Dans notre premier article sur Ruben Saillens, nous avons vu le début de sa vie et de son ministère, se penchant particulièrement sur sa conversion, malheureusement décrite en plusieurs conversions, ou une conversion par étape. (voir article)
Dans cet article, nous parlerons de son temps de ministère en tant que pasteur d’une église baptiste, qu’il a fondée, et par la suite de ses années de ministère en tant qu’évangéliste inter-confessionnel. Nous voulons surtout considérer ces choses à la lumière des principes de la Parole de Dieu et voir si c’était une bonne chose de laisser de côté les principes bibliques qu’il enseignait et mettait en pratique en étant pasteur d’une église baptiste, pour tenir des réunions avec des audiences très larges où ça ne serait pas bienvenu d’être trop spécifique quant à proclamer ce que la Bible enseigne particulièrement sur le baptême.
Est-ce une bonne chose de laisser côté les différences dénominationnelles entre églises pour pouvoir atteindre une plus grande audience avec l’Evangile?
Nous verrons que non, ce n’était pas du tout une bonne chose, selon la Parole de Dieu.
(lire et/ou télécharger le format pdf)
(voir le vidéo de cet enseignement)
Pasteur baptiste de l’Eglise Baptiste, rue de St-Denis. 1889-1905
Depuis longtemps, le besoin de former des disciples des personnes qui faisaient profession de foi aux réunions d’évangélisation de la Mission Mac All se faisaient ressentir, ce qui a finalement conduit à la décision d’implanter une église dans un quartier de Paris. Avec ses convictions sur le baptême, c’est une église baptiste qu’il commence, avec le soutien de la Mission Mac All (qui n’a pas duré trop longtemps), et de la mission américaine ABFMS. Avec le soutien de ce dernier, vient l’exigence de former une union baptiste et de travailler avec Philémon VINCENT, pasteur de l’Église Baptiste de la rue de Lille.
L’ABFMS lui demande aussi en 1892 de faire une tournée de 3 mois aux Etats-Unis pour le centenaire du début de l’oeuvre missionnaire de William Carey aux Indes. Cette tournée est très fructueuse et beaucoup de fonds sont collectés pour les missions Mais en revenant, il est accusé de graves écarts moraux dans la gestion des finances par Philémon Vincent, ce qui entraîne une période très douloureuse de calomnies et d’accusations. Comme nous avons déjà vu, la mission finit par faire son investigation et ne trouve aucun bien-fondé aux accusations, mais le déchirement est profond et perdure. L’union baptiste se défait en 1893.
Mais comme nous l’avons déjà remarqué sous la section sous Philémon Vincent, les différences théologiques et les faux enseignements de Vincent ne sont pas du tout abordés, si même ils sont reconnus dans leurs racines. Le problème de fonds reste donc latent, mais un minimum de problème reconnu, ce qui attrait au moins à l’inerrance de la Bible, contribuera plus tard au désillusionnement de Saillens vis-à-vis de rester dans les milieux baptistes et à son retour à un ministère d’évangélisation inter confessionnel.
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Ressource biographique: Ruben et Jeanne Saillens : évangélistes, par leur fille Marguerite Wargenau-Saillens (MWS), 399 pages).
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Dans tous les cas, pour le moment, dans ces années difficiles, Spurgeon devient une grande source d’encouragement aux Saillens.
« C’est en 1891 que j’eus l’honneur de recevoir pour la première fois une lettre de C.-H. Spurgeon. Nous étions alors, notre jeune Église et moi, dans une passe difficile. Nous avions dû nous séparer de ceux avec lesquels nous avions été unis, jusque-là. Je ne sais comment Spurgeon avait entendu parler de nous. Il m’écrivit une lettre affectueuse pour m’exprimer sa sympathie et m’inviter à assister à la Conférence annuelle de son Collège pastoral… » (MWS, p. 129)
Malgré les difficultés, l’église de Ruben Saillens « se développe rapidement, tant en nombre (600 baptisés en 10 ans, ils sont 1000 en 1905) qu’en activité (en plus des cultes, réunions d’évangélisation, écoles du dimanche comportant des classes pour adultes, sociétés de jeunes gens et de jeunes filles, société de Tempérance, soupe populaire vu la proximité des Halles …) » (Article de Vesoul).
RETOUR À UN MINISTÈRE D’ÉVANGÉLISATION INTER CONFESSIONNEL
– ET LES PROBLÈMES QUI EN DÉCOULENT.
Réveil de 1904-1905 au Pays de Galles avec Evan Roberts (voir l’article à ce sujet)
(MWS, p. 138-150) (Voir article sur ce réveil; pdf)

Ce qui se passe au Pays de Galles (ferveur évangélique, longues réunions venant d’une grande soif pour la Parole et pour l’oeuvre du Saint-Esprit dans les cœurs, 75 000 conversions en quatre mois, beaucoup de retombés sociales et d’assainissement des mœurs, fermeture de bars, niveau de crimes largement à la baisse, etc) commencent à se faire ébruiter au-delà du Pays de Galles. En entendant parler, les Saillens décident de voir pour eux-mêmes. Ils retournent pour partager ce dont ils ont été témoins, et pour prêcher le besoin d’un réveil aussi en France. Les invitations se multiplient et, en accord avec la mission ABFMS, Saillens se tourne au ministère d’évangéliste et de prédicateur de réveil, laissant à son gendre, Arthur Blocher, la tâche pastorale de sous-berger à l’Eglise de la rue St-Denis. Ruben Saillens en restera le pasteur honoraire bien-aimé, revenant y prêcher généralement une fois par mois. Blocher, formé au Spurgeon’s College, et partageant largement les convictions de son beau-père, dirigera l’église en continuant sur la même lancée.
Après 1905, Evangeliste, réunions de Réveil, Conférences, Conventions interconfessionnelles
Ruben Saillens témoignait avec alarme de la montée du modernisme (ou libéralisme), et de l’orthodoxie morte au sein du protestantisme français. Cette tendance ou ouverture au modernisme s’était aussi infiltré d’une façon significative dans les milieux baptistes. Aussi, plutôt que d’être frustré à essayer de travailler dans un contexte baptiste plus restreint, affecté par les tiraillements avec ceux qui mettaient en question l’inerrance de la Bible, Ruben Saillens a préféré poursuivre un engagement au-delà des baptistes, plus large et généralisé, une unité non-dénominationnelle, derrière l’inérrance de la Bible et la véracité de l’évangile pour les « réveillés » (voir MWS, pages 156-159).
Il y a beaucoup à apprécier de la ferveur pour le salut des âmes et l’engagement des convertis, et pour ce, voici un extrait assez soutenu (MWS, p. 146-150).
« Les réunions de Réveil ne provoquent pas seulement beaucoup de conversions, mais aussi de nombreuses vocations.
Pendant ses campagnes de Réveil, R. Saillens a inauguré, à l’instar des évangélistes anglo-saxons, une manière de manifestation pour les convertis ou ceux qui désirent l’être. Pout attirer l’attention des auditeurs sut la seule chose nécessaire, il offre à la fin des réunions une carte à laquelle on donne le nom de carte de décision. Il en écrit lui-même le texte :
« Me reconnaissant coupable devant Dieu, je crois de coeur que Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, est mort pour mes péchés, et ressuscité pour ma justification. Réconcilié avec Dieu, je me donne à Lui entièrement et je désire le servir fidèlement avec le secours du Saint- Esprit. »
La carte devait être signée à tête reposée par celui qui la prenait, et le talon, muni du nom et de l’adresse du destinataire, devait être renvoyé à R. Saillens ou au pasteur de l’église dans laquelle la mission avait eu lieu. La distribution des cartes, aussi bien que la manifestation des mains levées, fut souvent critiquée.
« Faire dire à un nouveau converti d’un jour, même d’une heure, écrit un pasteur: « Je me donne à Dieu entièrement », n’est-ce pas demander l’impossible à un débutant ? »
[…]
Cependant, R. Saillens avait de bonnes faisons pour persévérer dans ce moyen de provoquer de la part des néophytes l’affirmation de leur foi. Il reçut de nombreuses lettres, accompagnant le talon, exprimant combien cette formule avait poussé à la réflexion devant Dieu ceux qui hésitaient encore.
R. Saillens aimait à raconter l’embarras d’une jeune fille devant le mot « entièrement » qui faisait partie du texte :
— Monsieur, disait-elle, c’est beaucoup « entièrement ». Si vous aviez mis « sincèrement », je pourrais signer
— Mademoiselle, supposez que vous soyez fiancée à un homme qui vous aime beaucoup et que vous refusiez de vous donner à lui entièrement, que penserait-il de vous ?La jeune fille comprit et signa.
Ce mot « entièrement », R. Saillens y tenait beaucoup. Nous avons retrouvé une carte signée par lui-même le 31 août 1925 où il a souligné le mot « entièrement ».
« Je vous renvoie sous ce pli le talon de la petite carte que j’ai signée il y a quelques jours, écrivait une auditrice, et je veux vous dire que grâce à vous, j’ai éprouvé encore plus de joie aujourd’hui, Vendredi-Saint, dans la communion de mon Sauveur, sentant davantage ma misère et mon péché, aussi le mot entièrement ne m’effraie plus. »
« J’ai tenu à signer devant Dieu cette carte solennelle, écrit un soldat en partance pour le front, en 1917, pour avoir, pendant mon service à la Patrie, le secours de Dieu et de vos frères, et pour m’aider à lutter contre les tentations… » « Cette carte à fait une grande impression à notre voisine, écrit une auditrice. Elle l’a portée à se mettre à genoux tous les jours et à être scrupuleuse dans les petits détails… »
R. Saillens aimait aussi à citer le fait suivant : Il parlait à Lausanne lorsqu’un beau jeune homme, qui avait écouté avec intérêt, vint lui demander une carte de décision. Quelque temps plus tard, il reçut une lettre de M. le pasteur de Haller : « Cher Monsieur, vous avez sans doute encore présent à l’esprit ce jeune homme russe qui, à votre réunion de la Salle Centrale, avait si franchement déclaré vouloir suivre le Seigneur. Vous lui avez adressé quelques paroles dont il était tout heureux. Eh bien, ce jeune homme n’est plus de ce monde : il est mort avant-hier d’une chute de bicyclette. »
M. de Haller demande à R.S. d’écrire à la mère de ce jeune homme de 17 ans. Elle lui répond, cette veuve, dont ce fils unique était le tout, que sa grande consolation a été de trouver dans la poche de son fils cette carte signée par lui, où il déclarait accepter Jésus comme son Sauveur.
Si quelques auditeurs prenaient à la légère la carte, la gardaient sans la signer, ou la signaient sans être vraiment décidés à se donner, il y en eut par contre beaucoup, et surtout parmi les protestants, qui savaient ce qu’ils faisaient, et pour qui la signature de cette déclaration fut un acte décisif dans leur vie chrétienne.
Une jeune fille de 20 ans lui écrit : « Je n’ai pas encore signé ma carte, car j’ai des doutes sur ma conversion ». Une telle déclaration entraîna une correspondance qui devait amener pour cette jeune fille une pleine lumière.
Un évangéliste écrit : « Je me suis comme à nouveau donné entièrement au Maître, et j’ai tenu en apposant ma signature à cette carte, dont je joins le talon à ces lignes, m’assurer le concours de votre sympathie chrétienne et de VOS prières. »
[…]
R. Saillens s’aperçut au cours de ses tournées que les gens « réveillés » se trouvaient tout à coup terriblement isolés dans leur milieu. Pour leur venir en aide, il fonda une Société toute spirituelle: « Les Amis du Christ ». Ces chrétiens promettaient de prier les uns pour les autres, de se réunir entre eux quand ils le pouvaient, et se retrouvaient dans les conférences ou réunions auxquelles ils étaient convoqués.
R. Saillens se rendit compte, en outre, que la froideur des Églises était causée, en grande partie, par l’indifférence à l’égard de la Bible et par la théologie alors en vogue : le modernisme.
Pour remédier à ces causes profondes de l’affaiblissement de la foi, il fut poussé par l’Esprit de Dieu, agissant sur lui ainsi que sur d’autres chrétiens, à fonder des cours bibliques, suivis de retraites spirituelles auxquelles on donna le nom de conventions. » (MWS, p. 146-150)
Viennent donc cours bibliques et conventions à Chexbre (3 ans), puis à Morges après, sur ces deux thèmes centraux, l’autorité de la Bible, et l’abandon de soi à Dieu.
« Suite à une mission de Réveil particulièrement fructueuse au printemps 1906 à Lausanne sous l’égide d’un comité inter-ecclésiastique, un appel est lancé pour une poursuite et un approfondissement de ce genre de réunions où sont réaffirmées les doctrines de l’entière autorité de la Bible. Le principe est acté en septembre de la même année pour l’été suivant de Cours Bibliques suivis de réunions, à Chexbres (à 12 km de Lausanne au bord du Léman) où un donateur met à disposition sa propriété. La multiplicité des inscriptions oblige à utiliser, pour les Cours la salle des fêtes de l’hôtel Victotia, et pour la Convention, la tente d’évangélisation de la mission bâloise : Les « Conventions de Chexbres » étaient nées. Elles émigrent à Morges trois ans plus tard.
Pour Ruben Saillens, Les Cours Bibliques aussi bien que les Conventions sont l’occasion de proclamer l’autorité de la Bible. Madame Saillens y voit surtout l’édification chrétienne et le cadre qui convient pour partager cette fameuse expérience d’abandon total (« Complete surrender ») qu’elle a faite elle-même. Deux visions complémentaires, les résultats de l’une découlant de l’autre. Et la marque propre du couple Saillens dans l’importance donnée aux cantiques et à la chorale. » (Article de Vesoul [court et succinct résumé biographique de Ruben Saillens (écrite d’une perspective malheureusement inclusive): https://eglisebaptiste-vesoul.fr/biographies/biographie-ruben-et-jeanne-saillens/]))
À partir de 1910 Tentes d’évangélisation, campagnes de plusieurs semaines…
Devises :
« La Bible, toute la Bible, rien que la Bible ». MWS, p. 155
« Le Christ tout entier dans la Bible tout entière » MWS p. 230.
Prises de position – Saillens est accusé même d’un certain exclusivisme…
« Elles manifestent un œcuménisme vécu dans une grande fraternité enthousiaste, mais sans confusion. Les participants viennent librement de tous horizons, naturellement, mais la sélection des enseignants et orateurs est rigoureuse et impose une unité doctrinale stricte. C’est qu’il ne s’agit pas de se réjouir en se payant de grandes envolées aussi creuses que généreuses : les Saillens tiennent à ce que soit dispensée une nourriture spirituelle consistante et sans mélange. Cela n’est pas compris et donne lieu à de sévères critiques. On se plaint de « l’exclusivisme de Chexbres ». D’éminents pasteurs, parfois amis des Saillens, repoussés, se plaignent dans les journaux et lancent un manifeste. Ruben souffre profondément de l’hostilité qu’ont déclenchée ses prises de position. » (Article de Vesoul; Voir MWS, p. 167-169).
Prises de position, certes, mais choix de limites dans ses prises de positions.
Marguerite Wargenau-Saillens fait quelques notes très importantes qu’on se doit de citer :
« C’est donc pour rester fidèle à ce qu’il croit être la doctrine biblique que R. Saillens va se « confiner », comme le redoutait son beau-père, dans une chapelle baptiste. Si Dieu le remet au travail d’évangélisation quelques années plus tard, il ne cessera pas pour cela de rester fidèle à ses principes ecclésiastiques et ce sera pour lui une grande souffrance de ne pas pouvoir mettre en lumière, dans les milieux interconfessionnels où Dieu l’enverra, cette vérité qu’il estime primordiale, celle du baptême biblique ; ce sera pour lui une mutilation continuelle qui l’empêchera souvent de se réjouir sans arrière-pensée des conversions amenées par ses prédications. » (MWS p. 122,
« Une des souffrances qui l’attend, c’est de devoir, quand il reprendra son travail d’évangéliste, taire ses idées ecclésiastiques qu’il croit essentielles » (MWS, p. 105).
Questions importantes : Est-ce acceptable de tronquer la grande commission pour avoir une audience plus large ? Pourquoi étouffer et taire ses convictions baptistes pour travailler dans un milieu interconfessionnel ? Est-ce vraiment Dieu qui l’envoie dans les milieux interconfessionnels ? Est-ce qu’il n’aurait pas pu faire son travail d’évangéliste et ses réunions de réveils, tout en prêchant fidèlement ce que la Bible enseigne sur le baptême, etc. ? Cette « mutilation continuelle qui l’empêchera souvent de se réjouir sans arrière-pensée des conversions… » était-elle vraiment nécessaire et souhaitable ? Le compromis à cet effet pour ouvrir plus grand les champs vaut-il la peine ? Ce compromis n’amène-t-il pas un début de fragilisation de l’évangile-même qu’on a à coeur de propager ?
D’une part, la réponse donnée pourrait être que, oui, le salut est le plus important, donc, tronquons ce qui n’est pas essentiel, pour pouvoir avoir une plus grande audience pour communiquer l’essentiel. MAIS:
– Si Jésus-Christ commande le baptême, qui sommes-nous pour le mettre de côté et ne pas en parler? Le baptême est inclus de part entière, clairement et explicitement, dans la grande commission du Seigneur Jésus-Christ (Mat. 28:19-20).
– La présentation de l’Evangile dans le Nouveau Testament inclut le commandement de se faire baptiser (e.g. Actes 2:37-41; Actes 8:35-36; Act. 16:31-34; Actes 22:16). Même si le baptême n’est pas essentiel — et il ne l’est pas du tout***– il est cependant très, très important pour commencer à démontrer une foi agissante, et non pas une foi morte (Jac. 2:14-29; Marc 16:16). Une foi agissante, c’est une foi qui pousse le croyant à se mettre en branle dans l’obéissance envers Jésus-Christ, et le premier pas d’obéissance que Christ ordonne est de témoigner publiquement par les eaux du baptême de sa foi en Lui. La foi agissante ne s’arrêtera pas avec le baptême, bien sûr. Elle va vouloir apprendre à propos de tout ce que Christ a prescrit, pour le mettre en pratique.
*** Dire moindrement que le baptême est essentiel devient un faux-évangile; Paul, dans 1 Cor. 1:17, est très clair que le baptême ne faisait pas du tout parti de l’évangile; dire que le baptême est essentiel rendrait la croix vaine; ça reviendrait à dire que Christ à la croix n’a pas tout accompli. « Ce n’est pas pour baptiser que Christ m’a envoyé, c’est pour annoncer l’Evangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix de Christne soit pas rendue vaine. »
Alors tronquer la grande commission et devenir un évangéliste qui prêche l’évangile sans parler du baptême enlève au message que Jésus-Christ a commandé de prêcher, et fait que l’évangile qui est prêché perd de son contexte pour être bien compris. Ça peut donner de l’assurance du salut d’une façon prématurée et sans être nécessairement bien-fondé, car il y a des personnes qui veulent bien croire, mais peut-être plus dans le sens de croire mentalement, et pas nécessairement dans le sens de la foi agissante dont la Bible parle.
Vouloir donner l’évangile sans trop donner de contexte pour ne pas se limiter dans les appuis et les audiences va tendre aussi à devenir inclusif, comme nous le verrons malheureusement aussi pour les Saillens.
D’autre part, quelqu’un pourrait penser que, dans le cas de Ruben Saillens, il y avait clairement un appel sans réserve à l’obéissance et à se donner à Dieu. Alors, dans ce contexte-là, ne peut-on pas passer outre de ce détail « divisif » du baptême… ? MAIS :
– L’obéissance sélective en pratique (en passant entre autres sous silence le baptême) dans un contexte de réclamation explicite d’une entière obéissance, c’est de commencer à faire diluer le sens des mots. Ça introduit une inconséquence qui entame le processus que le sel commence à perdre sa saveur (Mat. 5:13).
– Encore une fois, c’est le Seigneur Jésus qui a commandé le baptême. Qui sommes-nous pour penser que c’est un détail « divisif » qu’il vaut mieux ne pas aborder?
De plus, en laissant sous silence l’enseignement biblique sur le baptême, on laisse aussi sous silence le devoir de suivre tout l’enseignement biblique sur l’église locale, son importance, ses dirigeants, sa discipline, sa fonction, etc. D’ailleurs, le ministère de Ruben Saillens, avec sa Société Les Amis du Christ et ses conventions, opérait en marge, d’une façon extra-ecclésiastique, au contexte que Dieu voulait pour les croyants, c’est-à-dire, l’église locale. Les croyants n’étaient pas encouragés à quitter leurs églises, peu importe leur degré d’infidélité et/ou peu importe si elles étaient mortes ou non, pour se joindre à ou former des églises fidèles au Seigneur Jésus-Christ et à sa grande commission; ils étaient simplement encouragés à trouver la communion, l’enseignement et l’encouragement qu’ils recherchaient à travers cette Société, Les Amis du Christ, au lieu de la trouver dans une église locale fidèle.
CONCLUSION
Dieu appelle les perdus à se convertir, puis Dieu appelle ceux qui se convertissent à se faire baptiser, puis d’obéir à la grande commission, qui n’est rien de moins de travailler à proclaimer la bonne nouvelle à toutes les nations, en faire des disciples et les baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, puis de les enseigner tout ce que Jésus-Christ a prescrit (Mat. 28:18-20). Toute autorité (v. 18) a été donnée à Jésus-Christ. Nous ne devons pas Lui enlever ou ne pas respecter son autorité dans ce qu’Il a commandé.
Non, le ministère d’évangéliste inter-confessionnel auquel Ruben Saillens s’est tourné n’était pas une bonne chose. Ce n’était pas une bonne chose de taire ses convictions sur ce qu’il avait vu dans la Bible comme étant essentiel, même pour le but de chercher à proclamer la bonne nouvelle à autant de gens possible.
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LA GRANDE COMMISSION:
18 Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir (toute autorité) m’a été donné dans le ciel et sur la terre.
19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
20 et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. … (Matthieu 28:18-20)
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Cet article est pris des notes de cours, Histoire de l’Eglise, particulièrement des églises baptistes.
Nous écrire pour avoir ces notes. PasteurRaymond@hotmail.com
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