Lire Actes 18:4-11
Actes 18:8 « … Cependant Crispus, le chef de la synagogue, crut au Seigneur avec toute sa famille. Et plusieurs Corinthiens, qui avaient entendu Paul, crurent aussi, et furent baptisés. »
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La tolérance religieuse était peu connue à l’époque de la Réforme en Écosse, car le presbytérianisme était en plein essor. John Knox avait qualifié ceux qu’on appelait alors les anabaptistes de « personnes les plus horribles et absurdes »1. Il existe des preuves des efforts d’évangélisation des baptistes en Écosse à l’époque du Commonwealth britannique et du règne d’Oliver Cromwell, le Protecteur. Des soldats baptistes se trouvaient en Écosse à cette époque, mais il semble que l’élan des baptistes se soit essoufflé avec le départ des troupes britanniques et des baptistes qui les accompagnaient. Cependant, les principes baptistes ne peuvent jamais être complètement oubliés, car ce sont les principes du Nouveau Testament. Ce n’était qu’une question de temps avant que des hommes réfléchis et spirituels redécouvrent les principes du Nouveau Testament et cherchent à harmoniser leur pratique avec leurs convictions.
C’est ainsi qu’après une période d’environ quatre-vingt-dix ans sans influence baptiste significative, le nord de l’Écosse a vu la fondation d’une église baptiste. Sir William Sinclair, qui avait acquis des convictions baptistes dans le sud, est retourné dans sa ville natale de Keiss, l’un des endroits les plus septentrionaux du continent écossais, et a fondé une église baptiste le jour de l’An 1750. Sinclair fut surnommé « le chevalier prédicateur » par l’évêque du diocèse, qui l’accusa d’avoir « adopté cette étrange manière de se promener en prêchant sans avoir été mandaté ou nommé par quiconque ».2 Il est intéressant de noter que cette église fut fondée dans l’enceinte d’un ancien château et est considérée comme la plus ancienne d’Écosse, mais elle ne parvint pas à influencer la nation comme elle aurait dû le faire.
La véritable continuité du témoignage baptiste en Écosse doit être datée d’une conversation entre deux amis, Robert Carmichael et Archibald McLean, à Glasgow en 1763. Carmichael demanda à McLean : « Que penses-tu du baptême ? »
Les deux hommes étaient en mode recherche vis-à-vis des principes bibliques, et McLean, qui n’avait jamais encore réfléchi à cette question, accepta d’étudier et de réfléchir à ce sujet. Peu après leur conversation, Carmichael déménagea à Édimbourg pour exercer son ministère auprès d’un groupe indépendant. En juin 1764, Carmichael écrivit à McLean pour lui demander ses conclusions. Dans une lettre datée du 2 juillet 1764, McLean écrivit qu’il était parvenu à la conclusion que l’ordonnance du baptême était réservée aux croyants et que le mode était l’immersion; il était parvenu à cette conclusion après avoir étudié le Nouveau Testament, sans avoir été persuadé par aucun baptiste. Carmichael, pour sa part, n’était toujours pas convaincu.
Ayant des divergences doctrinales avec l’église dont il était le pasteur, Carmichael se retira et fonda une autre congrégation. En réfléchissant au sujet du baptême, Carmichael, enfin de compte, se rendit à l’évidence, développa des convictions fortes sur le sujet et commença à prêcher l’immersion des croyants.
Cinq des membres de sa nouvelle congrégation ont adhéré à la nouvelle conviction de leur pasteur, mais la question se posait désormais de savoir où ils pourraient recevoir cette immersion des croyants. Carmichael a correspondu avec le Dr John Gill, demandant au célèbre pasteur baptiste britannique à se rendre à Édimbourg, à baptiser le groupe et à inaugurer une église baptiste. Le Dr Gill a répondu en invitant plutôt Carmichael à Londres afin qu’il puisseêtre baptisé là. C’est ainsi que, le 9 octobre 1765, en présence de six cents personnes, le Dr Gill baptisa Robert Carmichael. Cet événement provoqua une attaque dans un journal local, ce qui conduisit le Dr Gill à publier le sermon qu’il avait prêché à cette occasion.
De retour à Édimbourg, Carmichael baptisa les autres et fonda la Bristol Place Church, une église baptiste qui peut être considérée comme l’église mère des églises baptistes écossaises.
Après avoir été baptisé par immersion par Robert Carmichael, Archibald McLean retourna à Glasgow, baptisa les convertis dans la rivière Clyde et fonda l’église baptiste de John Street. L’année suivante, McLean retourna à Édimbourg et aida Carmichael dans son travail. Bien que McLean ait été le deuxième des deux frères à être baptisé, c’est son influence qui devint la force dominante dans les églises baptistes écossaises qui suivirent.
Robert Carmichael s’installa à Dundee en 1769 et décéda en 1774. McLean devint connu parmi les baptistes sous le nom de « Père McLean ». Cet homme de Dieu mourut le 21 décembre 1812, après une vie riche en bénédictions. Il produisit d’excellents ouvrages doctrinaux, qui furent rassemblés en sept volumes en 1805. C.H. Spurgeon a qualifié le Commentaire sur les Hébreux de McLean comme « l’une des expositions les plus judicieuses et les plus solides jamais écrites »3.
Au fil des ans, alors que la question de Carmichael a été posée, étudiée et approfondie, des hommes et des femmes d’horizons divers sont parvenus à la conclusion biblique que le baptême est réservé aux croyants et qu’il est pratiqué par immersion.
En ce premier jour de la nouvelle année, je ferais peut-être bien de vous poser à nouveau cette question : « Que pensez-vous du baptême ? » L’eunuque éthiopien a bien répondu à cette question : « Voici de l’eau ; qu’est-ce qui m’empêche d’être baptisé ? »
– David L. Cummins
- Traduit avec permission de This Day in Baptist History, Vol. 2.
Notes:
- George Yuille, History of the Baptists in Scotland (Glasgow, Scotland: Baptist Union Publications Committee, 1926), p. 24. ↩︎
- W. J. Seaton, A Short History of Baptists in Scotland (Dunstable, England: Fauconberg Press,1983), p. 4. ↩︎
- Charles Haddon Spurgeon, Commenting and Commentaries (Grand Rapids, Mich.: Kregel Publications, 1954), p. 188. ↩︎