Jésus-Christ et Sa perspective à l’épreuve de tout découragement (partie 2)

Dans la première partie, nous avons vu que Christ n’était pas découragé de la volonté de Dieu le Père à Son égard, sachant que la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite (cf. Rom. 12:2). Dans cette deuxième partie, nous voyons spécifiquement ce qu’était la volonté de Dieu à son égard et la mission à laquelle Dieu le Père l’appelait. Nous verrons la raison pour laquelle Christ n’était pas découragé non plus par la mission que Dieu lui confiait, même si ça impliquait de terribles souffrances et le sacrifice de Sa vie.

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II. Sa perspective de la mission à laquelle Dieu l’envoie ne l’a jamais découragé.

Esaïe 42:1-8 « 1 Voici mon Serviteur, que je soutiendrai, Mon Élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon Esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations.
2 Il ne criera point, il n’élèvera point la voix, Et ne la fera point entendre dans les rues.
3 Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point la mèche qui brûle encore ; Il annoncera la justice selon la vérité.
4 Il ne se découragera point et ne se relâchera point, Jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, Et que les îles espèrent en sa loi.
5 ¶ Ainsi parle Dieu, l’Eternel, Qui a créé les cieux et qui les a déployés, Qui a étendu la terre et ses productions, Qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent, Et le souffle à ceux qui y marchent.
6 Moi, l’Eternel, je t’ai appelé pour le salut, Et je te prendrai par la main, Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour être la lumière des nations,
7 Pour ouvrir les yeux des aveugles, Pour faire sortir de prison le captif, Et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres.
8 Je suis l’Eternel, c’est là mon nom ; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles.
»

Avant de parler des versets 1 à 7, parlons de ce dernier verset. « Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles.» (Voir aussi Esaïe 48:11)

Vous savez que l’Apôtre Paul, parfois, pour la cause de l’argumentation, soulevait des objections possibles, pour pouvoir y répondre avec force.

Par exemple en Romains 9:14, il dit: « Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Loin de là !»

Eh bien, voici une telle question, qui me vint même dans mon enfance. Vers l’âge d’onze ans, je me rappelle, il m’était arrivé de me demander ce qui suit.

Question: Avec Dieu qui veut toute la gloire, et qui veut que Sa volonté soit faite, et bien, est-ce que ça ne ferait pas de Dieu un Dieu… égoïste?

Eh bien, nous pouvons répondre sans contredit comme Paul: LOIN DE LÀ!

Voyons comment et pourquoi.

Jean 3:16 dit-il :
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné un ange, 3e classe, qu’il a trouvé quelque part dans le fin fonds de son ciel? Non, pas du tout !

Jean 3:16 dit plutôt:
« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »

Son amour était tel qu’Il nous a donné Son plus précieux: Son Fils unique! Celui qu’Il chérissait tant.

Il n’y a personne qui ait donné plus que Dieu. Il n’est personne qui mérite plus de gloire pour être si aimant. Il est le premier et le dernier (Es. 48:12; Apoc. 22:13). Il y a beaucoup de facettes à cette expression, mais au grand minimum, que Dieu ait choisi la dernière place, qu’Il ait choisi de donner plus que tous, lui mérite la première place, et le plus grand honneur, haut la main. Mais revenant à Esaïe 42:8, ça serait en effet terrible de donner Sa gloire à des faussetés, à des idoles vaines, qui sont traîtres, parce que ceux qui s’y confient en retirent moins que rien (Es. 41:24).

Il y a plus. Infiniment plus.

Jean 5:26 « Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.»

Donné… Ça parle de l’amour de donner, de partager, au-delà de ce que l’on peut concevoir. Le Père a donné au Fils ce qu’Il avait de plus précieux, ce qui le définissait, Son existence-en-soi, Sa divinité, Son auto-suffisance, Son tout!

Mais bien plus que simplement l’auto-existence, ce don éternel du Père définit Sa personne comme étant plus que juste l’Auto-existant, mais l’Auto-existant-qui-aime. Il est amour. C’est dans son essence, sa nature.

– 1 Jean 5:8. « Dieu est amour.»

Et que dire de l’amour propre, est-ce de l’égoïsme?

– Esaïe 43:25 « C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, Et je ne me souviendrai plus de tes péchés.»

– Esaïe 48:11 « C’est pour l’amour de moi, pour l’amour de moi, que je veux agir ; Car comment mon nom serait-il profané ? Je ne donnerai pas ma gloire à un autre.»

Mais que nous commande-t-Il à ce sujet?

– Lévitique 19:18 « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Eternel.»

Le plus grand commandement, c’est d’aimer Dieu de tout son coeur, de toute sa force, de toute sa pensée (Matt. 22:36-37). Ça c’est pour nous en tant que créatures, vis-à-vis de notre Créateur, à qui nous devons tout. Mais vis-à-vis de nos semblables, le commandement est bien d’aimer son prochain comme soi-même. Un amour de soi-même est normal. On est créé avec.

Il n’y a donc pas de contradiction que Dieu est amour et en même temps qu’Il a un amour propre. Dieu a partagé l’essence même de qui Il est avec Son Fils. Il ne nous commande rien de différent de ce qu’Il a fait Lui-même : Il a aimé Son Fils comme Il s’aimait Lui-même.

Maintenant, le Fils est pareil que Son Père. Tel Père, Tel Fils. Non seulement l’auto-existence, mais aussi en ce qui concerne l’amour. C’est pourquoi aussi Dieu le Père aime le Fils, car le Fils est tout autant une personne aimante, l’antithèse même de l’égoïsme.

Jean 10:17 « Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre.»

Le Père aime le fait que Son Fils est une telle personne, qui donne sa vie.
Mais que vient faire ici le fait de la reprendre ? Cela n’enlève-t-Il à la signification de l’avoir donné? Non, actuellement, pour que donner Son Fils, qui donne Sa vie, soit vraiment un acte d’amour, le commandement de la reprendre fait partie intégrale de cette équation d’amour.

Pour nous aider à comprendre comment, revenons d’abord à Jean 3:16. Dieu nous a tant aimé qu’Il nous a donné son Fils, et nous savons ce pour quoi Il nous l’a donné : pour qu’Il donne sa vie pour nous.

N’y aurait-il pas là un problème si ça s’arrêtait là? Si Dieu nous aimait au point de sacrifier à jamais Son Fils, cela ne voudrait-il pas dire qu’Il nous aimerait plus que Son Fils ? Et si oui, il y aurait un très grand problème, que de nous aimer plus que Son Fils unique. Ce ne serait pas digne d’un père.

C’est là que la dernière partie de Jean 10:17 prend tout son sens: il n’y a, de fait, pas de problème, parce qu’il n’est pas du tout question d’un sacrifice permanent et éternel, c’est-à-dire de perdre Son Fils pour toujours, de l’envoyer perdre Sa vie à jamais.

– Jean 10:17-18 « Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre.
Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.»

Oui, Jésus savait hors de tout doute que la mission que Lui confiait Son Père n’était pas à la mort éternelle, mais à un sacrifice à la mort en un point précis temporel, suivi de la résurrection et de la vie à jamais.

Dans ce contexte, nous pouvons retourner à Esaïe 42:1-7 et voir l’oeuvre à laquelle Il est appelé (v. 6-7).

« 6 Moi, l’Eternel, je t’ai appelé pour le salut, Et je te prendrai par la main, Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour être la lumière des nations,
7 Pour ouvrir les yeux des aveugles, Pour faire sortir de prison le captif, Et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres.
»

Dans Esaïe 49:1-9, Christ, prophétiquement, donne sa perspective personnelle sur cette oeuvre à laquelle Il est appelé, et pourquoi Il n’avait eu aucune hésitation à vouloir l’accomplir: Il voyait sa mission de racheter Israël et être la lumière des nations comme un appel glorieux, venant d’un Maître aimant, qui a tout pourvu pour son succès.

– Esaïe 49:1-5 « 1 Iles, écoutez-moi ! Peuples lointains, soyez attentifs ! L’Eternel m’a appelé dès ma naissance, Il m’a nommé dès ma sortie des entrailles maternelles.
2 Il a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant, Il m’a couvert de l’ombre de sa main ; Il a fait de moi une flèche aiguë, Il m’a caché dans son carquois.
3 Et il m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai.
4 Et moi j’ai dit : C’est en vain que j’ai travaillé, C’est pour le vide et le néant que j’ai consumé ma force ; [rappelons-nous de ceci, parce que son oeuvre l’amènera à un point où tout semblerait avoir été en vain, fait pour rien (pensez à la croix où son peuple le rejetait cruellement, et ses disciples l’ont tous abandonné…); pourtant Il sait que ce n’est pas le dernier mot, c’est pourquoi Il continue: …] Mais mon droit est auprès de l’Eternel, Et ma récompense auprès de mon Dieu.
5 Maintenant, l’Eternel parle, Lui qui m’a formé dès ma naissance Pour être son serviteur, Pour ramener à lui Jacob, Et Israël encore dispersé ; Car je suis honoré aux yeux de l’Eternel, Et mon Dieu est ma force.
»

Sa perspective de l’honneur qui lui est donné dans l’oeuvre qui lui est confiée.

Ça aide d’être parent, pour apprendre des choses sur Dieu. Pour nous qui sommes parents, ne faisons-nous pas attention à donner du travail à nos enfants, selon leurs capacités? Donnerait-on le même travail à notre fils de 17 ans, que celui que l’on donnerait à notre bambin de 4 ans ?

– Esaïe 49:6 « Il dit : C’est peu que tu sois mon serviteur Pour relever les tribus de Jacob Et pour ramener les restes d’Israël : Je t’établis pour être la lumière des nations, Pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre.»

C’est comme si le Père disait: Juste racheter Israël, c’est un travail trop petit pour Toi. Je vais Te donner le plus grand travail qui soit : être le Sauveur et la lumière du monde entier!

Quel immense honneur!

Cependant, l’oeuvre ne sera pas tout honneur. Il y aura auparavant un mépris intense, le fait d’être pris en horreur même, qui viendra dans l’oeuvre confiée.

Esaïe 49:7-9 « 7 Ainsi parle l’Eternel, le rédempteur, le Saint d’Israël, A celui qu’on méprise, qui est en horreur au peuple, A l’esclave des puissants : Des rois le verront, et ils se lèveront, Des princes, et ils se prosterneront, A cause de l’Eternel, qui est fidèle, Du Saint d’Israël, qui t’a choisi.
8 Ainsi parle l’Eternel : Au temps de la grâce je t’exaucerai, Et au jour du salut je te secourrai ; Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour relever le pays, Et pour distribuer les héritages désolés ;
9 Pour dire aux captifs : Sortez ! Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Paraissez ! Ils paîtront sur les chemins, Et ils trouveront des pâturages sur tous les coteaux. Etc…
»

Mais le mépris sera temporaire, tandis que l’honneur sera permanent!

La perspective sur son oeuvre de souffrance : temporaire, une étape, pas le dernier mot.

Quel serait le dernier mot? Honneur, victoire, permanence.

– Esaïe 50:4-9 « Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné une langue exercée, Pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu ; Il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, Pour que j’écoute comme écoutent des disciples.
5 Le Seigneur, l’Eternel, m’a ouvert l’oreille, Et je n’ai point résisté, Je ne me suis point retiré en arrière.
6 J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, Et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; Je n’ai pas dérobé mon visage Aux ignominies et aux crachats.
7 Mais le Seigneur, l’Eternel, m’a secouru ; C’est pourquoi je n’ai point été déshonoré, C’est pourquoi j’ai rendu mon visage semblable à un caillou, Sachant que je ne serais point confondu.
8 Celui qui me justifie est proche : Qui disputera contre moi ? Compa-raissons ensemble ! Qui est mon adversaire ? Qu’il s’avance vers moi !
9 Voici, le Seigneur, l’Eternel, me secourra: Qui me condamnera ? Voici, ils tomberont tous en lambeaux comme un vêtement, La teigne les dévorera.
»

Avec une telle perspective, on ne résiste pas à Celui qui nous envoie en mission. On se donne en entier, sans aucune hésitation, sans aucune résistance, d’une façon soumise et humble, comme Christ l’a fait (v. 4-5). On obéit (v. 6), même quand c’est très brutal.

Brutal? On ne fait qu’introduire le sujet…

Esaïe 52:12-13; 53. « Voici, mon serviteur prospérera ; Il montera, il s’élèvera, il s’élèvera bien haut.
14 De même qu’il a été pour plusieurs un sujet d’effroi, — Tant son visage était défiguré, Tant son aspect différait de celui des fils de l’homme, –
15 De même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie ; Devant lui des rois fermeront la bouche ; Car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté, Ils apprendront ce qu’ils n’avaient point entendu.
»

La défiguration aigüe n’est pas souvent bien représentée dans la plupart des images de Christ lors de la crucifixion. Imaginez un boxeur à la fin de 15 rondes– la face toute enflée, non-reconnaissable. Christ était pire que ça, sans parler de Sa barbe qui lui a été arrachée.

Mais si la défiguration est terrible, ce n’est que du superficielle comparée à la nature de la souffrance intérieure et jusqu’à où la souffrance va mener.

Esaïe 53 complète le portrait et donne le noeud de l’oeuvre à accomplir: la mort expiatoire pour tous les pécheurs.

« Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l’Eternel ?
2 Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée ; Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n’avait rien pour nous plaire.
3 Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas.
4 ¶ Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié.
5 Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
6 Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie ; Et l’Eternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous.
7 Il a été maltraité et opprimé, Et il n’a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent ; Il n’a point ouvert la bouche.
8 Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment ; Et parmi ceux de sa génération, qui a cru Qu’il était retranché de la terre des vivants Et frappé pour les péchés de mon peuple ?
9 On a mis son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche, Quoiqu’il n’eût point commis de violence Et qu’il n’y eût point de fraude dans sa bouche.
10 ¶ Il a plu à l’Eternel de le briser par la souffrance …  Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l’œuvre de l’Eternel prospérera entre ses mains.
11 A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards ; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, Et il se chargera de leurs iniquités.
12 C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu’il s’est livré lui-même à la mort, Et qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes, Et qu’il a intercédé pour les coupables.
»

Remarquez encore une fois que la vallée profonde et ténébreuse de la mort expiatoire, du juste qui meurt pour l’injuste, se suit par le sommet de la résurrection (v. 10).

Remarquez le langage, on ne peut plus fort : Il a plu à l’Eternel de le briser par la souffrance. Ce plaisir n’est pas dans la souffrance en elle-même, mais contextuellement, dans la signification de cette souffrance (l’amour qu’elle exprime), et tout ce qui en ressortira.

Revenons maintenant à Jean 10:17-18.

« Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre.
18 Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.
»

Nous avons vu que l’amour du Père pour le Fils n’est pas remis en cause puisque Il lui a commandé de reprendre Sa vie, après qu’Il l’aura donnée.

Autant nécessaire était le fait de commander de reprendre Sa vie après l’avoir donné, certains risquent tout de même de cette objection : s’Il sacrifie ce qu’Il va ravoir, où est vraiment le sacrifice?

Nous pourrions répondre comme Paul dans Romains 3:2 : Il est grand de toute manière.

Nous pourrions même dire dans ce contexte: Entier, le sacrifice était entier de toute manière!

Voici pourquoi:

Il devait tout abandonner et faire confiance au Père qu’il en serait comme Il disait, qu’Il pourra bel et bien tout reprendre. Cet abandon n’est pas une mince affaire, comme en témoigne l’agonie qu’Il ressentait dans le jardin de Gethsémané (voir Mat. 26:38-44; Marc 14:36). Abandonner Sa gloire, Son honneur, non seulement Sa gloire divine pour se faire homme, mais même en tant qu’homme être déshonoré au plus haut point, subir la cruauté (Esa. 50:6; 53:3), prendre sur Lui-même le poids de nos péchés. Abandonner Son bien-être, souffrir au plus haut point. Renoncer à ses désirs pour ce qui est bon, plaisant, agréable, toute ambition, toute préférence. Ce n’était pas plus facile pour Lui que ça l’est pour nous. Il était humain autant que nous. Tout sacrifier…? Et puis, si ça ne marchait pas…?

Mais que dit-on là, comme si c’était possible que ça ne puisse pas marcher!?

Cette question « si ça ne marchait pas…? » est la même que celle de Satan :
« Dieu a-t-il réellement dit…? » (Gen. 3:1).

La confiance de Christ dans le Père.

C’est là que Christ a démontré Sa foi en Son Père, une foi bien-fondée. Il avait une confiance à toute épreuve en Dieu son Père, qu’Il reconnaissait totalement être parfaitement digne de confiance. Il Le reconnaissait comme étant parfaitement fidèle, en tout point, en tout moment, et que Ses buts étaient bons, même s’ils menaient à passer par un tel sacrifice.

La citation d’Esaïe 8:18 dans Hébreux 2:13 est appliquée à Christ, et Lui confère ces paroles: « Et encore : Je me confierai en toi.»

– 1 Pierre 2:22-23 dit: « Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude ; lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement ;»

A cause de Sa foi, aussi Christ a obéi sans hésitation.

– Esaïe 50:7 « C’est pourquoi j’ai rendu mon visage semblable à un caillou, Sachant que je ne serais point confondu.»

La foi de Christ se voit aussi dans Sa patience à attendre le temps de Dieu dans les choses (cf. Jean 2:4; 7:30; 8:20; 12:23; 17:1). Il a attendu le temps de venir (Gal. 4:4), Il a attendu le temps de commencer Son ministère public (Luc 3:23); Il a attendu le temps de Dieu de voir du fruit de Son oeuvre – Il a persévéré à travers le temps où tout semblait en vain (Es. 49:4), Il a encaissé les moqueries sachant que Dieu lui donnerai en temps et lieu le dernier mot (Ps. 2).

Jean 12:23-27 nous donne plus de détails sur la perspective glorieuse de Christ qui explique pourquoi Il n’allait pas être découragé dans la mission que Dieu lui confiait.

– Jean 12:23-27 « Jésus leur répondit: L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
25 Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle.
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera.
27 ¶ Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ? …  Père, délivre-moi de cette heure ? …  Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure.
28 Père, glorifie ton nom ! Et une voix vint du ciel : Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore.
»

L’heure de gloire à laquelle Christ réfère était l’heure de Son sacrifice ultime, Sa propre mort. C’était Sa gloire de donner Sa vie! Pourquoi?

Quelle belle illustration donne-t-Il pour nous aider à comprendre: « 24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.»

Si nous voulons garder une graine de semence, eh bien, nous n’aurons que cette seule graine. Nous pourrions la mettre sur un piédestal, ou la faire encadrer, mais c’est tout ce que nous aurions à jamais: cette seule et unique graine.

Mais si nous acceptons de la perdre, cette graine, pour la mettre en terre, nous ne l’aurons certes plus, mais à sa place, nous aurons une plante, et de cette plante, des milliers d’autres graines.

Théoriquement parlant, pour en établir le principe, considérons ceci: une fois incarnée, Jésus-Christ était pleinement humain. Et puisqu’Il n’avait jamais péché, Il serait à jamais au ciel le seul humain qui y aurait sa place, parce que pour le reste d’entre nous, nos péchés nous y empêchent d’y être. Jésus serait à jamais le seul humain au ciel.

J’ai dit « théoriquement » parce que Sa mission était de donner Sa vie, donc, il est inconcevable qu’Il n’accomplisse pas Sa mission en choisissant de ne pas mourir. Mais, pour le principe, nous comprenons l’idée.

Ainsi justement, Jésus-Christ a bien voulu faire ce sacrifice de mettre Sa vie en terre, façon de parler, et la plante qui en est ressortie a déjà produit beaucoup de graines, et elle n’a pas fini d’en produire.

Parce qu’Il s’est laissé être planté en terre, il y aura beaucoup d’humains au ciel, et je sais que je serai de ce nombre, et gloire à Dieu pour les autres aussi. Si vous n’avez pas encore votre place assurée, venez à Jésus-Christ.

Son heure de gloire était de donner Sa vie pour le fruit qui en ressortirai. Non seulement Il retrouvera la vie dans la forme d’une plante fructueuse, mais justement aussi, de multitudes de grains en seront l’évidence éternelle que ça en aura valu la peine.

Christ nous appelle à adopter sa perspective.

Christ applique fondamentalement le même principe à tout humain.

« 25 Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle.»

Fondamentalement, chacun doit voir que la vie qu’on mène est corruptible et gâchée par le péché. Elle perdure un temps par la patience de Dieu, mais elle sera perdue au jugement dernier, il en certain. Si on aime sa vie peu importe à quel point elle est corrompue et corruptible, et qu’on n’est pas prêt à l’abandonner, on va la perdre tôt ou tard, c’est certain. Mais si nous abandonnons cette vie déchue, nos péchés, notre incrédulité, pour accepter Christ comme Sauveur et Seigneur, nous « la conserverons pour la vie éternelle ».

Christ applique ensuite le même principe au service pour Dieu de ceux qui se convertissent à Lui.

Pour ceux d’entre nous qui nous sommes convertis à Lui, Christ ne nous appelle à rien qu’Il n’a pas été prêt à faire Lui-même. Il nous appelle à Le suivre, parce qu’Il mène, Il va en tête, en premier, devant nous, et ouvre le chemin du sacrifice à la mort. Mais Christ ne nous appelle à rien de moins non plus. Ce n’est pas une option, une suggestion, mais un commandement. Il a été prêt, sans hésitation, à faire de ses délices la volonté de Dieu, à donner Sa vie en sacrifice par amour sachant que la volonté de Dieu était aussi qu’Il la reprenne pour toujours, et avec plein de fruits. Autant pénibles les souffrances, autant profonde la vallée, Christ ne nous appelle à rien de moins que de renoncer à nous-mêmes, à prendre notre croix à tous les jours et Le suivre. Mais le sommet de gloire et d’honneur, et de fruit, suit. Il y a donc rien de décourageant à ce à quoi Il nous appelle.

Luc 9:23 « Puis il dit à tous : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive.»

Ne nous épeurons pas de la profondeur de la vallée, de degré de souffrance que cela pourrait vouloir dire. Le sommet de l’autre côté était en proportion de la profondeur de la vallée pour Christ. Il en est de même pour nous aussi. Notre vallée ne sera jamais aussi profonde que celle de Christ.

Il en est comme d’une élastique. Le plus qu’on l’étire, le plus il va loin. Le plus donc que l’on est étirée vers le bas, dans notre sacrifice de vie pour servir Christ, le plus haut que le sommet d’honneur et de fruit aboutira.

En conclusion, Christ était convaincu de la véracité et de la bonté de Dieu dans son commandement de donner sa vie et de la reprendre. Il n’a donc pas hésité à faire la volonté de Dieu.

La proclamation de la bonté et de la fidélité de Dieu à la grande assemblée.

Il a proclamé la justice, la fidélité, et la bonté de Dieu à la grande assemblée, comme il est dit dans le Psaume 40.

D’ailleurs, sur ce point, il vaut la peine de remarquer un petit verset dans l’Evangile de Jean, donné en passant, quasiment comme un détail, mais ô quel détail! Quelle richesse y est communiquée.

– Jean 14:31 « mais afin que le monde sache que j’aime le Père, et que j’agis selon l’ordre que le Père m’a donné, levez-vous, partons d’ici.»

Le contexte est primordial ici. Christ se retrouve avec ses disciples dans la chambre haute, et le prochain événement, c’est au jardin de Gethsémané, où Il sera livré pour être crucifié.

C’est donc pour aller à sa mort qu’Il se lève quand Il dit qu’Il veut que le monde entier sache qu’Il aime le Père et qu’Il agit selon l’ordre que le Père lui a donné.

Il est convaincu de l’amour du Père pour Lui dans Sa volonté pour Lui, dans le commandement qu’Il lui a donné (cf. Jean 10:17), et y répond par de l’amour entier d’y être entièrement soumis. Il veut que Son amour pour le Père soit connu par le monde entier.

Non, vraiment, quand on considère Dieu et Sa volonté, la mission que Dieu lui confiait, Christ a bien compris: il n’y avait rien de décourageant, bien au contraire.

Et quand on considère ce qu’Il veut de nous, à commencer par notre conversion, la repentance et la foi, puis ensuite notre renoncement à soi pour Le suivre comme disciple, et bien, il n’y a rien de décourageant non plus quand on voit les choses de la perspective (bien-fondée) de Jésus-Christ.

Dans la prochaine partie, nous verrons que Christ n’était pas découragé non-plus même s’il devait venir et agir en tant que simple homme, considérant qui Dieu Lui avait pourvu pour Le diriger et L’aider dans Sa mission.

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