délivre nous du mal… » Christ avait averti ses disciples que la prière était nécessaire pour se fortifier contre les tentations (Mat. 26:41). Ne soyons pas naïfs. Nous serons tentés, ce n’est qu’une question de temps. Le monde dans laquelle nous vivons est méchant, pervers, corrompu, et ce n’est pas juste le monde autour de nous, c’est le monde en nous, car notre propre coeur par défaut est un coeur méchant et tortueux (Jér. 17:9). Nous avons besoin d’être alerte et de spécifiquement demander à Dieu de nous délivrer du mal.
Finalement, la prière doit refléter un esprit plein de foi – « car c’est à toi que reviennent dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen. » On manifeste notre conviction que Dieu peut répondre à toutes nos requêtes, puisqu’on lui attribue le règne, la puissance et la gloire. La prière de la foi sera toujours une prière d’adoration.